Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux


Édition du mercredi 16 décembre 2015
Fonction publique territoriale

82% des élus locaux n'envisagent pas de recruter en 2016

Mettre fin aux critiques qui entourent les dépenses de personnels des collectivités. Tel est l’un des objectifs que se sont fixés l’AMF, le CNFPT et la FNCDG en proposant leur baromètre des tendances de l’emploi et des politiques RH des collectivités, dont la première édition a été présentée hier, lors d’une conférence de presse.
Réalisée entre le 1er et le 25 septembre, auprès de 811 maires, présidents d'EPCI, DGS ou DRH, cette enquête entend donc battre en brèche les idées reçues et « proposer chaque année des données chiffrées et objectives », a ainsi présenté le président du CNFPT, François Deluga.
Il faut dire que le sujet est régulièrement au cœur de polémiques. Mi-octobre, le rapport de la Cour des comptes critiquait ainsi une nouvelle fois l’évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités. « Nous en avons assez des stigmatisations alors que 70% de l’augmentation des dépenses de ressources humaines sont imposées aux collectivités », a affirmé François Deluga.
D’ailleurs, selon l’enquête, en 2015 les dépenses de personnel stagnent dans 51% des cas et n’augmentent que dans 40%. Et dans ce cadre, 50% des évolutions seraient surtout dues à la mise en place de l’aménagement des rythmes scolaires. Un chiffre qui atteint les 61% chez les communes.
En 2016, la baisse des dotations pourrait modifier la donne. Ainsi, 74% des sondés estiment qu’elle va toucher la politique ressources humaines de leur collectivité. Pour 93% d’entre eux, ce sont les recrutements et la gestion des contrats qui seront touchés. D’ailleurs, 82% des sondés n’envisagent pas de recruter l’an prochain. Cette tendance s’affirme plus la taille de la collectivité est petite. La proportion atteint les 90% dans les communes de moins de 3500 habitants. Enfin, près d’une collectivité sur deux pourrait ne pas remplacer tous les départs (mutation, retraite, mobilité…).
Et la mutualisation dans tout ça ? Cet outil permettrait-il « d’optimiser »  les services alors que 63% des sondés sont déjà engagés dans une démarche de mutualisation ? Une question souvent posée mais dont la réponse reste complexe. L’enquête montre ainsi que plusieurs raisons motivent les mutualisations : l’optimisation des coûts (98%) et de l’organisation interne des services (89%) mais aussi l’amélioration de la qualité du service rendu aux habitants (86%).
L’enquête livre également des indications sur les plans de formation, la protection sociale et la prévention des risques. On y apprend que « moins d’une collectivité sur deux dispose d’un plan de formation à ce jour ». En revanche, côté protection sociale, 60 % des sondés ont choisi de mettre en place une protection sociale complémentaire, une solution facultative pour les collectivités. En matière de prévention, 58% ont fait l’inventaire des risques professionnels auxquels leurs agents sont exposés. La tendance pourrait évoluer favorablement en 2016 car 26% envisagent en effet de s’y pencher. A l’inverse, en ce qui concerne la lutte contre les discriminations et l’égalité hommes/femmes, 64% des sondés ne sont pas engagés dans une telle démarche et 52% ne comptent pas le faire.
Elsa Pradier

Télécharger le baromètre de l’emploi territorial. Horizons 2015.
Télécharger la plaquette Horizons 2015.






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