Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du vendredi 6 février 2026
Aménagement urbain

Après les élections municipales, une nouvelle impulsion pourrait être donnée à la logistique urbaine durable

Un rapport consacré à la logistique urbaine durable vient d'être remis au ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'Achat et au ministre des Transports. De nombreux chantiers qui impliquent directement les collectivités pourraient être mis en place après les élections municipales.

Par Lucile Bonnin

La montée du e-commerce, l’évacuation des déchets, la nécessaire revitalisation des centres-villes, la difficulté d’accéder au foncier, l’urgence climatique : tous ces enjeux appellent à repenser les modes de transport et de stockage des marchandises. « La logistique urbaine ne peut plus être considérée comme un sujet technique ou sectoriel : elle est devenue structurante pour l’avenir des territoires », écrivent les deux auteurs du rapport qui vient d’être remis aux ministres Serge Papin et Philippe Tabarot. 

Après la publication d’un premier rapport dédié à la logistique urbaine durable en 2021 « de nombreuses dynamiques positives ont émergé »  passant notamment par la montée en compétences des collectivités ou encore par la cocréation de chartes territoriales. 

Anne-Marie Idrac et Anne-Marie Jean estiment qu’aujourd’hui « ces avancées encore fragmentaires doivent être renforcées »  et formulent en conséquence des recommandations qui concernent les collectivités locales et qui « pourraient voir leurs concrétisations après les élections municipales de 2026. » 

Dialoguer et former 

Les auteures plaident pour la mise en place d’une « gouvernance renforcée permettant des dialogues constructifs entre acteurs publics et privés à toutes les échelles » . Concrètement, pour les EPCI de plus de 100 000 habitants, un comité local de logistique urbaine, présidé par un élu dédié et rassemblant l’ensemble des parties prenantes concernées par la circulation des marchandises en ville (transporteurs, commerçants, artisans, etc.) pourrait être mis en place. Il pourrait être envisagé « que ce comité local puisse se réunir à l’échelle du bassin de vie, en associant les communes limitrophes de l’EPCI central ».

Le rapport insiste aussi sur la formation des élus et propose d’accompagner la montée en compétence des élus et techniciens en inscrivant au répertoire des métiers du CNFPT la fonction de « référent logistique urbaine »  traduisant la transversalité du poste et en déployant des formations dédiées développées dans le cadre d’InTerLUD. 

Lancé en 2020, ce programme national d’innovation territoriale pour une logistique urbaine durable (InTerLUD+) accompagne aujourd’hui 61 territoires, dont cinq nouveaux en 2025, pour déployer des chartes LUD. Ce programme s’adresse notamment aux collectivités et leur permet de disposer d’un soutien du Cerema pour mettre en œuvre une méthodologie (formation des techniciens, accompagnement des élus) et une fédération de tous les acteurs économiques.

Mieux caractériser le foncier logistique existant

Autre chantier prioritaire : « Développer d’ici la fin de l’année une méthodologie adaptée aux besoins des collectivités pour mieux caractériser le foncier logistique existant sur leur territoire, anticiper les nouveaux besoins et les mutations nécessaires afin de mieux répondre aux enjeux de la logistique dans la planification urbaine. » 

« Si la diversité logistique ne permet pas des règles totalement harmonisées au niveau national, il convient de viser au moins leur cohérence et leur lisibilité au niveau des bassins économiques » , expliquent les auteurs. Il s’agit donc en priorité d’améliorer l’intégration de la logistique dans les documents de planification (SRADDET, SCoT et PLU(i)), de mettre à disposition des outils pour évaluer le besoin en foncier logistique et de faciliter l’implantation de nouveaux types de foncier logistique avec « des incitations urbanistiques spécifiques : assouplissement ou évolution des règles de hauteur, stationnement mutualisé, mixité d’usages ».

Une plateforme dédiée à la réglementation en matière de circulation routière

Ces dernières années, le partage des données n’a pas progressé à la hauteur de son importance, selon les deux auteures. Pour y remédier, « elles recommandent de poursuivre et amplifier le déploiement de DiaLog – outil développé par l’État permettant la digitalisation de la réglementation en matière de circulation routière – sur l’ensemble du territoire ». 

DiaLog est une plateforme qui permet aux collectivités gérant la voirie de numériser leurs arrêtés de circulation. Ces données sont ensuite réutilisables par des services numériques, conformément aux obligations d’ouverture des données. Les données de réglementation sont ainsi consultables facilement par tous.

Les auteurs appellent les élus des collectivités, et notamment les maires, à « remplir la base de données nationale de la réglementation de circulation, avec l’ensemble des arrêtés déjà pris, en ayant effectué au préalable si nécessaire une mise à jour de leurs données réglementaires. »  Enfin, dans le cadre du mandat municipal 2026-2032, les municipalités pourraient « élaborer une feuille de route visant prioritairement l’harmonisation des réglementations et la gestion des espaces de stationnement dédiés au transport de marchandises. » 
 

Consulter le rapport. 

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