Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 17 mars 2021
Coronavirus

Jean Castex : « Les données sont réunies pour un confinement en ÃŽle-de-France »

Un an jour pour jour après le début du premier confinement en France, la situation est à nouveau très dégradée. Un Conseil de défense sanitaire se tient aujourd'hui, qui va très probablement décider d'un confinement dans la région capitale. 
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© BFMTV

C’était il y a un an, le 17 mars 2020. Maire info titrait, à la une : « La France est entrée à midi dans une période de confinement général » . La veille au soir, devant un pays stupéfait, le président de la République annonçait que la France entrait « en guerre »  contre le coronavirus et que, après la fermeture des écoles et des crèches, puis celle des bars et restaurants, « les regroupements extérieurs, les réunions familiales ou amicales ne seront plus permises. Se promener, retrouver ses amis dans le parc, dans la rue, ne sera plus possible. » 
Ce jour-là, la France comptait en tout 148 morts du covid-19 et 6 633 cas confirmés. Ces seuls chiffres donnent une idée frappante du niveau d’acceptation qui s’est, depuis, développé dans le pays, tant du côté de la population que de celui de l’exécutif : 148 morts, en tout, et le pays avait été entièrement bouclé – alors qu’il y en a aujourd’hui le double, chaque jour. 6 633 cas, en tout, pour une « déclaration de guerre »  – il y en a quatre fois plus, chaque jour, aujourd’hui. 

« Troisième vague » 

Cette fois, le Premier ministre a prononcé le mot, hier soir sur BFMTV : la France fait face à une « troisième vague ». Est-ce vraiment une troisième vague, ou une aggravation de la deuxième, qui ne s’est jamais vraiment arrêtée depuis cet automne ? Le débat n’est plus très utile aujourd’hui. Ce qui est clair en revanche, c’est que le nombre de contaminations repart nettement à la hausse – près de 30 000 hier. Le nombre de contaminations a augmenté de 13 % en une semaine, celui des admissions en réanimation de 8 %. 
La situation est inégale selon les départements, mais elle est particulièrement préoccupante dans tout le nord du pays, de l’Eure-et-Loir et l’Aube jusqu’au Pas-de-Calais. Dans toute cette zone, les taux d’incidence sont supérieurs à 250. C’est également le cas en Moselle, dans le Doubs, le Rhône, les Hautes-Alpes, et les quatre départements de la façade méditerranéenne allant du Gard aux Alpes-Maritimes. 
C’est en Île-de-France où la situation est la plus grave – il s’agit du seul territoire où le taux d’incidence dépasse maintenant les 400 cas (418) pour 100 000 habitants à l’échelle d’une région entière. La Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise sont autour de 500 cas pour 100 000 habitants. 

Situation « critique » 

Dans ces circonstances, le Premier ministre reconnaît qu’il n’est plus temps de tergiverser : « Le moment est venu pour envisager des dispositions pour la région parisienne. »  La région capitale et ses 12 millions d’habitants sont aujourd’hui « dans une situation critique et, très clairement, des mesures du type auxquelles on a eu recours dans d'autres parties du territoire sont à l'ordre du jour », a poursuivi Jean Castex. « Les données sont réunies pour un confinement en Île-de-France. Incontestablement, nous sommes sur un point d'équilibre extrêmement précaire. » 
C’est en premier lieu la tension dans les hôpitaux franciliens qui rend la situation « critique » : avec 1177 personnes en réanimation à ce jour, l’Île-de-France a maintenant nettement dépassé le chiffre maximal de la vague de novembre. Depuis deux jours, le nombre de personnes en réanimation a dépassé les 100 % de capacité du système hospitalier – ce qui n’avait pas été le cas en novembre. On est encore loin, toutefois, des 230 % atteints en avril dernier. 

Un choix tardif aux yeux des professionnels de santé

Quel sera le choix du gouvernement face à cette situation ? On le saura sans doute aujourd’hui ou au plus tard demain. Il semble que les deux seules options sur la table soient celles ou bien d’un confinement le week-end, ou bien d’un confinement toute la semaine. Mais en tous les cas, a assuré hier le Premier ministre, les écoles ne devraient pas fermer, le gouvernement souhaitant « préserver autant que faire se peut le système éducatif ». 
Hier, le chef de l’État a reçu à l’Élysée les responsables du Conseil scientifique ainsi que ceux de la Fédération hospitalière de France, pour l’éclairer avant ses derniers arbitrages. La décision qui sera prise, ce matin en Conseil de défense, apparaîtra de toute façon bien tardive aux yeux de nombreux acteurs du monde de la santé, qui alertent depuis des semaines sur la dégradation de la situation en Île-de-France : car confinement ou pas, le pire est à venir, puisque les contaminations continuent à haut rythme et que les admissions en réanimation qui en découlent n’interviendront qu’une semaine à dix jours plus tard. Témoin, le Nord, où le confinement du week-end a certes ralenti la hausse des contaminations, mais où le système hospitalier est aujourd’hui, plus de deux semaines après la décision du confinement, confronté au même nombre de patients en réanimation qu’au printemps dernier.

Franck Lemarc

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