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Édition du vendredi 22 janvier 2021
Coronavirus

Funéraire, masques, aides aux étudiants, bac : encore une batterie de nouvelles mesures liées au covid-19

Un décret paru ce matin au Journal officiel modifie notamment les règles en matière de droit funéraire, pour tenter d'endiguer la propagation des variants du covid-19.
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Alors que les chiffres de contamination restent stables, à un niveau dangereusement élevé – encore près de 23 000 contaminations et 358 décès hier – le gouvernement a fait un certain nombre d’annonces, dont plusieurs ont pour but d’essayer d’empêcher, ou ralentir, la progression dans le pays des variants repérés en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud, qui représentent aujourd’hui entre 1 et 1,5 % des cas en France, soit plus de 200 cas par jour. Pessimistes, plusieurs épidémiologistes qui se sont exprimés hier estiment pourtant que ces variants devraient très probablement devenir « majoritaires »  dans le pays dans les deux à trois mois qui viennent. Seule nouvelle encourageante : on apprenait hier des autorités sanitaires britanniques et sud-africaines que dans ces deux pays, le pic de contamination semble avoir été atteint et que leur nombre commence sa décrue.

Le décret publié ce matin procède d'abord à une modification, à la marge, des conditions permettant de déroger au couvre-feu pour raisons médicales : il est désormais autorisé de sortir entre 18 h et 6 h pour des « consultations, examens, actes de prévention et soin ne pouvant être assurés à distance »  sans qu’il soit nécessaire de prouver que ceux-ci « ne peuvent être différés ». 

Modifications en matière funéraire

Mais c’est surtout l’article 50 du décret du 29 octobre 2020 qui est modifié, celui qui est relatif aux pratiques funéraires pendant l’épidémie. Cet article dispose notamment que les soins de conservation sont interdits sur le corps des défunts « probablement atteints du covid-19 »  et que ceux-ci doivent faire l’objet d’une mise en bière immédiate. La toilette mortuaire est interdite pour ces défunts, « à l'exclusion des soins réalisés post-mortem par des professionnels de santé ou des thanatopracteurs ». 
Le décret paru ce matin apporte de nouvelles précisions. Désormais, s’il est suspecté un cas de covid-19 au moment du décès, le médecin qui constate le décès peut « réaliser un test antigénique permettant la détection »  du virus. Par ailleurs, si un défunt est « atteint ou probablement atteint »  du covid-19, les procédures sont ainsi récrites : seuls les professionnels de santé ou thanatopracteurs peuvent, toujours, prodiguer une toilette mortuaire ; « la présentation du défunt à la famille et aux proches est rendue possible au sein du lieu où le décès est survenu », dans des conditions rendant possibles le respect des gestes barrières. « Le corps du défunt est mis en bière et le cercueil est définitivement fermé avant la sortie du lieu où le décès est survenu, en présence de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles ou de la personne qu'elle aura expressément désignée. »  Et surtout, les soins de conservation ne sont désormais interdits que pour « les corps des défunts dont le décès survient moins de dix jours après la date des premiers signes cliniques ou la date de test ou examen positif. » 

Les masques artisanaux interdits ?

Olivier Véran, le ministre de la Santé, a annoncé hier soir que la « recommandation »  du Haut conseil de la santé publique, qui déconseille l’utilisation des masques en tissu « faits maison », parce qu’ils ne sont pas assez filtrants, va devenir une interdiction : seul l’usage des masques achetés dans le commerce et répondant aux normes de filtration (indiquées par un logo) serait autorisé dans l’espace public. Un décret pourrait être publié, selon certaines sources (il ne l’a pas été ce matin, quoi qu’il en soit) sur le sujet. Reste que cette interdiction, si elle voit le jour, risque d’être bien difficile à contrôler. Le gouvernement indique, ce matin, dans la presse, qu’il s’agit surtout « d’envoyer un message clair »  aux Français. 
Sept millions de Français modestes, a également indiqué le ministre, vont recevoir à partir d’aujourd’hui une nouvelle livraison de masques gratuits. 

Étudiants : des mesures annoncées

Face à la détresse d’un nombre croissant d’étudiants, et aux manifestations qui commencent à s’organiser dans certaines villes, Emmanuel Macron a voulu réagir hier en annonçant un certain nombre de mesures. Entre détresse psychologique liée à l’absence de cours collectifs et problèmes financiers du fait de la disparation des « jobs »  étudiants, la situation de ces jeunes inquiète en effet. 
Le chef de l’État a indiqué qu’allait se mettre en place le retour des étudiants dans les amphis « un jour par semaine », à l’instar des salariés qui sont autorisés à ne pas télétravailler un jour par semaine. « Un étudiant a le droit d’avoir 20 % de son temps en présentiel. »  Il a toutefois indiqué, hier, que « le retour à la normale n’est pas envisageable au deuxième semestre ». 
Deuxième annonce : les deux repas par jour au prix d’un euro par repas, actuellement accessibles aux étudiants boursiers, seront étendus à « tous les étudiants qui en font la demande ». 
Enfin, un « chèque psy »  va être créé dans les prochaines semaines pour permettre aux étudiants qui en ont besoin « d’avoir accès à un parcours de soin ».

Bac : les épreuves du mois de mars annulées

Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, a tranché : les épreuves de spécialités du bac, qui devaient se tenir le 15 mars, sont annulées. Ces épreuves comptent normalement pour un tiers de la note finale. Les résultats seront, finalement, calculés en contrôle continu, sur « la moyenne des notes des deux premiers trimestres de chaque spécialité ». Cette suppression était expressément demandée par les syndicats d’enseignants et de chefs d’établissement.
À cette heure, il n’est pas question d’annuler les épreuves de juin (philosophie et « grand oral » ). Le ministre a par ailleurs indiqué qu’un changement de dates des vacances de février n’était pas à l’ordre du jour, même si « la situation peut évoluer ». 

Renforcement du contrôle aux frontières

Enfin, toujours dans l’objectif de tenter de « bloquer »  les variants du virus, le gouvernement a annoncé qu’il serait désormais obligatoire de présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures pour pouvoir entrer en France, y compris pour les personnes venant d’un autre pays de l’espace européen. Des dérogations à cette règle sont toutefois prévues pour les travailleurs frontaliers et les transporteurs routiers. 

Franck Lemarc

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