Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 7 janvier 2003
Catastrophes

Face au manque de moyen, le système « D » des nettoyeurs de plages

(D’après AFP) Piques, rateaux, pelles et rouleaux: des techniques habituelles au système D, les ramasseurs essaient par tous les moyens de lutter contre les boulettes et les plaques de fioul qui s'amassent sur les plages du littoral atlantique. "Les ramasse-crotte marchent seulement avec les boulettes dures. Les molles, il faut les ramasser à la main ou à la pelle", explique Thierry Abadie, adjoint de la 2e compagnie de la Sécurité civile venue de Brignoles (Var) pour participer à Lège-Cap-Ferret aux opérations de nettoyage. Depuis samedi après-midi, 20 hommes s'affairent sur l'immense plage de sable fin du Grand Crohot, sur le littoral, pour ramasser les milliers de boulettes échouées depuis le 1er janvier, dépolluant de manière empirique les 25 km de plages de cette célèbre station. A la main, une par une, ou à la pelle, les hommes de la Sécurité civile revêtus d'une combinaison de protection chimique blanche les attrapent avant de les jeter dans un sac poubelle. Un vrai travail de fourmi. "Nous nous demandons s'il ne vaut mieux pas les laisser durcir et attendre qu'elles montent avec la marée et polluent le haut des plages", s'interroge Thierry Abadie. Au pied des dunes, d'autres ramassent à la main de gros paquets d'hydrocarbures mélangés au sable. Ces morceaux, très lourds, sont placés dans des sacs poubelles aussitôt remontés sur la dune et entreposés devant une cabane. Une trentaine de sacs ont été remplis en une heure. Parallèlement à ce travail à la main, la mairie de Lège-Cap-Ferret a essayé samedi le ramassage avec une machine "cribleuse". Au bout de quelques minutes, l'essai a semblé concluant. "Ca va plus vite qu'à la main", affirme Jean-Paul Troque, responsable du service plage de la municipalité. Dans ce cas aussi, plus les traces d'hydrocarbures sont dures, plus la cribleuse, utilisée habituellement pour ramasser les déchets sur la plage, est efficace. "Il va falloir perfectionner le système et trouver un tamis plus fin", explique le conducteur qui ne récupère que les détritus d'une taille supérieure à deux centimètres. Mais là aussi, avec une seule machine pour 25 km, la tâche semble infinie. A Biscarrosse (Landes), où la plage est souillée de grosses galettes, le "ramasse-crotte", un manche à balai doté d'une pointe métallique, permet de collecter les boulettes et les petites plaques. Mis au point par un ancien joueur de rugby employé par la mairie, le procédé a été adopté sur la plage et plusieurs ramasseurs en étaient équipés samedi. D'autres ont "bricolé" de gros rouleaux enrobés de tissu que l'on pousse sur la plage et qui permettent de ramasser les boulettes sans les enfoncer dans le sable. A Biscarrosse encore, on a testé vendredi quelques filets "serpillières", aux mailles très serrées, utilisés pour la pêche à la pibale (alevin d'anguille), qui se fixent sur la plage à marée basse et permettent de capter la pollution apportée entre deux eaux par la marée montante. Le procédé, qui semble efficace, a fait son apparition sur plusieurs plages des Landes. Partout, les ramasseurs complètent l'étanchéité de leur combinaison avec des films alimentaires, pour éviter que le fioul ne s'infiltre dans les tenues au niveau des gants et des chaussures. Dans les Landes, les autorités ont commencé à fixer des grillages sur les enrochements le long du littoral pour tenter de filtrer les eaux qui alimentent à marée montante les lacs ou étangs qui longent le littoral. <s

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