Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 20 avril 2021
Culture

Les cinémas municipaux éligibles au fonds de sauvegarde de 15 millions d'euros du CNC

Jusque-là, les cinémas exploités en régie directe par une collectivité publique étaient exclus des mécanismes de compensation de pertes de recettes, au grand dam des élus concernés et du Groupement national des cinémas de recherches. Clap de fin d'une iniquité.

Par Ludovic Galtier

« Ne pas aider les collectivités territoriales qui investissent le champ culturel serait un contre-sens et une faute grave ». L’appel lancé il y a des mois par le Groupement national des cinémas de recherches (GNCR) a (enfin) été entendu. Les 386 cinémas exploités en régie directe (sur les 2 045 que compte la France) vont pouvoir désormais bénéficier, au même titre que les cinémas privés et associatifs, d’une compensation de leurs pertes de recettes générées par la crise sanitaire. 
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a voté, le 31 mars, un fonds de sauvegarde de 15 millions d’euros accessible, cette fois, à « l'ensemble des salles, et notamment les salles publiques en régie directe ». « Cette aide, se réjouit le GNCR dans un communiqué, viendra soulager les finances des collectivités locales et territoriales, très affectées par ailleurs par la pandémie et ses conséquences économiques ».

Les cinémas municipaux écartés des mécanismes de compensation

Ce fonds de sauvegarde de 15 millions d’euros s’ajoute donc aux 50 millions d’euros annoncés par le gouvernement, en septembre 2020, visant à « garantir aux cinémas indépendants, qu'ils soient publics ou privés, ainsi qu'aux grands circuits, une compensation de leurs pertes de recettes, respectivement à hauteur de 50 % et 40 % de celles-ci ».
Les salles municipales étaient jusque-là écartées de tout mécanisme de compensation (chômage partiel, fonds de solidarité, fonds de compensation des pertes de recettes des salles de cinéma...). « À l'heure où les finances des collectivités territoriales sont au plus bas (…) les mairies, les communautés d'agglomération, les départements devront compenser eux-mêmes les pertes de recettes de leurs cinémas. Que l'État ne soutienne plus les salles déjà subventionnées, c'est une première historique », se désolait le GNCR. 

5 % de la fréquentation

Le 5 janvier 2021 encore, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot se justifiait ainsi : « Ces cinémas, qui représentent 5 % de la fréquentation, ne sont pas exposés à un risque économique similaire à celui que connaît une entreprise, à la différence des cinémas publics dont la gestion a été déléguée à un tiers », en réponse à l’interpellation du député Stéphane Testé (Seine-Saint-Denis, La République en marche). « Le choix d'exclure les cinémas gérés en régie municipale pourrait entraîner la fermeture de certains cinémas publics qui jouent pourtant un rôle essentiel dans la diffusion de la culture de proximité », s’inquiétait, le 8 décembre 2020, l’ancien adjoint au maire de Clichy-sous-Bois. 
Ce d’autant plus que les deux départements comptant le plus grand nombre de cinémas publics, selon le GNCR, sont la Seine-Saint-Denis et la Creuse, « des territoires économiquement et socialement défavorisés ou dans des zones faiblement peuplées que le privé n'a pas voulu investir ou qu'il a préféré quitter », faute de rentabilité.

Exonération de la taxe sur le prix des billets de cinéma

Le projet de loi de finances pour 2021 « exonère, rappelait malgré tout Roselyne Bachelot en janvier, toutes les salles, y compris les cinémas en régie directe, de la taxe sur le prix des billets de cinéma, qui représente près de 11 % du prix de ces billets pour les entrées réalisées entre février et décembre 2020. Cette mesure représente une aide de plus de 1 million d’euros pour les cinémas en régie. L'ensemble des salles bénéficie également des mesures prises par le CNC pour accompagner la reprise d'activité après la réouverture des salles entre les mois de juin et d'octobre, en majorant fortement les soutiens financiers apportés aux distributeurs et aux producteurs de films dont les films sont sortis dans les salles durant cette période. » 
Enfin, dans le cadre du plan de relance de la filière cinématographique et audiovisuelle opéré par le CNC, « une place centrale a été faite à toutes les salles pour un total de 34 millions d’euros de mesures diverses notamment fléchées en direction des cinémas ''Art et Essai'', auxquelles s'ajoutent 30 millions d’euros d'avances. » 

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