Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 30 mars 2026
Aménagement numérique du territoire

Fermeture des réseaux mobiles 2G et 3G : l'extinction du réseau 2G démarre officiellement demain

Dès ce mardi 31 mars 2026, l'opérateur Orange va procéder à l'arrêt définitif du réseau mobile 2G dans une vingtaine de communes. Une première étape importante dans ce grand chantier de disparition programmée des réseaux 2G et 3G.

Par Lucile Bonnin

Alors que la date était arrêtée à fin 2025, Orange a finalement annoncé durant l’été 2025 que les premières fermetures du réseau 2G/3G seraient menées après les élections municipales. Promesse tenue : dès demain, l’opérateur Orange éteindra son réseau 2G dans 28 communes du Sud-ouest, dont Bayonne, Biarritz et Anglet. 

Les réseaux 2G et 3G vont disparaître progressivement à partir de demain et progressivement jusqu’en 2029. Les opérateurs ont annoncé la fermeture de ces deux réseaux mobiles dès 2022, expliquant qu’avec les différentes technologies déployées au fil des années (2G, 3G, 4G et aujourd’hui 5G), « il n’est plus possible de les empiler tant du point de vue de la modernisation des réseaux, de la sécurisation des données ou de l’efficacité environnementale ».

Extinction progressive enclenchée 

Le calendrier de début de chantier de cette extinction avait été légèrement repoussé (lire Maire info du 10 septembre). Ce décalage de calendrier répondait notamment à une demande de l’AMF qui plaidait pour que ce chantier d’envergure débute après les élections municipales pour prévenir le risque que cette transition puisse perturber les services essentiels durant cette période particulière pour les communes.

Finalement, c’est un peu plus d’une semaine après le deuxième tour des élections que les choses sérieuses vont commencer. L’opérateur Orange – opérateur qui possède la plus grande part des infrastructures 2G et 3G – ouvre le bal dès demain et procédera à l’arrêt de la 2G par étapes. Le 31 mars actera ainsi l’arrêt de la 2G sur l’unité urbaine de Bayonne-Biarritz-Anglet dans les Pyrénées-Atlantiques dès le 31 mars, soit dans 28 communes.

Une deuxième vague sera lancée le 12 mai prochain dans le reste du département des Pyrénées-Atlantiques et dans les Landes. Le 9 juin, la 2G disparaitra en Ariège, Haute-Garonne, dans le Gers, le Lot, le Lot-et-Garonne, les Hautes-Pyrénées et le Tarn-et-Garonne. La généralisation de l’arrêt de la 2G à l’ensemble du territoire métropolitain commencera en septembre 2026 pour se terminer définitivement à la fin de l’année 2026. 

Les autres opérateurs vont suivre le mouvement. SFR prévoit d’éteindre son réseau 2G dans les zones très denses du 15 au 30 novembre 2026 et dans tous les territoires du 1er au 15 décembre 2026. Bouygues Telecom fermera son réseau 2G le 15 novembre 2026 à Brest, Guipavas, Nancy et Vandœuvre-lès-Nancy avant de généraliser l’extinction sur tout le territoire de la France métropolitaine en décembre 2026. Si aucun retard n’est constaté, le réseau 2G devrait définitivement disparaître cette année. 

L’extinction de la 3G est prévue plus tardivement. Orange éteindra son réseau 3G à partir de la fin de l’année 2028, comme l’opérateur SFR. Bouygues Telecom prévoit l’arrêt de la 3G à la fin de l’année 2029. Pour le calendrier d’extinction dans les territoires et les départements d’outre-mer, il faudra se reporter au tableau de l’Arcep.

Un chantier à suivre de près dans les communes 

Ce bouleversement technologique nécessite une attention particulière. En effet, l’opérateur Orange rappelle que « tous les téléphones mobiles limités à la 2G ne pourront plus accéder au réseau mobile Orange »  une fois le réseau fermé. Or en 2025, il reste environ 2,7 millions de téléphones utilisant encore uniquement la 2G ou 2G/3G dont environ 1,6 million en pure 2G.

La fermeture à venir des réseaux 2G et 3G pourrait également entraîner des conséquences sur plusieurs services et infrastructures – qui dépendent encore de ces réseaux – comme les dispositifs médicaux connectés, des appareils de téléassistance des personnes dépendantes et isolées, les ascenseurs de logements et de bâtiments, des dispositifs d'alarmes connectées, des infrastructures de transport ou encore des services de l’eau.

Les enjeux sont nombreux, pourtant cette transition, annoncée depuis 2022, a été mal anticipée par les pouvoirs publics. C’est notamment ce qui a été dénoncé un rapport d'information réalisé par la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat publié en février dernier (lire Maire info du 19 février). 

Le constat est partagé par la Cour des comptes qui estime dans son rapport annuel publié ce 25 mars que « l’extinction des technologies mobiles 2G et 3G, encore très présentes dans le quotidien des Français (ascenseurs, télésurveillance, etc.) reste peu connue et mal anticipée. » 

Le gouvernement a cependant récemment fixé un cadre concernant le cas des ascenseurs avec la publication d’un décret au Journal officiel il y a quelques semaines (lire Maire info du 6 mars). Il a pour objet le maintien du niveau de sécurité et l’amélioration de l'entretien et du contrôle technique des ascenseurs face à l'arrêt des réseaux 2G et 3G. Rien n’a cependant été annoncé concernant notamment les réseaux d’eau potable et d’assainissement ou encore l’éclairage public et les effets de bords pour les collectivités restent encore flous… L’AMF encourage ses adhérents à contacter dès maintenant leurs fournisseurs de services ou de matériels pour s’assurer que les migrations techniques ont été engagées, avec un point d’attention particulier sur les systèmes de téléassistance pour les personnes âgées.

Communiquer 

Certaines mairies ont pris l’initiative de communiquer à propos de l’arrêt de la 2G et de la 3G. C’est le cas par exemple de la mairie de Toussieu (Rhône) qui a partagé il y a quelques jours sur son compte Instagram un guide pratique réalisé par la DGE. Le maire de la commune de Vernou-la Celle-sur-Seine (Seine-et-Marne) a également appelé sur sa page Facebook les citoyens à vérifier « dès à présent si (leurs) appareils sont concernés » « afin de ne pas être pris au dépourvu ». 

Ce chantier n’est pas sans rappeler celui de la fermeture du réseau cuivre. La communication est essentielle pour que la bascule du cuivre vers la fibre ou de la 2G/3G à la 4G/5G se fasse sans problème (lire notre article dans Maires de France). Lors du dernier congrès des maires, Michel Sauvade, co-président de la commission numérique de l’AMF, rappelait que « les maires n’ont pas vocation à être les communicants des opérateurs mais ils sont libres d’être des relais d’information auprès de leurs administrés s’ils le souhaitent ».

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