Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du mercredi 4 mars 2026
Elections municipales

Élections municipales : la santé reste la préoccupation majeure des Français

Selon une enquête menée par France Assos Santé avec l'institut CSA, la santé arrive en tête des attentes Français vis-à-vis de leur maire (70 %). L'accès aux soins dans toutes les communes apparaît comme une priorité. Les administrés attendent aussi de leur futur maire qu'il les informe plus clairement sur les actions sanitaires menées localement.

Par Lucile Bonnin

Qu'ils résident dans une petite ou une grande commune, dans une aire urbaine ou rurale, la santé s’impose comme une priorité pour les administrés. 70 % des Français placent d’ailleurs la santé comme étant la première attente vis-à-vis de leur prochain maire, devant la sécurité des biens et des personnes (68 %), la lutte contre les incivilités (62 %) et la gestion des finances et de la dette de la commune (57 %). 

C’est ce que montrent les résultats d’une enquête menée par France Assos Santé en fin d’année 2025 dans le but de cerner les attentes des Français vis-à-vis de leurs élus locaux en matière de santé.

La santé et les maires du point de vue des administrés 

« Quelle est la perception de la population sur les domaines de compétences des maires en matière de santé ? », se sont demandé les enquêteurs à l’occasion de cette étude. 

Selon les résultats, les Français ont « une bonne connaissance des domaines de compétences des maires »  même si cette connaissance « reste perfectible ». Ils identifient principalement les domaines de l’hygiène et de la sécurité sanitaire comme relevant des compétences des maires. Cependant, le développement de la prévention, l’éducation à la santé et dépistage « mériteraient d’être davantage connus ».

Notons que les Français ayant des problèmes de santé ont de fait une meilleure connaissance des domaines de compétences des maires en la matière et les foyers avec enfants associent davantage la création d’environnements favorables à la santé et la prévention aux compétences des maires.

Si les compétences des maires en la matière sont plutôt maîtrisées par les administrés, les actions mises en place au cours du mandat manquent cependant de visibilité selon eux. Ce sont surtout les administrés de 50 ans et plus qui déplorent un manque d’information sur les actions des communes en matière de santé. Au total, 55 % des Français disent manquer d’informations sur les actions de santé menées. 

Plus préoccupant encore, la satisfaction des citoyens concernant les actions mises en place pour améliorer la santé des habitants est relative. Pour 47 % des sondés, l’action de leur maire est insuffisante en matière de santé – une insatisfaction plus forte auprès des 50 ans et plus et au sein des communes rurales. Cette insatisfaction peut être logiquement liée au manque de communication cité ci-dessus autour des actions mises en place par les municipalités. 

La participation des citoyens apparaît donc comme un levier pertinent pour sensibiliser à la gestion locale des questions sanitaires. Bonne nouvelle, selon le sondage : 92 % des Français souhaitent participer aux décisions et aux projets locaux en matière de santé. 

L’AMF rappelle cependant depuis plusieurs années que la santé « est avant tout une compétence nationale »  et que par conséquent le recul des déserts médicaux ne pourra pas uniquement dépendre des maires (lire Maire info du 5 mai 2025). 

Maisons de santé, qualité de l’eau, cantines 

 « Les Français attendent de leur prochain maire [qu'il prenne] des initiatives visant à promouvoir aussi bien l’accès aux soins qu’un environnement favorable à leur santé », indiquent les auteurs. 

Pour ce qui concerne l’accès aux soins, « l’installation de centres et/ou maisons de santé pluriprofessionnelles s’impose avec 93 % d’avis favorables. »  Rappelons à cette occasion que le gouvernement a introduit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 une mesure pour la mise en place d’un Réseau France santé qui prévoit la création de 5 000 maisons France Santé d’ici 2027, sur un modèle inspiré des maisons France Services. 

91 % des sondés sont aussi favorables à ce que des mesures soient prises pour « faire venir des étudiants en médecine dans la commune »  et 90 % le sont pour mettre à disposition des locaux ou logements pour les médecins, infirmiers, kinés, dentistes.

Lorsque l’on sort de la problématique de l’accès aux soins, les attentes n’en sont pas moins importantes. 96 % des Français souhaitent que la qualité de l’eau soit davantage protégée, 93 % sont favorables à un service de repas sains et durables dans la restauration collective (crèches, écoles, ehpad, ...) en augmentant le bio, supprimant les additifs néfastes à la santé et le plastique en contact avec les aliments.

89 % des Français sont favorables à la mise en place de mesures pour « protéger les enfants durant leurs 1000 premiers jours (du début de la grossesse jusqu’à leurs deux ans) des expositions dangereuses aux substances chimiques, aux perturbateurs endocriniens, au plomb, … par l’adaptation des pratiques dans les crèches, écoles, cantines, lieux d’accueil de la petite enfance (produits d’entretien, ustensiles de cuisine, jouets, matériaux) et par des actions de sensibilisation et les bons gestes à adopter sur l’alimentation et le logement à destination des femmes enceintes. » 

D’autres propositions formulées par France Assos Santé semblent séduire les citoyens comme la possibilité de freiner l’implantation des fast-foods à proximité des établissements scolaires (81 % favorables) ou encore la mise en place d’un règlement local de publicité restrictif sur les produits qui nuisent à la santé (80 % favorables). 

Cette étude fait écho à un autre travail mené par l'Institut Terram, qui s'intéresse aux attentes exprimées par les citoyens en matière d'écologie et notamment au regard qu'ils portent concernant les actions menées par leurs municipalités. L’écologie n’est plus une politique publique à part mais est désormais intrinsèquement liée à d’autres enjeux et notamment à celui de la santé publique (lire Maire info du 3 février). La santé tend elle aussi à ne plus se limiter à la seule question de l’accès aux soins. Elle est aussi un « déterminant électoral transversal ». 

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