Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 9 mars 2026
Sports

Valoriser la place des femmes dans le sport : de bonnes pratiques à mettre en oeuvre localement

Hier, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative a publié un guide de bonnes pratiques pour promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes dans les associations sportives.

Par Lucile Bonnin

La pratique sportive féminine progresse. En 2025, 61 % des femmes de plus de 15 ans déclarent pratiquer une activité sportive régulière, soit 10 points de plus qu’en 2018. 62 % des hommes pratiquent un sport régulièrement, soit une progression de 5 points sur la même période. L’écart se réduit « à 1 point en 2025, contre 6 points en 2018 et encore 4 points en 2024 ».

« Cette dynamique positive »  ne doit cependant pas dissimuler le fait que « les femmes restent encore sous-représentées dans de nombreux domaines du sport : encadrement, gouvernance des structures, arbitrage, bénévolat, pratique sportive ou encore visibilité médiatique », explique le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.

Le ministère a réalisé un nouveau guide avec le concours de la Fondation Alice Milliat (1) – première fondation européenne en faveur du sport féminin – un guide proposant des pistes d’action concrètes pour favoriser la participation des femmes au sein des associations sportives.

Des outils pour les clubs sportifs locaux 

Ce guide de 48 pages prodigue de précieux conseils aux différents acteurs du monde du sport en France et notamment dans les clubs sportifs associatifs.
Le ministère rappelle d’abord que « chaque début de saison offre aux clubs l’opportunité d’évaluer leurs effectifs : pratiquants, dirigeants, entraîneurs, arbitres, salariés et bénévoles », ce qui peut in fine permettre « de fixer de nouveaux objectifs et d’adapter les actions menées ».

De même, « la communication est un axe de travail essentiel pour permettre aux associations de montrer de la considération pour les femmes engagées dans le club ». L’AS Valognes Football (Manche) a par exemple présenté un « projet vidéo centré sur le parcours de trois jeunes joueuses qui racontent leur arrivée au club, les situations sexistes qu’elles ont pu vivre au cours de leur parcours, et leur engagement ».

D’un point de vue plus pratique, « les offres sportives doivent être variées et accessibles, incluant une forte amplitude horaire (tôt le matin à tard le soir, ainsi que sur le temps du déjeuner) et des thématiques adaptées à tous les âges, pour faire découvrir la pratique de manière ludique ».

Le rôle des collectivités territoriales 

Seules 13,7 % des collectivités font du sport au féminin une priorité explicite, selon une enquête de l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes) datant de 2018, alors que 51 % l’intègrent implicitement au sein des politiques publiques sportives. « Parmi les collectivités qui mettent en avant la féminisation, 47 % le font via des subventions directes pour le sport féminin, 37 % déclarent le financer indirectement, quand 26 % mettent en place un système de créneaux horaires réservés pour les femmes ».
Pour impliquer davantage et plus clairement les collectivités, le ministère insiste sur l’importance de la collaboration entre les acteurs locaux.

La coopération entre les acteurs sportifs d’un territoire (l’intégralité des clubs, les associations, les établissements scolaires) et les collectivités est indispensable. Elle peut en effet « faciliter le partage des infrastructures et optimiser leur utilisation »  et « ouvrir l’accès à de nouveaux créneaux ou à des équipements complémentaires ». 

Cette dimension partenariale fait l’objet d’une grande partie du guide, et le ministère insiste sur le fait que les collectivités, « institutions publiques, entreprises privées, sponsors, associations et médias jouent un rôle clé dans la structuration, le financement et la visibilité des projets sportifs féminins. » 

Par exemple, le guide encourage « une collaboration entre un club sportif et les collectivités locales, centrée sur le public féminin (…) autour d’objectifs communs : égalité, inclusion, santé publique, et accès au sport pour toutes ». Parmi les bonnes pratiques présentées dans le guide on retrouve l’initiative de la ville de Lyon qui « a décidé d’accorder un traitement égalitaire aux tournois masculins et féminins de tennis ». « Cette décision avait vocation à corriger un constat d’inégalité. Jusqu’alors, la subvention du tournoi masculin était trois fois supérieure à celle du tournoi féminin. » 

Consulter le guide. 

(1)   « Militante des droits des femmes et du droit à l’éducation physique et sportive pour toutes et tous, Alice Milliat est une véritable pionnière du sport international. Originaire de Nantes, elle découvre le monde sportif en Angleterre dans les années 1900, s’essayant aussi bien à l’aviron et à l’athlétisme qu’au hockey sur gazon. » 
 

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