Prix de l'énergie : le gouvernement annonce de premières mesures qui déçoivent les professionnels
Par Franck Lemarc
Il a suffi d’une déclaration surprise du président américain Donald Trump hier, annonçant que la guerre dans le Moyen-Orient touchait à sa fin et que des négociations étaient en cours pour un cessez-le-feu, pour que les prix du pétrole chutent spectaculairement en quelques minutes. Mais il n’a guère fallu plus du temps pour que chacun s’aperçoive que ces déclarations ne semblaient pas refléter la réalité et que les prix repartent à la hausse – le cours du pétrole dépasse toujours les 100 dollars, ce matin.
Malheureusement, sur le terrain, ces déclarations ne semblent en effet pas vraiment suivies d’effet, puisque les frappes continuent, dans les deux camps. Ce sont notamment des installations énergétiques qui ont été frappées, ce matin, en Iran, malgré la menace de ce pays de frapper en retour des infrastructures pétrolières, gazières voire de désalinisation de l’eau dans les pays du Golfe.
Tout porte donc à croire que la crise n’est pas près de s’arrêter – comme semble donc le penser le chef de l’État français, Emmanuel Macron, qui a convoqué pour aujourd’hui un nouveau conseil de défense consacré à la dégradation de la situation dans le golfe Persique.
Hausse rapide des prix
En France, professionnels comme particuliers ont pu constater que les prix des carburants continuent leur envolée voire que celle-ci s’accélère : dans de nombreuses stations, comme on peut le constater sur le site officiel prix-carburants.gouv.fr, le prix du litre de gazole dépasse régulièrement les 2,30 euros, voire frise les 2,60 euros sur certaines autoroutes ! Une évolution qui fait entrevoir à beaucoup d’automobilistes le spectre, loin d’être inimaginable, d’un gazole à 3 euros le litre dans quelques semaines si la guerre se poursuit.
Le gouvernement s’est donc résolu hier à annoncer de premières mesures de soutien en direction de deux secteurs – la pêche et le transport.
Reconnaissant que cette crise « impacte directement la rentabilité des navires », la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud n’a pas annoncé de diminution des taxes sur le gazole non routier, comme l’espéraient les professionnels, mais des mesures « de soutien à la trésorerie » : échelonnement des cotisations sociales « sans frais ni majoration », étalement des échéances fiscales et « prêts de trésorerie ».
Ces mesures sont soigneusement choisies, dans le contexte bien connu de restrictions budgétaires : si elles retarderont certaines rentrées dans le budget de l’État, elles ne constitueront ni une dépense ni une diminution des recettes.
Étalement
Dans le secteur du transport routier, le ministre Philippe Tabarot a lui aussi reçu les fédérations professionnelles et il a annoncé, hier, les même mesures que dans le secteur de la pêche. Il a également été demandé aux chargeurs (les clients des transporteurs) de « réduire leurs délais de paiement pour soutenir les transporteurs », « dans la mesure du possible ». Le gouvernement a également annoncé qu’à titre temporaire, à la demande de la Fédération nationale des transports routiers, l’indice de référence du gazole sera publié tous les quinze jours et non tous les six mois.
Aucune aide directe n’a donc été annoncée ni dans l’un ni dans l’autre secteur, ce qui a clairement déçu les professionnels, qui ont qualifié ces annonces de « mesurettes ».
Agir sur l’offre
Le gouvernement – tout comme l’Union européenne – espère également pouvoir jouer sur l’offre et la demande pour faire diminuer les prix. Le commissaire européen à l’Énergie a par exemple proposé, en cette période post-hivernale, que les États membres fassent preuve de retenue lors de la reconstitution de leurs stocks de gaz, les appelant à reconstituer ces stocks à hauteur de 80 % au lieu de 90 %, afin de diminuer la pression sur les marchés.
En France, le gouvernement invite les raffineurs à augmenter leur production, là encore pour renforcer l’offre et faire diminuer les prix. Cette mesure ne devrait, toutefois, par avoir de très fortes répercussions, dans la mesure où plusieurs raffineurs, dont le principal, TotalEnergies, indiquent qu’ils travaillent déjà aux maximum de leurs capacités.
Pour l’instant, aucune autre mesure n’a été annoncée, ni pour les agriculteurs – pourtant tout aussi touchés que les pêcheurs, ni pour le secteur du bâtiment, ni pour celui du transport public. Quant aux automobilistes, ils semblent pour l’instant complètement oubliés par le gouvernement.
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