Édition du vendredi 3 avril 2020


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Protections des personnels de collecte des déchets, boues d'épuration : les recommandations des experts

 

Le directeur de la Santé publique, Jérôme Salomon, a saisi le 24 mars dernier le Haut conseil de la Santé publique sur la question de la protection des personnels de collecte des déchets et des agents des centres de tri. Le HCSP a rendu son avis le 31 mars.

Jérôme Salomon souhaitait en particulier savoir s’il faut prévoir des masques et des lunettes pour les rippeurs (éboueurs) et les agents des centres de tri des déchets issus de la collecte sélective. 
Indépendamment de l’avis du HCSP, un avis de l’Anses (agence de sécurité sanitaire) a également produit un document destiné aux professionnels qui exercent dans un autre milieu que celui de la santé. Il y a notamment rappelé que les personnels des services de gestion des déchets présentent un risque d’exposition plutôt plus faible que d’autres professions, puisqu’ils ne sont en contact ni avec les personnes malades, comme les professions de la santé, ni avec le grand public. Les gestes barrières sont néanmoins indispensables comme partout. Et les locaux professionnels doivent être ventilés de façon efficace pour limiter la présence de sécrétions respiratoires. La distribution de masques peut être envisagée, poursuit l’Anses, non pas afin de protéger les personnes qui les portent mais pour leur éviter de contaminer les autres. 
    
Les masques plutôt « pas justifiés »
L’avis du HCSP, en réponse aux questions du Pr Salomon, est plus spécifique. Il va plutôt dans le sens de déconseiller le port du masque pour les professionnels de la collecte et du tri : celui-ci, vu les voies de transmission du virus, n’est pas utile et peut en outre être difficile à supporter vu les efforts physiques que font les agents. Le port du masque pourrait en outre « conduire au relâchement des gestes barrières ». Le Haut conseil recommande plutôt un très strict respect des mesures barrières, et « de ne pas rester à proximité de la benne pendant le fonctionnement du lève-conteneur ».
Comme partout, les déchets produits par les agents et susceptibles d’être infectés (mouchoirs, lingettes…) doivent être placés dans un double sac fermé et conservé 24 h avant d’être jeté. 
Si un salarié est contaminé, les mêmes mesures seront prises que dans le reste de la fonction publique (lire article ci-dessus). 
Rappelons, par ailleurs, sur ce sujet, que le gouvernement souhaite, autant que possible, la réouverture des déchetteries, notamment afin de sécuriser les approvisionnements en déchets verts. Les déplacements vers les déchetteries sont autorisés en cochant sur son attestation la case « déplacement pour effectuer des achats de première nécessité ».
    
Boues d’épuration : pas d’épandage sans hygiénisation
À noter enfin que l’Anses a produit hier un avis sur l’épandage des boues de station d’épuration des eaux usées. Alors que la période d’épandage va débuter, le ministère de l’Agriculture a demandé à l’Anses si celui-ci pouvait présenter un danger au regard de l’éventuelle présence du virus dans ces boues.
L’avis de l’Anses est très nuancé. L’agence distingue le cas des boues ayant subi un traitement d’hygiénisation (« compostage, séchage thermique, digestion anaérobie thermophile et chaulage »). Dans ce cas, le risque de contamination par le virus est « faible à négligeable », sous réserve que ces traitements soient correctement mis en œuvre et « robustes ». Dans ce contexte, il est nécessaire d’assurer l’approvisionnement des plateformes de compostage en déchets verts.
Les boues n’ayant pas subi un tel traitement posent plus de problème : « Au vu des données actuellement disponibles, il n’est pas possible de définir avec précision le niveau de contamination pour les boues non traitées, ni de pre?ciser une période de stockage au-delà de laquelle le virus serait inactivé. » Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne dispose actuellement « d’aucune preuve de la survie » de ce virus dans les eaux usées, il a été montré par le passé que certains coronavirus peuvent y survivre pendant « plusieurs jours ». En l’absence de données fiables, au nom du principe de précaution, l’Anses recommande donc « de ne pas épandre les boues d’épuration sans hygiénisation préalable ». 

F.L.

Télécharger l’avis du HCSP.

Accéder à l’avis de l’Anses sur les boues d’épuration.
 

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Journal Officiel du vendredi 3 avril 2020

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