Édition du jeudi 7 mai 2020


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 « Si un maire estime que l'école n'est pas prête, on ne la rouvrira pas contre sa volonté », affirme Jean Castex

 

« Serons-nous prêts le 11 mai ? » Telle est la redoutable question posée par Philippe Bas, président de la commission des lois du Sénat, à Jean Castex, coordonnateur national de la stratégie de déconfinement, auditionné par la Haute Assemblée, le 6 mai, un mois après sa prise de fonction. « Il y aura sûrement quelques premiers jours de calage, a admis le maire de Prades (66). L’intérêt est de faire repartir la machine en conciliant impératif sanitaire et reprise de la vie sociale et économique ». Il a fixé une condition essentielle au bon déroulement de la première phase du déconfinement qui s’étendra jusqu’au 2 juin : « Le comportement de nos concitoyens, leur discipline et leur responsabilité, seront la clé de voûte de la réussite ». « Or, a souligné le coordonnateur, il me semble discerner un petit relâchement qui, s’il se prolonge lors du déconfinement, risque de provoquer une rechute. Attention, la sortie du confinement n’est pas la fin de la crise sanitaire », a-t-il averti. Jean Castex a du reste indiqué que parmi ses propositions et recommandations figurent « un plan éventuel de reconfinement » si la situation sanitaire se dégradait. 


Forte mobilisation du périscolaire
« Ma mission propose, le pouvoir politique dispose », a-t-il rappelé devant les sénateurs en soulignant qu’il travaille avec « une toute petite équipe, en interministériel, rattachée au Premier ministre », sur la base des travaux scientifiques et en observant de ce que font les autres pays. Pour le coordonnateur, l’enjeu consiste désormais à passer des propositions retenues et annoncées par le gouvernement, fin avril, à leur mise en œuvre opérationnelle à partir du 11 mai, pendant une première phase de trois semaines, « en nous appuyant le plus possible sur les acteurs territoriaux » et notamment « le couple préfet de département-maire ». Priorité sera donnée à la « progressivité et à la souplesse », a-t-il confirmé. « Si toutes les écoles ne rouvrent pas le 11 mai, s’il faut prendre trois jours de plus, on les prendra. Si un maire estime que l’école n’est pas prête, on ne la rouvrira pas contre sa volonté. » Jean Castex a justifié la priorité donnée au premier degré en soulignant que « les plus petits sont moins malades et nous devons lutter contre l’aggravation du décrochage scolaire ». Globalement, « 50 % des enfants reprendront l’école le 11 mai », a-t-il estimé. Compte tenu de la limitation du nombre d’élèves par classe, l’accueil des élèves « nécessitera le recours au périscolaire avec les mêmes normes sanitaires, a expliqué Jean Castex. L’accueil en périscolaire risque d’être fortement sollicité, des solutions devront être bâties localement, avec le renfort d’associations culturelles et sportives. Le périscolaire devient une condition de l’effectivité de l’accueil des enfants et l’État a dit qu’il prendrait à sa charge les surcoûts engendrés pour les collectivités. » 


« Trois prochaines semaines décisives »
La reprise des transports sera également progressive avec une montée en charge « graduelle » de l’offre, des transports « réservés en priorité aux gens qui vont travailler et le port du masque obligatoire ». Pour réguler le flux de voyageurs, « nous allons organiser par bassin d’emplois la mise en place d’horaires décalés. Le télétravail doit être prolongé et amplifié dans la mesure du possible », a recommandé le coordonnateur. En Île-de-France, où le sujet est particulièrement complexe « du fait d’un réseau souterrain, avec peu de ventilation et une forte affluence », un plan de reprise élaboré par le préfet et la présidente de région « est en cours d’adoption. »  
Jean Castex a rappelé les trois critères de classement des départements en zone verte ou rouge (le taux de nouveaux cas dans la population, les tensions sur les capacités hospitalières en réanimation et le fonctionnement du système local de tests et de détection des cas contacts) et justifié la décision de « territorialiser le déconfinement » par la nécessité « de ralentir au maximum la circulation du virus ». Cette priorité « justifie la limitation des déplacements à 100 kilomètres et la fermeture des plages y compris dans les départements classés en vert car nous devons éviter la migration de la population qui entrainerait celle du virus ». Outre l’évolution des indicateurs de classement « qui sont en cours d’affinement », la campagne de tests virologiques sera déterminante pour contenir l’épidémie et réussir le déconfinement. « Il faudra une artillerie lourde pour tester les personnes symptomatiques, mettre à l’abri les personnes infectées, les accompagner, retracer leurs contacts » et la mise en œuvre reposera sur la mobilisation des acteurs de terrain « sous l’autorité du préfet de département avec l’expertise de l’ARS ».
« Nous abordons la phase 1 du déconfinement, il faut être précautionneux. Il est beaucoup plus difficile de déconfiner que de confiner, a constaté Jean Castex. Les règles sont très contraignantes. Les trois prochaines semaines seront décisives. Un bilan transparent sera fait et nous permettra de dire si nous passons à une nouvelle étape », le 2 juin. « Si on ne fait pas bien les choses (...) on peut passer la marche arrière, mais nous faisons tout pour que l'on puisse passer la marche avant », a-t-il assuré.

Xavier Brivet

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