Édition du jeudi 29 octobre 2020


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Confinement : ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas encore

 

Le président de la République a confirmé hier le changement de stratégie du gouvernement face à une épidémie qui « submerge » le pays – et l’Europe : un nouveau confinement va être mis en œuvre dès ce soir, jusqu’au 1er décembre au moins. Il sera toutefois beaucoup moins dur que celui du printemps. En attendant la conférence de presse du Premier ministre et, surtout, le décret qui devrait paraître la nuit prochaine, de très nombreuses questions sont encore sans réponse pour les élus. 

« Submergés »
Les mots d’Emmanuel Macron, hier soir, étaient, à dessein, effrayants : « L’ensemble des régions se trouve aujourd’hui au seuil d’alerte. (…) Nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie, (…) débordés par une deuxième vague qui (…) sera, sans doute, plus dure et plus meurtrière que la première. » Avec cette annonce particulièrement inquiétante : « Quoi que nous fassions, près de 9 000 patients seront en réanimation à la mi-novembre. » 
Le chef de l’État a fait la liste de toutes les mesures envisagées et rejetées, en particulier « la recherche de l’immunité collective » : « Jamais la France n’adoptera cette stratégie », a martelé le chef de l’État, qui a rappelé qu’elle signifierait l’acceptation de « 400 000 morts supplémentaires ». La stratégie consistant à ne confiner qu’une partie – la plus fragile – de la population n’a pas été retenue non plus. Quant au triptyque « tester, alerter, protéger », sur lequel le gouvernement appuie toute sa stratégie depuis l’été – combien de fois l’a-t-il martelé depuis le mois de juin ? –, il a été abandonné, d’une phrase : « Ce système n’est plus efficace, et d’ailleurs aucun pays européen ne le retient plus aujourd’hui. » 
Il ne reste donc plus qu’une solution : « Retrouver le confinement qui a stoppé le virus. » Comme cela avait été pressenti hier, ce nouveau confinement prendra effet dès ce soir, et il concernera « tout le territoire national » : exit la « différenciation territoriale », pilier de la stratégie du Premier ministre Jean Castex depuis son arrivée à Matignon. 

Un confinement allégé
Le confinement qui va entrer en vigueur sera néanmoins beaucoup plus souple que celui qui a démarré le 17 mars dernier. Il est probable que l’on ne reverra pas, cet automne, ces images de villes totalement désertes et de rues vides : « Les écoles resteront ouvertes, le travail pourra continuer », a résumé le chef de l’État. L’annonce la plus inattendue a été celle du maintien des collèges et surtout des lycées – « avec des protocoles sanitaires renforcés ». Seules les universités et « établissements d’enseignement supérieur » vont fermer leur porte, et assurer « des cours en ligne ». 
Quant aux entreprises, elles doivent, au maximum, continuer de fonctionner. « Je ne crois pas à l’opposition entre santé et économie que certains voudraient instaurer », a déclaré le chef de l’État, prenant sèchement le contrepied du chef de son propre parti, Stanislas Guerini, qui déclarait hier matin, sur France 2, que le gouvernement choisirait « la santé avant l’économie ». 
Le télétravail « sera à nouveau généralisé partout où c’est possible », a indiqué le président de la République. Mais « les guichets de service public resteront ouverts, les usines, les exploitations agricoles, le BTP continueront de fonctionner ». « L’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer », a martelé Emmanuel Macron. 
Troisième changement par rapport au confinement du printemps : les visites aux pensionnaires des maisons de retraite et des Ehpad seront « autorisées ». 

« Retour de l’attestation »
En dehors de cela, une bonne partie des mesures mises en œuvre en mars va être réactivée : ce sera, dès demain sans doute, « le retour de l’attestation », a dit Emmanuel Macron, « uniquement pour travailler, se rendre à un rendez-vous médical, porter assistance à un proche, faire les courses essentielles ou prendre l’air à proximité du domicile ». Les réunions vont être interdites, les déplacements interrégionaux aussi, les commerces « non essentiels » et les établissements recevant du public (ERP) vont être fermés. Les cimetières resteront, en revanche, ouverts, a précisé le chef de l’État. 
Au-delà de ces déclarations, très générales, il est difficile de savoir ce matin, dans le détail, ce qui va rester ouvert ou fermé. Le chef de l’État a évoqué « les commerces qui ont été définis au printemps comme non essentiels ». On peut donc raisonnablement penser que la liste sera celle qui a été fixée par l’arrêté du 15 mars dernier, qui comportait en annexe une liste d’une cinquantaine de secteurs autorisés à rester ouverts. On saura demain, lorsque paraîtront les textes officiels, si cette liste est reconduite à l’identique. Le chef de l’État a toutefois mentionné une clause de revoyure concernant le commerce : dans quinze jours, selon les données épidémiques, les commerces – ou certains d’entre eux – pourraient éventuellement être autorisés à rouvrir, 
Autre indication donnée, ce matin cette fois, par le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal : les parcs et jardins, ainsi que les marchés, qu’ils soient couverts ou en plein air, devraient rester ouverts. 
On imagine que l’accueil des mairies ne devra pas fermer non plus – puisqu’ils entrent dans la catégorie des « guichets des services publics ». 
Côté installations sportives, la seule information certaine, confirmée cette nuit devant les députés par la ministre chargée des Sports, Roxana Maracineanu, est que le sport professionnel ne va pas s’interrompre. Les grandes compétitions vont donc continuer, bien que sans public. En revanche, on peut s’attendre à ce que toutes les installations sportives – salles de sport, piscines, stades, etc. – doivent fermer leurs portes dès ce soir. 
Quant aux écoles et aux établissements d’accueil du jeune enfant, il va falloir attendre au moins ce week-end, voire lundi, pour connaître avec davantage de précision le « protocole renforcé » prévu par le gouvernement. Seule certitude, annoncée par le Premier ministre (lire article ci-dessous) : le port du masque va devenir obligatoire pour les enfants dès 6 ans à l’école, contre 11 ans aujourd’hui. 
Le chef de l’État a fixé un objectif : « Réduire les contaminations de 40 000 à 5 000 par jour », afin de « réduire significativement le rythme des entrées à l’hôpital ». Ce n’est qu’alors que sera « redéployée » la stratégie « Tester, alerter, protéger ». Affirmant compter sur « chacun d’entre vous », le président de la République a conclu son discours par un nouvel appel à l’unité nationale : « Nous sommes une nation unie et solidaire et c’est à cette condition que nous y arriverons. »

Franck Lemarc

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