Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 7 décembre 2020
Coronavirus

Covid-19 : davantage de mauvaises que de bonnes nouvelles

À huit jours de l'échéance du 15 décembre, qui devrait marquer la levée du confinement, les indicateurs ne sont pas tous encourageants, tandis que de nombreux pays, dans le monde, sont confrontés à une sévère recrudescence de l'épidémie. 

Inquiétudes pour le 15 décembre

La France atteindra-t-elle le cap fixé par le président de la République – être « autour de 5 000 contaminations par jour »  – dans une semaine ? Cela ne semble pas certain, au vu des chiffres publiés ces derniers jours par Santé publique France : après deux semaines de recul continu du nombre de contaminations, les chiffres stagnent à nouveau, voire se dégradent : hier, ce sont plus de 11 000 cas supplémentaires qui ont été annoncés, et en semaine glissante, le pays reste sur une moyenne d’environ 10 000 cas par jour. 
Parmi les différents indicateurs livrés par Santé publique France, le seul qui reste dans le vert est celui du nombre de patients admis en réanimation, qui baisse de façon continue : il s’établissait hier à 101, contre 125 la veille. Selon plusieurs experts qui se sont exprimés ce week-end, l’objectif fixé par l’exécutif de passer sous la barre des 3 000 personnes en réanimation pour cause de covid-19 est atteignable : elles sont aujourd’hui 3 210. Ces mêmes experts ont en revanche fait part de certaines « inquiétudes »  sur la barre des 5 000 cas par jour, jugée par exemple par la professeure Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, « compliquée, voire impossible ». 
La France a passé hier le cap de 55 000 décès liés au covid-19, mais le chiffre des décès quotidiens est, lui aussi, en nette baisse (175 décès dimanche, contre 216 samedi et 284 vendredi). 

Nouvelle progression de l’épidémie à l’échelle internationale

Si ces chiffres sont inquiétants, il paraît néanmoins indéniable que le confinement imposé en France a produit des effets, que l’on peut mesurer en comparant ces indicateurs avec ceux d’autres pays qui ne l’on pas choisi : l’Italie, par exemple, a recensé presque 1000 morts en une seule journée (993) le 3 décembre. Ce pays est le premier en Europe à avoir franchi, hier, la barre des 60 000 morts.
L’Allemagne fait elle aussi face à une accélération importante de l’épidémie, avec 17 000 cas supplémentaires constatés hier. Le gouvernement fédéral vient d’annoncer la prolongation de la fermeture de bars, restaurants, musées, installations sportives, jusqu’au mois de janvier, alors qu’elle devait prendre fin début décembre.
La Suède vient de se résoudre à fermer les lycées. Dans plusieurs pays d’Europe centrale (Pologne, Bulgarie, Slovénie, Hongrie), les autorités ne parviennent pas à endiguer l’épidémie et le nombre de morts pour 100 000 habitants reste très élevé (jusqu’à 28 pour 100 000 en Slovénie, quand il est de 9,6 en France). 
Mais ce sont, une fois encore, des États-Unis que viennent les nouvelles les plus inquiétantes : car le pays semble commencer à payer les conséquences des importants déplacements de population qui se sont produits, le 26 novembre, à l’occasion de Thanksgiving – fête qui est outre-Atlantique aussi populaire que Noël en France. Les chiffres sont, aux États-Unis, sans commune mesure avec ce que l’on connaît ici : samedi, ce sont 230 000 nouveaux cas qui ont été enregistrés dans le pays, et 2 527 morts en une seule journée. Si, comme le craignent les autorités de santé américaines, le nombre de morts explose à la suite des fêtes de Thanksgiving, ce sera indéniablement un signal inquiétant à l’approche des fêtes de Noël en Europe. 

Premières vaccinations en Grande-Bretagne

Pendant ce temps, de premiers pays se lancent dans la vaccination. C’est la Grande-Bretagne qui ouvre le bal, premier pays au monde à lancer, à partir de demain, une campagne de vaccination, à présent que les autorités sanitaires du pays ont officiellement autorisé l’usage du vaccin Pfizer/BioNTech – celui-ci devrait également être utilisé en France, en janvier, pour la première phase (lire Maire info du 4 décembre).
Ce seront les personnes de plus de 80 ans qui seront vaccinées en premier, outre-Manche, ainsi que les travailleurs vulnérables du secteur de la santé et les personnels et résidents des maisons de retraite. Symboliquement, la reine d’Angleterre et son mari, tous deux âgés de plus de 90 ans, feront partie des premiers vaccinés. 
Pour compliquer encore un peu plus la situation, l’imminence de la fin des négociations sur le Brexit, le 31 décembre, et la probabilité d’un Brexit « dur », sans accord entre les parties, va poser des problèmes majeurs sur l’acheminement des doses de vaccins entre l’Europe et le Royaume-Uni. Les Britanniques pourraient déployer une noria d’avions militaires pour transporter les vaccins, afin de contourner les difficultés d’acheminement par bateau causés par le Brexit. 

Franck Lemarc

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