Édition du lundi 12 octobre 2020


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Covid-19 : « La deuxième vague est là » prévient Jean Castex, Toulouse et Montpellier en « alerte maximale »

 

Comme Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne sept jours plus tôt, les agglomérations de Toulouse (Haute-Garonne) et Montpellier (Hérault) basculeront, dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre à minuit et pour quinze jours, en « zone d’alerte maximale », dernier seuil avant l’activation de « l’état d’urgence sanitaire ». Elles rejoignent donc également, dans cette catégorie, la Guadeloupe et les agglomérations d’Aix-Marseille (Bouches-du-Rhône), dont les mesures de restriction actuelles ont été reconduites pour quinze jours supplémentaires, mais aussi celles de Lille (Nord), Lyon (Rhône), Grenoble (Isère) et Saint-Étienne (Loire). 
« La réalité de la deuxième vague est là (...) Une deuxième vague forte, il ne peut plus y avoir de relâchement », a affirmé le Premier ministre, ce matin sur France info. Après 100 jours à Matignon, Jean Castex a longuement déploré que « les Français ont, pour une large part d’entre eux, considéré un peu trop vite que ce virus avait disparu ». Il les appelle à limiter le nombre de personnes qu’ils reçoivent à domicile. 

Vers des reconfinements locaux ?
Dorénavant, « rien ne doit être exclu quand on voit la situation dans nos hôpitaux » pour l’ancien maire de Prades (Pyrénées-Orientales), qui a évoqué sans s’attarder la mise en place de « mesures supplémentaires » si la dégradation des indicateurs sanitaires se poursuivait encore ces quinze prochains jours.
Près de 43 000 personnes (734 974 cas confirmés) ont, en effet, été testées positives au covid-19 en France ces dernières 48 heures (taux de positivité des tests à 11,5 %) et 910 patients ont été admis en réanimation ces sept derniers jours sur 5 084 hospitalisations, selon Santé publique France. Le nombre de décès n'est, en revanche, pour l'instant pas comparable avec les chiffres observés durant la première vague. 46 décès étaient à déplorer hier (32 730 depuis le 1er mars 2020).
Les reconfinements locaux seraient donc une des pistes envisageables pour contrer la propagation du virus pour le chef du gouvernement. En revanche, « le reconfinement général doit être, par tous les moyens, évité ». Pour ce faire, le Premier ministre compte sur le lancement, le 22 octobre, d’une nouvelle version de l’application de traçage StopCovid, dont l'efficacité est encore à prouver. Jean Castex avait reconnu, lui-même, ne pas l'avoir téléchargée, le 24 septembre sur France 2.
L'exécutif a décidé de monter au front cette semaine puisque le président de la République, Emmanuel Macron, sera interrogé dans les 20 Heures de TF1 et France 2 mercredi, au lendemain d'un conseil de défense sur la crise sanitaire qui déterminera s'il a lieu d'imposer de nouvelles mesures de restriction.

Fermeture totale des bars
D'ici là, que va donc changer le passage en « alerte maximale », la nuit prochaine, à Toulouse et Montpellier ? Dès vendredi, alors que les deux agglomérations de la région Occitanie étaient déjà en sursis depuis la conférence de presse, la veille, du ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran, le préfet de Haute-Garonne et de la région Occitanie alertait, dans un communiqué, que « si les seuils venaient à être franchis, des mesures plus contraignantes seraient prises quant à la fermeture de certains établissements recevant du public (bars, casinos, salles de sport, salles de jeux, lieux d’exposition, salles des fêtes et salles polyvalentes…) ; au protocole renforcé dans les restaurants et la limitation de la capacité d’accueil dans les centres commerciaux ». 
Une fois encore, la fermeture des bars n’est pas toujours bien comprise localement. Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a indiqué, hier, qu’il « n’approuve pas » la fermeture totale des bars. « Je considère que c'était un lieu de propagation extrêmement minoritaire du virus ». Sur le respect de cette mesure, comme sur les autres, Jean Castex appelle, ce matin, au « rassemblement national » et à la responsabilité individuelle : « Quand je vois (que) ce week-end à Paris, en petite couronne, (sur les) 500 contrôles (réalisés) dans les bars et les restaurants, 95 (de ces contrôles) ont donné lieu à des constatations d'infractions, je me dis qu'il y a quelque chose qui ne va pas. »

Restaurants fermés à minuit en semaine, à 1h le week-end
Au-delà de la fermeture des bars, La Dépêche du Midi précise que, selon ses informations, les restaurants pourraient rester ouverts s'ils appliquaient un protocole sanitaire strict (six personnes par table, par exemple) mais devraient baisser le rideau à minuit en semaine et à 1 heure du matin au plus tard le vendredi et le samedi. Les salles de sport, elles, seraient fermées aux adultes (elles étaient jusque-là autorisées à ouvrir depuis l’ordonnance du tribunal administratif de Toulouse du 2 octobre). Les foires et les salons seraient, par ailleurs, interdits tout comme les événements festifs (fêtes de mariage, soirées étudiantes…) dans les établissements recevant du public. Une jauge à 50 % serait, enfin, instaurée dans les lieux de réception en plein air. Les détails des mesures de restriction devraient être connus dans la journée. À l’instar du préfet de police de Paris, Didier Lallement, la semaine dernière, les préfets de Haute-Garonne et de l’Hérault tiendront une conférence de presse ce lundi. 

Quelles communes sont concernées ?
Sur quel périmètre ces mesures vont-elles s’appliquer ? Nos confrères du Midi Libre ont recensé 38 communes héraultaises en « zone d’alerte maximale », parmi lesquelles 31 communes de la métropole de Montpellier et les sept autres communes suivantes : Teyran, Saint-Clément-de-Rivière, Saint-Gély-du-Fesc, Montarnaud, Palavas-les-Flots, Mauguio, Saint-Aunès. Les EPCI des Pays de l'Or, Lunel, Grand-Pic Saint-Loup, Lunel, Vallée de l'Hérault, le Clermontais passent, eux, en alerte renforcée. 
En Haute-Garonne, Toulouse et les seize communes déjà classées en alerte renforcée le 25 septembre, Colomiers, Tournefeuille, Blagnac, Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Balma, Castanet, Saint-Orens, Labège, Aucamville, Launaguet, L’Union, Portet, Ramonville, Auzeville et Quint-Fonsegrives, basculent en « zone d’alerte maximale ». Le reste de la Métropole, le Sicoval, le Muretain et, à l’ouest, la communauté de communes Save au Touch devraient être placés en zone d’alerte renforcée (fermeture des bars à 22 heures), selon La Dépêche du Midi
Rappelons que le basculement en « zone d'alerte maximale », est acté selon les résultats de trois indicateurs. Le taux d’incidence y est, en effet, supérieur à 250 cas pour 100 000 habitants, supérieur à 100 cas pour 100 000 habitants chez les personnes âgées, et la part de patients covid en réanimation est au moins égale à 30 %. A Toulouse Métropole, « le taux d'incidence (est) supérieur à 250 pour 100 000 habitants (252,7), le taux d'incidence pour les personnes de plus de 65 ans (est) supérieur à 100 pour 100 000 habitants (153,7) et le taux d'occupation en Occitanie des lits covid en réanimation (est) supérieur à 30% (31,1%) », précisait hier la préfecture de Haute-Garonne.

Ludovic Galtier

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