Édition du lundi 16 mars 2026

Elections municipales
Abstention en hausse, poussée du RN et de LFI, effacement du parti présidentiel : les premiers enseignements des municipales
Le premier tour du scrutin qui a eu lieu hier a été marqué par une abstention en hausse par rapport à 2014, une installation de l'extrême droite dans le paysage municipal et la prise de plusieurs grandes villes par La France insoumise.

Il est encore trop tôt, ce lundi 16 mars au matin, pour disposer des résultats définitifs et consolidés du premier tour des élections municipales. Mais les nombreux résultats qui sont déjà tombés attestent d’une reconfiguration politique qui, même à l’échelle locale, ressemble à celle qui a marqué les élections législatives de 2024.

Abstention en hausse

Premier enseignement : lors d’une élection qui, traditionnellement, voyait un taux de participation très supérieur à celui d’autres scrutins locaux, l’abstention est en hausse. En la matière, il ne faut pas se référer à 2020, où le premier tour avait eu lieu en pleine épidémie de covid-19, ce qui avait conduit à une abstention de plus de 55 %. Mais si l’on se réfère à 2014, l’évolution est frappante : cette année-là, 63,5 % des électeurs étaient allés voter ; hier, ils étaient entre 56 et 58 %, selon les instituts de sondage. L’abstention aurait donc progressé de 5 à 7 points. Dans certaines grandes villes très populaires, la participation a été particulièrement faible : 42 % à Saint-Denis et à Mulhouse, 47 % à Forbach, 49 % à Douai. 

Il sera intéressant de considérer, lorsque les chiffres globaux seront disponibles, le taux de participation dans les communes de 1000 habitants et moins, marquées par l’apparition du scrutin de liste paritaire et, dans beaucoup d’entre d’elles, où une seule liste était en lice. Un premier regard sur un certain nombre de ces petites communes fait toutefois apparaître une participation tournant en général autour de 60 %, ce qui est important pour des communes où le résultat était acquis d’avance. 

Le RN poursuit son implantation

L’un des enseignements majeurs de ce scrutin est la percée du Rassemblement national et de ses alliés, dont l’un des symboles est la très nette avance d’Éric Ciotti à Nice, avec plus de 12 points d’avance sur son concurrent Christian Estrosi. Si le RN a échoué à prendre certaines grandes villes qu’il briguait, comme Lens où le maire PS Sylvain Robert a été réélu dès le premier tour – mais où le RN a obtenu 46 % des suffrages –, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen est en tête ce matin dans plus de 60 communes, contre onze seulement au lendemain du premier tour de 2020, et l’aurait emporté dans 24 autres dès le premier tour. Il est en tête dans certaines grandes villes comme Toulon, où Laure Lavalette a obtenu 42 % des suffrages, mais aussi Nîmes ou Menton. À Marseille, le candidat du RN Franck Allisio est arrivé deuxième derrière le maire de gauche Benoît Payan, qu’il talonne avec moins de 4 000 voix d’écart. 

Le RN l’a par ailleurs facilement emporté, dès le premier tour, dans la plupart des communes qu’il dirigeait déjà, avec notamment plus de 77 % des voix pour Steeve Briois à Hénin-Beaumont, 51,3 % pour David Rachline à Fréjus, 60,3 % pour Nelson Chaudon à Beaucaire. Le parti d’extrême droite a remporté quelques nouvelles villes, comme Cagnes-sur-Mer, où le maire de droite Louis Nègre a été sèchement battu dès le premier tour. 

LFI l’emporte à Saint-Denis

Ce scrutin marque également une claire poussée de la France insoumise, qui remporte pour la première fois une grande ville dès le premier tour – Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). À Roubaix, le candidat LFI est largement en tête avec 46,6 % des voix. À Toulouse, le parti de Jean-Luc Mélenchon a créé la surprise en arrivant deuxième, devant le candidat du PS, ainsi qu’à Lille où il talonne le Parti socialiste avec moins de 2 000 voix d’écart. 

À Paris, Lyon et Marseille, les candidats « Insoumis » sont tous qualifiés pour le second tour, tout comme à Nantes ou à Limoges.

Malgré une campagne très marquée de « diabolisation » du mouvement Insoumis, portée aussi bien par la droite que par le Parti socialiste, ce mouvement tire donc plutôt bien son épingle du jeu et jouera un rôle d’arbitre dans de nombreuses grandes villes. 

Le PS et Les Républicains toujours bien ancrés

Les deux partis qui dirigent, depuis des décennies, le plus de communes, ne s’effondrent pas, loin de là, mais voient tout de même leur hégémonie disputée. 
Le PS semble en position de pouvoir conserver ses bastions comme Rennes, Nantes et Montpellier, et se dit en tête dans la majorité des communes qu’il dirigeait pendant le mandat précédent. Il faudra, là encore, attendre les résultats définitifs pour être plus précis. 

Mais il reste que dans certains bastions historiques, comme Lille, ou des grandes villes plus récemment gagnées, comme Paris ou Marseille, le PS est en difficulté, et son avenir dépendra des accords qui seront conclus en vue du second tour : à Lille, si les Insoumis s’alliaient avec les écologistes, ils pourraient être en mesure de ravir la ville aux socialistes. À Paris et Marseille, il semble que seul un accord du PS avec les Insoumis – pour l’instant rejeté par la direction du parti – pourrait lui permettre de conserver la mairie. 

En la matière, il semble que les appels de la direction nationale du PS à refuser les accords avec LFI ne pèsent guère sur les décisions locales : déjà ce matin, les Insoumis et les socialistes toulousains annoncent une « fusion » pour le second tour, avec la tête de liste confiée à l’Insoumis François Piquemal. Il reste à savoir si dans des villes comme Paris ou Marseille, cette stratégie sera suivie. Réponse d’ici demain soir. 

Côté Républicains, le même problème va se poser en matière d’alliances avec le Rassemblement national. Le parti dirigé par Bruno Retailleau est en passe de conserver la plupart de ses bastions dans les villes moyennes et dans les territoires ruraux, mais pas de reprendre les grandes métropoles qu’il a perdues en 2014 et 2020. Ses scores ont été en-dessous des attentes à Paris, Lyon et Marseille (où Martine Vassal a obtenu moins de 13 % des suffrages). Les Républicains peuvent en revanche espérer regagner Bordeaux et Besançon et peut-être ravir la ville de Brest aux socialistes. 

Le Rassemblement national s’est empressé, dès hier soir, de « tendre la main » aux Républicains, mais cet appel a, officiellement, été rejeté par Bruno Retailleau. Mais comme c’est le cas à gauche avec LFI, il est probable que des candidats LR passeront outre les consignes pour nouer des accords, fussent-ils « techniques », avec le RN. 
On en saura plus demain soir à 18 heures, délai limite pour déposer en préfecture les listes du second tour. 

Notons enfin que le parti présidentiel Renaissance et ses alliés du « bloc central » ont, dans la plupart des cas, réalisé d’assez faibles scores qui ne les mettra que rarement en position de jouer les arbitres au second tour. Parmi les résultats les plus favorables du « bloc central », Édouard Philippe au Havre (mais fait-il encore partie du « camp présidentiel » ?) a déjoué les sondages en finissant le premier tour avec une confortable avance. À Annecy, le député Renaissance Antoine Armand est arrivé en tête du premier tour, et à Bordeaux, Thomas Cazenave n’a pas perdu tout espoir de l’emporter au second tour face à l’écologiste Pierre Hurmic. 

Le parti dirigé par Gabriel Attal revendique ce matin « 100 communes » remportées au premier tour, ce qui est pour l’instant impossible à vérifier. 

AMF : de nombreux responsables réélus dès le premier tour

Il est également possible dès ce matin de donner quelques nouvelles des élus composant la direction de l’AMF, dont son président David Lisnard, réélu dans un fauteuil à Cannes dès le premier tour avec plus de 81 % des voix. À Lampertheim, Murielle Fabre, secrétaire générale de l’association, a également été réélue dès le premier tour avec presque 51 % des voix, tout comme Joël Balandraud à Évron, Christophe Rouillon à Coulaines, Alain Chrétien à Vesoul, Florence Portelli à Taverny ou Mohamed Gnabally à L’Île-Saint-Denis. 

La situation est en revanche plus difficile pour l’historique premier vice-président délégué de l’AMF, le socialiste André Laignel, qui n’arrive qu’en deuxième position à Issoudun – où il avait été, ces dernières années, élu au premier tour avec les trois quarts des voix. 

Antoine Homé (PS) est aussi en situation délicate à Wittenheim, ne devançant que d’une seule voix son concurrent Mathieu Nico, tout comme Frédéric Chéreau à Douai, qui arrive deuxième derrière le RN et devra affronter – sauf fusion – une quadrangulaire.

Patrick Molinoz, lui aussi membre du Bureau de l’AMF, a été battu dès le premier tour à Venarey-les-Laumes. 

Rendez-vous désormais dans notre édition de demain pour une analyse des résultats complets qui devraient être publiés aujourd’hui par le ministère de l’Intérieur. 




Elections municipales
Martinique et Guadeloupe plutôt à gauche, Mayotte plutôt à droite, une commune RN à La Réunion : quelques résultats outre-mer
Il n'y a globalement pas de grand bouleversement politique dans les départements ultramarins, où les logiques politiques traditionnelles ont été respectées. 

De nombreux maires sortants ont été réélus dès le premier tour outre-mer, comme Ericka Bareigts à Saint-Denis de La Réunion, Ambdilwahedou Soumaila à Mamoudzou (Mayotte), Harry Durimel à Pointe-à-Pitre. 

Guadeloupe et Martinique toujours marquées à gauche

Les deux îles des Antilles, comme traditionnellement, ont élu une majorité de maires de gauche, souvent au premier tour. C’est le cas, en Guadeloupe, des communes des Abymes, de Sainte-Rose, Le Moule, Pointe-Noire, Basse-Terre… La droite ne l’emporte au premier tour qu’à Bouillante et est en ballotage favorable à Anse-Bertrand.

En Martinique, le résultat est assez similaire avec une victoire de la gauche dès le premier tour à Sainte-Marie, La Trinité, Le Lamentin, Le François, Rivière-Pilote, Le Lorrain, Sainte-Luce… À Fort-de-France ou au Morne-Rouge, la gauche est en ballotage favorable. La droite l’emporte en revanche au premier tour à Saint-Jospeh, Saint-Esprit et Rivière-Salée. 

La Réunion : confirmation pour le RN

Les résultats du scrutin sont plus nuancés à La Réunion. La gauche l’emporte ou est en ballotage favorable dans 9 communes sur 24 (dont Saint-Paul et Saint-Denis), la droite dans 5 communes et diverses listes centristes dans 5 communes. 

Il faut noter la réélection au premier tour, avec près de 60 % des voix, du RN Johnny Payet à La-Plaine-des-Palmistes tandis qu’à La Possession, c’est l’écologiste Vanessa Miranville qui est en tête du premier tour, sans atteindre les 50 %.

Mayotte reste ancrée à droite

Alors que l’AFP annonce « de nombreux incidents et tensions » dans les bureaux de vote à Mayotte, l’île de l’océan Indien a donné la majorité à la droite dans huit communes dont Mamoudzou, Tsingoni, Chiconi, Sada et Dembeni, et au centre dans 5 autres. On notera une extrême dispersion des voix dans certaines communes, comme Pamandzi, où pas moins de 12 listes étaient en lice et où le vainqueur du premier tour (divers centre), n’obtient que… 15,8 % des suffrages. 

La gauche ne l’emporte que dans 4 communes, dont Kungu, mais avec une avance minime d’un petit point. 

La Nouvelle-Calédonie très divisée

Dispersion importante des voix également en Nouvelle-Calédonie, où seules 8 communes sur 33 ont élu leur conseil municipal dès le premier tour. Dans la capitale, Nouméa, la liste loyaliste de Sonia Lagarde a échoué à atteindre les 50 % de huit voix seulement. Il y a aura donc une triangulaire au second tour (avec les LR et la liste Calédonie ensemble). Dans le sud de l’archipel, la droite arrive en tête dans les villes de Dumbéa et du Mont-Dore. 

À Poindimié, le maire historique Paul Neaoutynie a été devancé par la liste sans étiquette de Patrick Watanabe. 

Dans le nord de l’archipel et les îles, ce sont les indépendantistes qui arrivent largement en tête du scrutin, notamment à Lifou, Maré, Houailou, et Kanala. À Yaté, le FLNKS emporte quasiment 60 % des voix. 

En Nouvelle-Calédonie, la participation a été en baisse de 10 points par rapport à 2014, avec tout juste 56 %. 




Social
Colonies de vacances : la Caf renforce son soutien financier aux familles
La Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a annoncé il y a quelques jours le renforcement de son soutien financier pour le départ en colos des jeunes de 6 à 17 ans via « l'aide aux vacances enfants » (AVE). La prise en charge du coût des séjours sera plus importante en 2026 et pourra être cumulée avec le Pass'Colo.

Voilà plusieurs années que les pouvoirs publics souhaitent mettre à nouveau sur le devant de la scène les colonies de vacances, alors que leur fréquentation chute depuis le « pic » atteint en 1995 où le taux de départs des 5-19 ans en séjours collectifs de vacances de plus de cinq nuits atteignait 14 %.

Dans un rapport publié en novembre dernier, l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) rappelle qu’il existe des freins au départ en colonie de vacances des jeunes : le refus de partir de l’enfant, la préférence parentale pour un autre type de séjour, une inquiétude pour la sécurité mais surtout les montants trop élevés des séjours.

Dans un contexte de suppression, par la loi de finances pour 2026, des crédits du ministère en charge de la jeunesse dédiés aux colos apprenantes (36 millions d’euros), la Cnaf a annoncé que son aide aux vacances enfants (AVE) – dispositif qui permet de financer une partie du prix des colonies de vacances, mini-camps ou séjours collectifs organisés dans des centres agréés – évolue pour permettre à une famille allocataire sur deux d’y accéder désormais. Une enveloppe supplémentaire de 20 millions d'euros est ainsi mobilisée par la CNAF pour financer les départs en colonies de vacances en 2026. L’AMF s’est inquiétée de la suppression des crédits spécifiques pour les colos apprenantes, dans un contexte budgétaire très contraint pour les collectivités en 2026.

Une aide qui peut couvrir jusqu’à 70 % des frais 

« En 2026, la Caf renforce son soutien financier pour faciliter le départ en colos des jeunes de 6 à 17 ans, avec une prise en charge plus importante du coût des séjours. L’objectif est d’élargir l’accès aux vacances et de permettre à près d’une famille allocataire sur deux d’en bénéficier », peut-on lire dans le communiqué diffusé la semaine dernière.

C’est l’aide aux vacances enfants (AVE) qui fait ainsi l’objet de plusieurs ajustements. D’abord, les conditions d’accès évoluent pour « ouvrir l’aide à davantage de familles, avec un quotient familial maximal relevé à 950 euros ». Avec cette réforme, davantage d’enfants devraient pouvoir partir en colos. Au niveau du montant pris en charge par la Caf, sa part a également augmenté :  selon le niveau de revenus de la famille, la Caf peut désormais couvrir 70 à 80 % du coût du séjour. Le montant est fixé par rapport au quotient familial de l’allocataire mais diffère aussi selon les départements et les Caf. Dans le Morbihan par exemple, si le quotient familial se situe entre 0 et 450 euros, la Caf prend en charge 80 % du coût d'une semaine de séjour et l’aide est plafonnée à 700 euros.

Rappelons que l’aide aux vacances enfants est versée directement à la structure partenaire choisie pour que les familles n’avancent pas le coût du départ en vacances. De même, les séjours doivent être réservés parmi les près de 6 700 partenaires labellisés par VACAF en 2026

Pass’Colo

« Cette aide pourra se cumuler avec le Pass’Colo pour les enfants de 10-11 ans, facilitant encore plus leur départ en vacances », précise le communiqué. Cette aide, instituée en 2024, a également pour objectif de faciliter le départ en colonies de vacances des enfants de 11 ans (dont l'année de naissance est 2015 en 2026 (ou ceux nés en 2014, qui n’en ont pas bénéficié l’an dernier), pour toutes les familles ayant des ressources inférieures ou égales à 4 000 euros par mois (soit un quotient familial (QF) inférieur ou égal à 1 500 euros). Seuls sont concernés « les séjours supérieurs ou égaux à quatre nuitées effectuées pendant les vacances scolaires »  et « en cas de non-utilisation dans l’année des 11 ans, le Pass peut être reporté une fois, l’année des 12 ans, selon les mêmes modalités ».

Selon un bilan de l’Injep publié en fin d’année 2025, le dispositif peine encore à atteindre sa cible. En effet, si 72 % des ménages allocataires Cnaf ou CCMSA avec un enfant de 11 ans en 2024 étaient éligibles au Pass’Colo (soit 554 000 enfants), seulement 3 % des ménages y ont recouru. Ce sont donc 15 983 enfants de 11 ans en 2024 qui ont pu partir en colonie de vacances grâce à cette aide financière. Des résultats qui sont très en deçà de l’objectif qui avait été fixé... 

Pour encourager cette dynamique, l’Injep préconise d’informer « mieux sur le dispositif et sur l’intérêt du départ en colonie de vacances » avec « une communication nationale de plus grande ampleur, mais surtout la mobilisation de relais sur le territoire ».




Violences faites aux femmes
L'UTP publie un guide pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports
L'Union des transports publics (UTP) publie un nouveau guide consacré à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports. Une publication dont les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) pourront s'inspirer pour mettre en place des initiatives innovantes.

Un premier guide avait été publié par l'Union des transports publics (UTP) en mai 2023 à l'occasion de la première réunion du Comité d’action contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles dans les transports.

La problématique est grandissante : en 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été recensées, soit 6 % de plus qu’en 2023 et 86 % de plus par rapport à 2016. Les victimes sont majoritairement des femmes (91 % des victimes d’agressions sexistes et sexuelles dans les transports) et 75 % d’entre elles ont moins de 30 ans. 36 % sont mineures. De l’autre côté de la vitre, la profession se féminise et 11 700 femmes travaillent désormais dans les transports publics urbains, majoritairement dans la conduite, soit environ 20 % de l’effectif global. 

Alors que l’on incite les citoyens à emprunter plus systématiquement les transports en commun lorsque c’est possible, « les transports doivent rester des espaces où règnent la confiance et la liberté de se déplacer en toute sécurité », estime l’UTP.  Pour ce faire, « tous les acteurs doivent être réunis : les opérateurs de transport, les autorités organisatrices de la mobilité, les associations, les pouvoirs publics ». Ainsi, l'actualisation du guide « pour lutter contre ces violences s’inscrit dans cette dynamique ».

« Des pratiques issues du terrain »

Le guide présente essentiellement des « bonnes pratiques » à mettre en place au niveau de trois volets : la sensibilisation, la réaction et la formation. 

Pour sensibiliser, les actions menées peuvent être variées notamment si elles visent l’ensemble des voyageurs par de l’information, des actions de terrain ou par des journées dédiées (internationales, nationales, locales) par exemple. Les exemples de campagnes de communication adaptées ne manquent pas dans le fascicule : Nancy, Lille, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lyon, Dijon… L’UTP rappelle aussi que le gouvernement a lancé en 2023 une campagne de sensibilisation pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles « Levons les yeux » réalisée en partenariat avec la SNCF et la RATP. Un guide pratique « explique comment repérer une situation de harcèlement, comment intervenir en tant que témoin, et quels recours existent pour les victimes ». Des campagnes de sensibilisation à bord via les agents peuvent aussi être menés. L'UTP insiste aussi sur la sensibilisation des plus jeunes pour renforcer « leur capacité à identifier les situations à risque et à encourager le recours aux dispositifs d’alerte et de protection existants ».

Le guide donne aussi des clés pour « adopter les bons réflexes » dans les transports avec la mobilisation de dispositifs « pour signaler une situation ou demander de l’aide : bornes d’appel d’urgence, agents, conducteurs et conductrices, numéros de téléphone » et grâce à des partenariats qui « contribuent à créer des lieux sûrs, où les personnes victimes peuvent être accueillies, écoutées et orientées ». Dans de plus en plus de villes, des marches exploratoires sont organisées. Le principe : des femmes « parcourent un secteur donné afin d’identifier les espaces générateurs d’insécurité » et formulent des recommandations « aux autorités compétentes qui établissent un programme d’actions ». Un autre dispositif innovant prend de l’ampleur : celui de la « descente à la demande » . Il « offre la possibilité aux usagers de descendre entre deux arrêts de bus afin de se rapprocher de leur destination ». Le ministère chargé des Transports a d’ailleurs réalisé un guide qui présente les dix étapes clés à suivre pour mettre en œuvre ce dispositif. Il s’appuie sur les retours d’expérience des réseaux l’ayant expérimenté ou déployé, comme à Poitiers par exemple.  

Le guide met également en avant le dispositif Angela, « réseau de lieux refuges et de solidarité destiné à lutter contre le harcèlement de rue et le sentiment d’insécurité dans l’espace public ». Le fonctionnement du dispositif repose sur l’utilisation d’un code : « Lorsqu’une personne s’adresse à un agent de transport en demandant « Où est Angela ? », cela signifie qu’elle se sent en insécurité et qu’elle sollicite de l’aide ». « Dans le cadre des transports publics, ce dispositif peut être actif dans les bus, les tramways, les agences commerciales, les stations, les pôles d’échanges ou encore les espaces d’accueil et de médiation », précisent les auteurs du guide.

L’UTP rappelle en dernière partie du guide qu’il est primordial de « former les salariés pour prévenir des atteintes sexistes et sexuelles ». Accueillir la parole des victimes est un premier point sur lequel les réseaux travaillent : de nombreuses formations sont désormais dispensées aux salariés qui sont en contact direct avec le public comme à Montpellier, Lyon ou encore Toulouse. Des financements pour ces formations sont prévus par la branche du transport urbain de voyageurs, souligne enfin l’UTP. 

Consulter le guide.




Economie
L'inflation sur un an en février révisée à la baisse par l'Insee, à 0,9 %
L'inflation sur un an en février a été révisée à la baisse vendredi par l'Insee, qui fait état d'une hausse des prix à la consommation de 0,9 % sur un an en France, soit 0,1 point de moins que dans une première estimation.

Cela reste une nette accélération de cette inflation, qui était de seulement 0,3 % en janvier. Et cela « s'explique en grande partie par une baisse moins prononcée des prix de l'énergie », en particulier « les prix de l'électricité qui avaient fortement reculé en février 2025 », a détaillé l'Institut national de la statistique (Insee) dans un communiqué.

Les économistes s'attendent à une nouvelle accélération en mars, avec les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui depuis ses débuts le 28 février a fait monter le cours des hydrocarbures. En février, les prix à la consommation en France ont grimpé de 0,6 % par rapport au mois précédent. L'Insee a relevé « la hausse saisonnière des prix des produits manufacturés (+ 1,4 % après - 1,9 %), du fait de la fin des soldes dans l'habillement et les chaussures (+ 5,9 % après - 10,2 %) ».

Forte incertitude 

Sur un an, l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH, qui permet les comparaisons entre les différentes inflations de la zone euro) augmente de 1,1 % sur un an en février, après 0,4% en janvier. L'IPCH est l'indicateur de référence de la Banque centrale européenne, qui a un objectif d'inflation de 2 %.

Les avis divergent sur le calendrier d'une éventuelle hausse des taux directeurs de la BCE. « Nous ferons tout ce qu'il est nécessaire de faire pour que l'inflation soit sous contrôle », déclarait mardi sa présidente Christine Lagarde, en soulignant la forte « incertitude » quant à la suite de la guerre au Moyen-Orient. L'inflation en France, montée jusqu'à plus de 6 % début 2023, après une poussée en 2021 et 2022 constatée presque partout dans le monde, a largement décru en France depuis.






Journal Officiel du samedi 14 mars 2026

Ministère de l'Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Arrêté du 6 mars 2026 complétant l'arrêté du 27 octobre 2025 portant approbation du programme d'enquêtes statistiques d'initiative nationale et régionale des services publics pour 2026 (enquêtes auprès des ménages et des collectivités territoriales)
Ministère de l'Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique
Arrêté du 24 février 2026 portant modification de l'arrêté du 21 janvier 2019 portant application dans les ministères économiques et financiers du décret n° 2017-519 du 10 avril 2017 relatif au référent déontologue dans la fonction publique

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