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Édition du jeudi 17 décembre 2020
Coronavirus

Stratégie vaccinale : trois phases étalées sur six mois et une première injection le 27 décembre

Le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, ont précisé devant les députés le calendrier des trois phases de vaccination qui attendent les Français en 2021. Annonce importante : les collectivités joueront un rôle plus important dans le volet « isolement des malades » à compter de janvier.

Alors qu'on apprenait ce matin que le président de la République, Emmanuel Macron, a été diagnostiqué positif au covid-19 et qu'en tant que cas contacts, le Premier ministre, Jean Castex, comme le président de l'Assembée nationale, Richard Ferrand, sont placés à l'isolement, la stratégie vaccinale du gouvernement se dessine. La première des 200 millions de doses de vaccins précommandées par la France (Pfizer et Moderna dans un premier temps) pourrait être injectée le 27 décembre, a affirmé, ce midi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Membres de la « task force »  européenne, l’exécutif français et l’ensemble des pays du Vieux continent sont, en effet, dans l’attente d’une série d’agréments avant de débuter (simultanément) leur campagne. Dans le détail, l’Agence européenne du médicament décidera ou non d’autoriser la mise sur le marché des vaccins le 21 décembre. « Nous attendons ensuite un avis de la Commission européenne (…) qui pourrait valider l'utilisation du vaccin en Europe le 23 décembre, a précisé Olivier Véran. Après quoi il y aura l'avis de ce qu'on appelle la commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé », entre le 24 et 28 décembre, a poursuivi le ministre. « Auquel cas, avec une coordination européenne (…) nous pourrions alors commencer à vacciner ».

Un million de Français à vacciner dans les Ehpad entre fin décembre et début février

La première des trois phases de la stratégie vaccinale du gouvernement pourrait alors débuter fin décembre avant « une montée en puissance »  en janvier, principalement dans les établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes (Ehpad) mais aussi dans les résidences autonomie et les résidences services. 
Etalée sur six à huit semaines, afin de « tenir compte du délai de 21 jours entre la première vaccination et le rappel », a précisé Jean Castex, cette première phase pourrait concerner près d’un million de personnes, comme le préconisait la Haute autorité de santé (HAS) fin novembre, parmi lesquelles les soignants - de plus de 65 ans ou présentant des risques de comorbidité - travaillant dans ces établissements. 
Une livraison d'1,16 million de doses de vaccins est attendue avant la fin de l'année 2020, puis 677 000 autres autour du 5-6 janvier, pour appuyer cette ambition. Les quelque 3,5 millions de doses reçues dans les deux prochains mois permettront donc de vacciner environ 1,7 million de Français, principalement des personnes âgées ou vulnérables et certains personnels soignants et d'Ehpad. 

14 millions de personnes concernées par la deuxième phase fin février

« Quand le virus entre dans un Ehpad, il s’arrête rarement à une seule personne, et nous avons constaté et déploré suffisamment de foyers qui ont coûté la vie à des dizaines de résidents », a justifié Olivier Véran, qui a, quelques minutes durant, « remis sa blouse de neurologue »  pour répondre aux thèses qu’il qualifie de complotistes. « Le vaccin n’a pas été mis au point par notre gouvernement ou un autre – américain, allemand, belge, chinois, russe ou de je ne sais quelle origine –, pas plus que le virus n’a été créé par un quelconque gouvernement. » 
« Viendra ensuite la deuxième étape, a poursuivi le ministre. La vaccination se fera en fonction des tranches d’âge : d’abord les plus de 75 ans, puis les plus de 65 ans. Elle concernera aussi les personnels de santé et du secteur médico-social, âgés de plus de 50 ans et présentant des comorbidités. » 
Cette deuxième phase devrait intervenir entre la mi et la fin février, selon le calendrier établi par le Premier ministre. Les élus urbains y participeront, a fait savoir France urbaine, qui a publié un communiqué ce matin. « Ils (aur)ont un rôle incontournable dans la stratégie pour identifier et entrer en contact avec ces publics, par la mobilisation des fichiers du Plan canicule, les actions des Centres communaux et intercommunaux d’action sociale (CCAS-CIAS) et le réseau des offices HLM ».

« Des centres de vaccination à taille humaine »  en phase 3 ?

Ce n’est, enfin, qu’au printemps que la vaccination sera ouverte au grand public. En priorité, « elle s’adressera aux personnes âgées de 50 à 64 ans, soit une partie importante de la population, aux professionnels des secteurs essentiels au fonctionnement du pays en période épidémique – la sécurité, l’éducation, l’alimentaire –, aux publics vulnérables et précaires ainsi qu’aux professionnels qui les prennent en charge, aux personnes qui vivent dans des hébergements confinés ou des lieux clos. Elle s’étendra enfin au reste de la population majeure »  à la fin du printemps.
« Pour cette étape, nous nous appuierons sur celles et ceux qui fondent le socle de notre système de santé, ceux à qui les Français font davantage confiance qu’à nous : les professionnels de santé de ville, en particulier les médecins », affirme le gouvernement.
A ce sujet, par la voix des maires de Lyon et de Limoges, « France urbaine a déjà alerté le gouvernement sur le risque d’engorgement, lors de la phase 3, conséquence probable de la vaccination de l’ensemble de la population. Les élus de France urbaine sont d’ores et déjà prêts à soutenir l’Etat, les médecins de ville et tous les acteurs mobilisés pour travailler à des organisations locales souples, visant à mettre en place des centres de vaccination à taille humaine ».

« Les collectivités prendront pleinement part »  à l’isolement des malades à partir de janvier

En parallèle à la gestion de la stratégie vaccinale, Jean Castex a aussi évoqué « une nouvelle approche »  s’agissant de l’isolement des personnes diagnostiquées positives au covid-19. Il a assuré « qu’en toute hypothèse, à partir du mois de janvier, chaque personne positive se verra proposer une visite à domicile par une équipe soignante, et un accompagnement social. C’est un investissement important, qui mobilisera plus de 1 500 infirmiers libéraux et 3 000 accompagnateurs sociaux par jour. Les collectivités territoriales, avec lesquelles nous sommes en relation permanente, prendront pleinement part au déploiement de cette nouvelle approche ».
En attendant d’en savoir plus sur le rôle des collectivités dans ce volet, signalons – s’il le fallait – que l’arrivée du vaccin ne marque malheureusement pas la fin de la pandémie. Hier soir sur RTL, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a prédit « la fin du tunnel »  à l’automne 2021.

Ludovic Galtier

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