| Édition du mercredi 14 janvier 2026 |
Démographie
En 2025, pour la première fois depuis 1945, il y a eu plus de décès que de naissances en France
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L'Insee a dévoilé hier les chiffres consolidés de la population. Avec beaucoup d'avance sur les projections, le solde naturel, c'est-à-dire l'équilibre entre naissances et décès hors apport de l'immigration, est devenu négatif. Le taux de fécondité des femmes en France est le plus bas depuis… 1917.
La population en France s’établit, au 1er janvier 2026, à 69,1 millions d’habitants (66,8 millions en métropole et 2,3 millions dans les Dom). Mais la principale information du cru 2025 des données démographiques de l’Insee est ailleurs : l’an dernier, il y a eu 6 000 décès de plus que de naissances (645 000 naissances, 651 000 décès). Si le chiffre global de la population a augmenté de 0,25 % l’an dernier, c’est donc uniquement dû à l’apport de l’immigration (+ 176 000 en 2025).
200 000 enfants de moins chaque année qu’en 2010
Le nombre de décès a certes été en hausse l’an dernier (de 1,5 %), du fait notamment d’une épidémie de grippe hivernale plus meurtrière que les années passées. Mais ce n’est pas cela qui explique que le solde naturel soit devenu négatif : c’est bien la diminution continue, année après année, du nombre de naissances qui est en cause. Si la baisse est déjà marquée en un an (2,4 % de naissances en moins), c’est surtout sur une échelle de temps plus longue que la diminution apparaît la plus spectaculaire : le nombre de naissance a diminué de presque 25 % en quinze ans – les 645 000 naissances de 2025 sont à comparer aux presque 830 000 de 2010. Autrement dit, chaque génération, désormais, compte quasiment 200 000 enfants de moins qu’il y a quinze ans, avec toutes les conséquences que cela implique. Cela signifie autant d’enfants en moins dans les écoles et, au fil des années, autant de travailleurs en moins sur le marché du travail.
La diminution du nombre d’enfants ne s’explique pas par une baisse du nombre de femmes en âge de féconder : au contraire, celui-ci est toujours en hausse, légère mais constante, depuis 2015. C’est donc bien « l’indicateur conjoncturel de fécondité » (nombre moyen d’enfants par femme) qui est en cause. Il s’établit aujourd’hui à 1,56 enfant par femme (contre 2 en 2010). Pour retrouver un chiffre aussi bas, il faut remonter plus d’un siècle en arrière, en 1917. Ce n’est qu’en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, qu’un taux inférieur a été constaté (1,23).
Comprendre les causes de la dénatalité
Depuis plusieurs années, des enquêtes interrogent les raisons de cette baisse de la natalité. En 2020, l’Unaf avait publié une étude expliquant que l’appétence des Français à faire des enfants n’avait pas diminué, puisque le « désir d’enfant » restait à un niveau élevé, mais que celui-ci se heurtait à des difficultés matérielles qui empêchaient d’aller au bout de ce projet, ou du moins le retardaient : difficultés à se loger, à trouver un emploi stable, quasi-disparition des aides à la parentalité.
Il est également certain que les évolutions sociétales récentes, en particulier le taux d’emploi des femmes beaucoup plus important qu’auparavant, jouent un rôle. C’est d’ailleurs une tendance qui dépasse largement les frontières de la France : pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, les couples font des enfants de plus en plus tard (l’âge moyen d’un premier accouchement est aujourd’hui, en France, de 31,2 ans, indique l’Insee), ce qui a pour conséquence de rendre plus incertain le fait d’avoir un deuxième ou un troisième enfant, et donc une diminution du nombre global d’enfants.
Il reste enfin que selon plusieurs études, dont une publiée par l’Ined en juillet dernier (lire Maire info du 10 juillet 2025), le « désir d’enfant » lui-même est aujourd’hui orienté à la baisse. L’accumulation des incertitudes sur l’avenir – entre réchauffement climatique, risques de guerre et instabilité politique – est l’une des causes de cette évolution identifiées par l’Ined. L’éclatement de la guerre en Ukraine, en 2022, et les perspectives d’une extension de ce conflit peuvent avoir accentué le phénomène.
Espérance de vie historiquement élevée
La mortalité a été relativement plus élevée l’an dernier que la moyenne des années précédentes, du fait de la grippe hivernale et de plusieurs vagues de fortes chaleurs. Plus tendanciellement, le nombre de décès par an est à la hausse depuis 2011, du fait de l’arrivée à des âges de forte mortalité de la génération des baby-boomers.
En revanche, l’espérance de vie continue d’augmenter (+ 0,1 % en 2025), pour s’élever au plus haut niveau jamais constaté dans le pays : 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
Conséquence de ces évolutions : il y a aujourd’hui dans le pays quasiment autant de personnes de 65 ans et plus que de jeunes de 20 ans et moins – ces deux catégories représentent chacun environ 22,5 % de la population, alors qu’il y a 20 ans, presque 10 points de pourcentage les séparaient, avec 16 % de personnes âgées pour 25 % de jeunes.
Conséquences en cascade
En septembre dernier (lire Maire info du 5 septembre), un rapport du Haut-commissariat à la stratégie et au plan faisait le point sur les conséquences en cascade de cette évolution démographique.
Dans le rapport, il était question d’une « marée » de dénatalité, terme très parlant puisque la dénatalité va toucher, peu à peu, de plus en plus de secteurs. Elle a dés maintenant un impact sur les écoles maternelles et primaires, puis se répercutera sur les collèges, puis les lycées, les universités et enfin le monde du travail. C’est dans ce dernier domaine que l’impact sera peut-être le plus violent : entre baisse de la natalité et départ à la retraite des baby-boomers, la population active va, mécaniquement, fortement diminuer dans les années à venir. D’où la nécessité, jugeait en septembre dernier le Haut-commissariat, de mettre en œuvre rapidement une « stratégie d’immigration de travail », seul moyen de compenser la diminution de la population active et de conserver la compétitivité du pays.
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Budget de l'état
Budget 2026 : le financement des collectivités, principal point d'achoppement vers un compromis, selon le gouvernement
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Alors qu'un accord sur le projet de budget semble encore loin, le travail « le plus important » porterait sur le financement des collectivités, a affirmé hier la ministre des Comptes publics. Après avoir supprimé la DGF en commission à la surprise générale, les députés l'ont finalement bien maintenue en séance et convenu de l'indexer « durablement » sur l'inflation.
Les collectivités et leur financement seraient le principal point d’achoppement à un compromis entre le gouvernement et les députés sur le projet de budget pour 2026. C’est ce qu’a affirmé hier la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, devant l’Assemblée nationale, lors de la reprise des débats dans l’hémicycle sur ce texte majeur pour le fonctionnement du pays.
Si le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a assuré, en ouverture des débats, que le budget était désormais « à portée de main » – et que seul « un dernier effort est nécessaire » – , la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s’est voulue plus nuancée en pointant « trois grands sujets » sur lesquels les députés et le gouvernement butent et doivent « encore rapprocher [leurs] positions ».
Donner « au plus vite » de la visibilité aux collectivités
Et « le premier, c’est le financement des collectivités », devant les « dépenses d'avenir » et le « pouvoir d'achat ». « C’est à mon sens le sujet pour lequel le travail de convergence qui est devant nous est le plus important », a-t-elle prévenu. « À l’approche des élections municipales, nous devons au plus vite donner aux conseils municipaux, qui seront élus en mars, de la visibilité sur les moyens dont ils disposeront pour commencer leur mandat », a ainsi demandé à ses anciens collègues l’ex-députée de l'Essonne.
Pour cette raison, le gouvernement a décidé que les articles concernant les collectivités seraient examinés « en priorité », dès l’ouverture des débats. « Nous avons constaté, dans les dernières semaines, que sur les collectivités locales nous avons encore beaucoup à travailler, non seulement par rapport à la copie initiale », mais aussi par rapport à celle du Sénat. « Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas arrivés, aujourd’hui, à un point d’accord qu’il n’y a pas d’accord », a tenté de convaincre la ministre alors que, dans l'hémicycle, peu nombreux sont ceux qui croient encore que le budget puisse être adopté sans que le gouvernement déclenche le 49.3 ou passe par des ordonnances.
Si le député socialiste Stéphane Delautrette s’est « réjoui » de pouvoir commencer par débattre du volet consacré aux collectivités (« trop souvent reporté en fin » des discussions, selon lui), le député RN Jean-Philippe Tanguy s’est « étonné » de cette décision.
Estimant qu’il « n’y a aucune raison rationnelle d’appeler en priorité » ces articles en particulier, le député de la Somme a accusé longuement, sans vraiment étayer son propos, le gouvernement de vouloir, de cette manière, « acheter les élections municipales ». « Ce ne me semble pas être l’objet de l’article » fixant le montant de la DGF, a répondu la ministre des Comptes publics. « Quand on s’occupe des collectivités, on ne s’occupe pas que des élus », a-t-elle défendu, fustigeant « la vision du Rassemblement national ».
La DGF revalorisée « chaque année » sur l’inflation
Le député RN a également voulu « tordre le cou à une espèce de légende urbaine qui est partie des mensonges de la Macronie comme quoi nous aurions fait chuter la DGF », lors de l’examen du texte en commission. L’explication du député de la Somme est beaucoup plus prosaïque : si la DGF a chuté, ce n’est pas à cause du vote de rejet de l’opposition, mais « c’est parce que vous [le gouvernement et les députés du bloc central] n’aviez pas de députés en nombre suffisant en commission », a tenté de convaincre l’élu picard, assurant que son groupe n’a « pas voté contre la DGF, mais contre le texte » du gouvernement.
Outre le RN, on peut rappeler que le groupe LFI – et peut-être d’autres – avait pris cette décision, même s’il est difficile de percevoir, sur la vidéo des débats, exactement qui a voté quoi lors de ce vote en commission. Celle-ci avait, en tout cas, provoqué la stupeur et la consternation chez les élus locaux.
En attendant, les députés ont cette fois réussi à se mettre d’accord sur le sujet. Les députés LFI ont finalement convaincu l’Assemblée, à la différence de la semaine passée, de renoncer à une « année blanche » pour la DGF en 2026. Mieux, ils ont demandé, dans leur amendement, que soit inscrit « dans le Code général des collectivités territoriales le principe d'une indexation sur l'inflation de la DGF ».
« À compter de 2026, la dotation globale de fonctionnement [serait ainsi] revalorisée chaque année en fonction » de l’inflation, expliquent les députés LFI dans leur amendement, ces derniers souhaitant « automatiser la liaison entre DGF et inflation afin de couvrir durablement les hausses des dépenses de nos collectivités » et ainsi « sort[ir] de la minoration permanente qu'elle subit ». De quoi réjouir les élus locaux.
Ils ont également fait supprimer les nouveaux plafonnements et minorations des dotations et compensations de l’État versées aux collectivités territoriales, dites « variables d’ajustement ». Comme en commission et parmi d’autres dispositions, les députés ont aussi adopté un amendement du rapport général du budget, Philippe Juvin (LR), proposant de ne pas rendre éligibles au FCTVA les dépenses effectuées dans le cadre d’opérations réalisées en régie.
Attention, toutefois, car les évolutions favorables aux collectivités nécessiteront d'être retenues dans le texte définitif pour être appliquées et prendre véritablement effet.
Plus généralement, Amélie de Montchalin a mis en garde : « Faire tomber le gouvernement » plongerait le pays « dans l’instabilité » et acterait « l’impossibilité d’avoir un budget avant les élections municipales ». « Vous gouvernez par le chantage et la peur », a rétorqué le président de la commission des finances, Éric Coquerel (LFI), celui-ci estimant que l’exécutif ne « cède sur rien » : ni sur la suppression annoncée de « 4 000 postes d’enseignants » ni sur la nouvelle baisse du « Fonds vert », entre autres mesures délétères selon lui.
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Agriculture
Le Premier ministre annonce une loi d'urgence agricole
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Alors qu'une manifestation d'agriculteurs s'est tenue hier à Paris, aux abords de l'Assemblée nationale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé dans la soirée qu'un projet de loi d'urgence agricole sera présenté d'ici le Salon de l'agriculture, qui aura lieu fin février.
Hier matin, les habitants du 7e arrondissement de Paris ont été réveillés par les cors de chasse et les klaxons des tracteurs entrés dans la capitale à l’aube. Ce convoi de plus de 350 tracteurs – selon les autorités – a même passé la nuit devant le Palais-Bourbon avant de repartir très tôt ce matin.
Les agriculteurs poursuivent leur mobilisation qui a débuté au mois de décembre. Ils étaient alors venus protester à Paris contre la stratégie d’abattage mise en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Quelques jours plus tard, la colère des principaux syndicats agricoles (FNSEA et Jeunes agriculteurs) s’est tournée vers un sujet qui, lui aussi, risque de peser sur leurs conditions de travail : la signature de l’accord UE-Mercosur qui aura lieu samedi au Paraguay. Les agriculteurs dénoncent également, et ce depuis plusieurs années, les normes et « la paperasse » qui pèsent sur eux au quotidien. Certains s’interrogent aussi sur le retard de l’entrée en vigueur de la controversée loi Duplomb, adoptée en juillet dernier.
Dans la journée de mardi, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard est allée à leur rencontre. « Votre message est reçu cinq sur cinq », avait-elle pourtant déclaré à l’adresse des agriculteurs lors d’un point presse vendredi dernier. Elle y avait annoncé notamment le doublement à 22 millions d’euros du fonds d’indemnisation destiné aux éleveurs touchés par la dermatose nodulaire contagieuse et défendu le vote de la France contre l’accord UE-Mercosur.
Ce nouvel épisode de manifestations – ne trouvant visiblement pas de fin dans les engagements déjà annoncés par la ministre – s’est finalement dissipé avec l’intervention du Premier ministre Sébastien Lecornu. Ce matin cependant, des manifestations ont continué notamment aux alentours de Toulouse.
Des « simplifications [qui] relèvent de la loi »
C’est sur son compte X que le Premier ministre a annoncé avoir pris quatre décisions.
Premièrement, estimant que « certaines simplifications relèvent de la loi », le Premier ministre a demandé à la ministre de l’Agriculture « de préparer pour le Salon de l’agriculture une loi d’urgence agricole autour de plusieurs priorités : eau, prédation [du loup], moyens de production. Ce texte sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été. » Le calendrier est fixé. Cette annonce fait écho aux principales demandes de la FNSEA.
Rappelons qu’en mars 2025 une loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture a été adoptée dans un contexte à peu près similaire. Des mesures de simplifications y figurent déjà notamment concernant le régime de la haie ou avec le déploiement du guichet France Services Agriculture. Le gouvernement semble vouloir poursuivre ce travail de simplification, cheval de bataille du Premier ministre depuis sa nomination.
Deuxième annonce : Sébastien Lecornu a décidé d'un « moratoire sur toutes les décisions relatives aux questions de la politique de l’eau jusqu’à l’inscription de la loi d’urgence en Conseil des ministres ». Parallèlement à cette annoncé, la ministre Annie Genevard a annoncé au micro de France info « commencer un tour de France » pour écouter les propositions des agriculteurs. En attendant, « il n’y aura pas d’augmentation de la redevance pour pollutions diffuses pour le monde agricole dans le projet de loi de finances 2027 ». Important : le Premier ministre a aussi annoncé qu’un travail allait être lancé sur « la représentativité du monde agricole dans les instances territoriales gérant les questions d’eau ».
Enfin, Sébastien Lecornu ouvre la porte à un assouplissement de l’application des règles sur les nitrates et a annoncé être favorable à « un dispositif renforcé d’épargne de précaution, afin de mieux faire face aux chocs économiques via une possibilité de réintégration partiellement défiscalisée en cas de survenance d’un aléa économique » ainsi qu’à « un dispositif favorable à la mécanisation collective sans que celui-ci touche au dispositif de traitement fiscal des plus-values ».
Annonces sur fond d’instabilité politique
Mais ces perspectives pour un meilleur avenir dans les campagnes ne pourront aboutir qu’à certaines conditions. La première étant l’adoption d’un budget pour le pays. Vendredi dernier, la ministre de l’Action et des Comptes publics expliquait que les soutiens annoncés dépendent « de notre capacité à avoir un budget et un vrai budget, pas une loi spéciale ».
L’autre condition repose sur la stabilité du gouvernement actuel. Aujourd’hui, l’Assemblée nationale doit examiner – après la séance de questions au gouvernement – les motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et par le Rassemblement national (RN) sur l’accord de libre-échange Mercosur. Ces motions n’ont quasiment aucune chance d’être adoptées dans la mesure où les parlementaires socialistes ont annoncé qu’ils ne les voteraient pas. Mais même si le gouvernement échappe à ces deux motions, le chemin est encore long pour arriver à la stabilité.
Comme Maire info l’écrivait lundi, la perspective d’un accord durant les débats budgétaires apparaît pour l’heure toujours bloquée au moment où le texte arrive aujourd’hui dans l'hémicycle (lire article ci-contre) et où l’hypothèse d’un recours au « 49.3 » est, chaque jour, davantage réclamée afin de trouver un budget pour le pays. Selon plusieurs sources, le Premier ministre pourrait aussi choisir de passer par des ordonnances, une possibilité qui, à ce jour, n’a encore jamais été mise en œuvre…
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Recensement
La campagne de recensement 2026 commence demain
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La campagne de recensement débutera demain, le 15 janvier, pour un mois dans quelque 7 000 communes de moins de 10 000 habitants et jusqu'au 21 février dans les communes de 10 000 habitants ou plus. À La Réunion et à Mayotte, un autre calendrier est en vigueur.
Cela fait plus de 20 ans maintenant que l’Insee a profondément bouleversé ses méthodes de recensement, en passant d’un recensement général tous les 6 à 9 ans à un recensement annuel, dit « tournant », portant sur une partie de la population : l’ensemble des communes de moins de 10 000 habitants ont été réparties en cinq groupes, qui sont intégralement recensées une fois tous les cinq ans ; quant aux communes de plus de 10 000 habitants, elles voient 8 % de leur population – des logements tirés au sort – recensés chaque année.
Plus de 20 000 agents recenseurs, dont des facteurs
Toutes les communes de plus de 10 000 habitants (soit environ un millier) sont donc concernées par le recensement, et précisément 6 786 communes de moins de 10 000 habitants, celles du groupe 3. Les dates précises de la campagne de recensement sont indiquées sur le site de l’Insee : pour les communes de moins de 10 000 habitants, la campagne se déroulera du 15 janvier au 14 février en métropole, aux Antilles et en Guyane, et du 29 janvier au 28 février à La Réunion ; pour les villes de10 000 habitants ou plus, du 15 janvier au 21 février (29 janvier-7 mars à La Réunion). Rappelons qu’à Mayotte, une campagne de recensement intégral a eu lieu l’an dernier, à partir du 27 novembre, et qu’elle s’est achevée le 10 janvier. La campagne 2026 concernera environ 9 millions d’habitants, qui peuvent répondre ou bien en ligne ou bien sur papier.
Comme chaque année, le recensement est réalisé par les communes (ou les EPCI en cas de transfert de la compétence) en partenariat avec l’Insee. Ils emploient pour chaque campagne plus de 20 000 agents recenseurs – agents de la commune ou de l'EPCI ou contractuels recrutés pour l’occasion. Rappelons que depuis un décret du 4 décembre 2024, toutes les communes et EPCI compétents sont autorisés à contractualiser avec des prestataires externes pour assurer les opérations de recensement. Cette évolution permet notamment aux communes de faire appel aux facteurs de La Poste pour effectuer le recensement. La Poste a récemment indiqué que plus de 250 communes ont contractualisé avec elle pour la campagne de 2026.
Nouvelles questions
Cette année, indique l’Insee, le questionnaire adressé aux habitants ne change pas. Il contient toujours, malgré les protestations de certaines organisations dont la Ligue des droits de l’homme, une question sur l’origine des parents. Cette question, bien que « facultative », est jugée dangereuse par ces organisations, dans la mesure où elle leur paraît pouvoir être la base de « statistiques ethniques », qui sont très encadrées en France. La loi informatique et liberté, en effet, dispose qu’il est « interdit de traiter des données à caractère personnel qui révèlent la prétendue origine raciale ou l'origine ethnique », tout comme d’ailleurs les opinions politiques ou religieuses.
L’Insee a introduit cette nouvelle question sur l’origine des parents l’année dernière, en expliquant qu’il s’agit simplement « de rendre compte de la diversité de la population et documenter les questions de mobilités résidentielles entre générations et de ségrégation spatiale », et aussi de « mieux connaître la situation des descendants d’immigrés et mieux analyser les inégalités de situation et les discriminations qui se prolongent au-delà de la première génération ».
Dans un communiqué publié en fin d’année dernière, l’Insee indique qu’environ 20 % des personnes recensées en 2025 n’ont pas répondu à cette question facultative.
Il est à noter que l’an prochain, le questionnaire sera modifié et comprendra de nouvelles questions. Elles porteront sur l’adaptation des logements au changement climatique et à leur accessibilité.
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Logement social
Le mouvement HLM espère un meilleur « dialogue républicain » après des objectifs atteints en 2025
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À l'approche des élections municipales, puis de l'élection présidentielle de 2027, la présidente du mouvement HLM Emmanuelle Cosse espère en 2026 un meilleur « dialogue républicain » autour de la politique du logement et a rappelé mardi les objectifs atteints par le logement social en 2025.
Incapable de « faire l'économie de constats en demi-teinte et de quelques doléances » à l'issue d'une nouvelle année marquée par une grave crise du logement en France, la porte-voix des bailleurs sociaux a fait vœu « d'engager toutes nos forces » pour « éviter le crash démocratique ». « Je nous souhaite une année 2026 qui nourrisse et renforce le dialogue républicain, loin des fake-news, des outrances populistes et des provocations à la haine », a ajouté Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du Logement.
L'année 2025 se termine à un nouveau record, avec près de 2,9 millions de ménages en attente d'un logement social. « C'est un chiffre considérable auquel nous peinons à répondre » avec les près de 390 000 attributions de logements décidées en 2025, en « très légère augmentation de 4 000 attributions par rapport à 2024 », a détaillé Emmanuelle Cosse.
« Nous ne pouvons évidemment pas nous satisfaire de ce chiffre historiquement bas quand les besoins explosent », a-t-elle ajouté. Le nombre de nouveaux logements HLM créés devrait « approcher les 100 000 agréments », après 85 000 en 2024, comme s'y était engagé le secteur auprès de l'ancienne ministre du Logement.
La présidente de l'Union sociale pour l'habitat a de nouveau appelé à poursuivre la politique de rénovation urbaine et à ne pas faire « le choix de remplacer une analyse des besoins de notre société par une fiche comptable ». Dans un contexte de réduction des dépenses de l’État, elle s'est dit « très inquiète » des rumeurs concernant la disparitions d'agences publiques ou les coupes drastiques dans des politiques.
Réclamant depuis plusieurs des années le « retour de la puissance publique dans les politiques du logement », elle a estimé que « la difficulté à se loger n'est pas un échec personnel », mais « une erreur de politique publique, un abandon ». Emmanuelle Cosse a aussi défendu « sans concession » la loi SRU, qui impose à certaines communes un taux minimum de logements sociaux, alors qu'une proposition de loi sénatoriale propose d'assouplir cette obligation.
La mesure obtient les faveurs du ministre du Logement Vincent Jeanbrun qui a estimé mardi au Sénat qu'elle pourrait « inciter les élus à faciliter la construction de logements sociaux et intermédiaires », dont les loyers sont accessibles aux classes moyennes mais pas aux ménages à bas revenus. Le mouvement HLM attend du soutien du ministre du Logement « sur le budget évidemment, mais aussi sur la loi SRU, trop souvent caricaturée ». Pour Emmanuelle Cosse, il faut « la faire appliquer, pas amoindrir sa portée en faisant entrer des logements qui n'ont rien de sociaux ».
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Journal Officiel du mercredi 14 janvier 2026
Ministère chargé de la Ville
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