Paiement des factures : plus rapide et sans frais pour les collectivités, le « virement simplifié » débarque en décembre
Par A.W.
Plus simple, plus rapide, moins cher. D’ici la fin de l’année, la Direction générale des finances publiques (DGFIP) va généraliser un nouveau moyen de paiement en ligne, qui fera office d’alternative à la carte bancaire et surtout au chèque. Deux méthodes proposées par le fisc pour payer certaines factures et impôts qui seront donc, à partir de « décembre 2026 » donc, concurrencées par le « virement simplifié » .
Jusqu’à présent, le portail de paiement du Trésor public, PayFip, propose deux moyens de paiement en ligne pour les factures locales et hospitalières : soit la carte bancaire (qui nécessite la saisie de son numéro, de sa date d’expiration et du code de sécurité au dos de celle-ci), soit le prélèvement unique (qui nécessite une authentification préalable via impots.gouv.fr et la saisie de l’IBAN du compte bancaire du payeur). Deux méthodes qui manquent un peu de fluidité.
Paiement « d’un clic »
Pour faciliter la tâche des particuliers pour régler les crèches, les cantines, mais aussi les parkings ou autres créances locales, le fisc va donc intégrer à PayFiP une troisième option de paiement, après l’avoir expérimentée avec plusieurs collectivités locales et certains hôpitaux depuis 2024. Déployé avec l’aide de la jeune pousse française Fintecture, ce dispositif utilise « l'initiation de paiement », une technologie autorisée par la réglementation européenne qui fait le lien directement entre le service public et la banque de l’usager de manière sécurisée.
Le virement est ainsi nettement plus simple que via les autres paiements puisqu’une fois connecté sur PayFiP et sur la page de paiement de sa facture, l’usager n’aura qu’à sélectionner sa banque, s’y connecter (avec les identifiants qu’il utilise habituellement pour accéder à son espace bancaire personnel) et payer « d’un clic ». « Une double validation, via son application bancaire par exemple, lui sera demandée pour sécuriser l’opération », précise la DGFiP.
Dans l’intervalle, PayFiP aura dialogué avec la banque pour « fabriquer le projet de virement » et déterminer le montant à payer pour l’usager, sans que celui-ci ait quoi que ce soit à faire. L’usager n’a donc à saisir « aucune information de numéro de carte bancaire, d’IBAN ou quoi que ce soit d’autre ». Pas de risque d’erreur donc lors de la saisie particulièrement rébarbative des 27 caractères de l’IBAN.
Mais le processus est aussi simplifié pour le comptable public. « Lors de la préparation du virement, le libellé de ce dernier est déterminé par la DGFiP, ce qui permettra, lors de la réception du virement, d’automatiser le rapprochement bancaire et l’émargement de la créance dans les outils de gestion de la DGFiP, améliorant ainsi la tenue des comptes de la collectivité », fait valoir le fisc.
Virement « en moins de 10 secondes »
D’après les conclusions de l’expérimentation, « les usagers tentent spontanément d’utiliser ce mode de paiement, et une fois qu’ils l’ont testé, ils l’utilisent à nouveau pour d’autres factures », observe l’administration fiscale en constatant que « l’utilisation du virement simplifié fait diminuer l’usage de la carte bancaire, ce qui répond exactement à l’objectif visé : diminuer les coûts d’encaissement pour les collectivités ».
Car l’un des avantages majeurs de cette nouvelle méthode, c’est que l’opération ne présente « aucun coût spécifique » pour la collectivité qui encaisse. « Pas de commission commerçant carte bancaire… et la DGFiP assume le coût de fabrication et de réception du virement », assure cette dernière, qui affirme n'accéder « en aucun cas » aux informations du compte bancaire utilisé, que ce soit son solde ou les opérations récentes. L'État ne voit ni ne stocke donc pas les informations bancaires des usagers.
En outre, ce nouveau moyen de paiement accélère la procédure puisque « la collectivité encaisse plus rapidement » l’argent sur son compte. « Là où un prélèvement unique est exécuté à J+3, le virement sera : soit un virement classique qui sera reçu à J+1 (comme un encaissement par carte bancaire), soit, dès la disponibilité du service, il pourra s’agir d’un virement instantané qui sera reçu en moins de 10 secondes ».
Reste qu’une trace de l’opération est envoyée par courriel au payeur, à l’adresse qu’il aura indiquée au début du processus de paiement. « Les usagers qui ne disposent pas de carte bancaire peuvent donc payer en ligne par virement simplifié, dans les meilleures conditions de sécurité », souligne la DGFiP.
Par ailleurs, la mise en place d’un autre dispositif de paiement dématérialisé, instantané et moins coûteux que la carte bancaire, Wero, pourrait arriver à partir de 2027 ou 2028.
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