Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 16 avril 2007
Election présidentielle

La géographie des parrainages d'élus pour les «petits» candidats obéit à des lois complexes, selon une étude de l'IFOP

La géographie des parrainages d’élus pour un «petit» candidat est toujours soumise à l’influence de trois déterminants principaux, explique l’IFOP dans une étude portant sur les parrainages apportés à Philippe de Villiers, Jean-Marie Le Pen, Olivier Besancenot et José Bové.. Il s’agit tout d’abord de la structure du tissu des communes au niveau départemental. En effet, les départements les plus urbains sont assez peu propices à la collecte des parrainages pour un candidat ne disposant pas d’un appareil militant et d’un réseau d’élus locaux très développés. Les maires des grandes communes et des communes urbaines sont généralement adhérents d’un parti et n’accordent que très rarement leur signature à un candidat issu d’un autre mouvement. Un second facteur structurant apparaît, selon Jérôme Fourquet, directeur-adjoint du département opinion publique de l’IFOP: le niveau de «contrôle politique» de telle ou telle force sur les territoires qui rend la collecte de paraphes plus ou moins compliquée. Le troisième élément est lié au précédent puisqu’il s’agit de l’ampleur de l’influence et de l’implantation territoriale du «petit» candidat en question et/ou de structures partisanes, syndicales ou autres qui peuvent éventuellement le soutenir. Pour Philippe de Villiers, par exemple, on relève bien sûr des soutiens vendéens, mais aussi dans l’est de la France. Avec 44 signatures de maires (et 50 si l’on considère l’ensemble des élus), la Vendée, terre d’élection et bastion du «villiérisme», constitue le département qui s’est le plus mobilisé pour le candidat souverainiste. Mais des territoires beaucoup plus éloignés de la Vendée ont été beaucoup plus généreux en parrainages. C’est le cas notamment du quart Nord-Est de la France et plus précisément d’une série de départements courant de la Seine-Maritime à la Meuse en passant par la Picardie et les Ardennes. Ces départements s’étaient déjà distingués par un fort vote «non» lors du référendum en mai 2005 (on les retrouve aussi lors du référendum interne au PS parmi ceux ayant le plus voté en faveur de Laurent Fabius). Autre exemple, les parrainages en faveur d’Olivier Besancenot, dont l’analyse de l’IFOP montre que si la carte de ses parrainages n’est pas sans rappeler par certains aspects la géographie des voix obtenues par le candidat de la LCR lors de la présidentielle de 2002, il semble que son candidat a bénéficié de soutiens dans certaines zones ouvrières et populaires où le PC était ou est encore implanté et où Arlette Laguiller obtient généralement des bons résultats et avait distancé Olivier Besancenot en 2002. On peut placer dans cette catégorie la Somme, l’Aisne, l’Eure, le Pas-de-Calais ou les Ardennes. Dans tout le reste de la France, les consignes du PS pour dissuader les élus locaux de signer en faveur du candidat trostkiste ont semble-t-il compliqué la collecte des parrainages, qui se sont chiffrés dans la plupart des départements entre 2 et 6. Dans certains départements très conservateurs comme la Mayenne, le Var, les Alpes-Maritimes, le Morbihan, le Haut-Rhin, la Vendée, les Deux-Sèvres ou bien encore le Loir-et-Cher, aucun élu n’a apporté sa signature. Pour lire l’étude de l’IFOP, voir lien ci-dessousc=http://www.upgradead.com

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