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Édition du lundi 23 mars 2026
Emploi

Emploi : le taux de chômage progresse dans la quasi-totalité des régions

Alors que le taux de chômage a augmenté de 0,6 point en un an sur l'ensemble du pays, seules la Martinique et La Réunion ont réussi à le réduire en 2025, selon l'Insee. Dans ce contexte, Régions de France vient de trouver un accord avec le gouvernement pour amoindrir la baisse des financements de l'État prévue initialement en 2026 au titre de la formation des demandeurs d'emploi.

Par A.W.

Sur un an, le taux de chômage en France a progressé dans la quasi-totalité des régions. C’est ce que relève l’Insee, dans une note parue vendredi, dans laquelle l’institut constate qu’au quatrième trimestre 2025, ce taux a augmenté de 0,6 point par rapport à l’année précédente et s’établit désormais à 7,9 % de la population active.

Entre le quatrième trimestre 2024 et le quatrième trimestre 2025, le taux de chômage a ainsi augmenté partout, sauf dans deux régions ultramarines, les territoires ultramarins recensant d’ailleurs à la fois les meilleurs et les moins bons résultats du pays. À noter que Mayotte n'est pas inclus dans l'étude.

En Outre-mer, les hausses et les baisses les plus fortes

Pour sept régions, les hausses sont supérieures à 0,6 point, les plus élevées se situant dans les Hauts-de-France (+0,8 point), en Guadeloupe (+1,5 point) et en Guyane (+2,2 points). À l’opposé, la Martinique et La Réunion ont, elles, réussi à réduire leur taux de chômage, respectivement de 1 % et de 0,5 %. Ce sont les seules du pays.

Reste que, fin 2025, le taux de chômage restait « toujours le plus élevé dans les régions d’Outre-mer avec des taux s’échelonnant de 12,5 % en Martinique à 17,5 % en Guyane », tandis qu’en métropole, seules la Provence-Alpes-Côte d’Azur (8,4 %), l’Occitanie (9,4 %) et les Hauts-de-France (9,5 %) ont vu leur taux de chômage dépasser la moyenne nationale (7,9 %).

À l’inverse, il est le plus faible à l’ouest du pays, en Bretagne (6,4 %) et dans les Pays de la Loire (6,5 %). Dans ces deux régions, les taux de chômage de l’ensemble des départements qui les composent restent d’ailleurs inférieurs à la moyenne nationale, alors que « les situations au sein d’autres régions peuvent être beaucoup plus contrastées ». C’est le cas notamment de l’Île-de-France où le taux de chômage est plus faible à Paris (6,1 %) et dans les Hauts-de-Seine (6,8 %) qu’en Seine-Saint-Denis (10,8 %). « Le contraste est encore plus fort en Occitanie, entre la Lozère, deuxième département au taux de chômage le plus bas (4,8 %) et les Pyrénées-Orientales où il est le plus élevé de France métropolitaine (12,7 %) », expliquent les auteurs de la note.

Au niveau départemental, hormis les territoires ultramarins, seule la Creuse échappe à la hausse de son taux de chômage et reste stable, tandis que ce sont la Haute-Garonne, le Nord et le Vaucluse qui ont subi les plus fortes progressions, à hauteur de 1 %.

L’emploi salarié recule légèrement

En parallèle, le niveau de l’emploi salarié total a reculé de 0,2 % en fin d’année 2025 par rapport à l’année précédente, alors qu’il était « stable entre le quatrième trimestre 2023 et le quatrième trimestre 2024 ». En fin d’année dernière, l’emploi salarié a ainsi reflué dans onze régions par rapport à un an plus tôt. 

Les baisses les plus importantes sont recensées en Nouvelle-Aquitaine (- 0,5 %), en Bourgogne-Franche-Comté (- 0,6 %) et la Guadeloupe (- 0,6 %). À l’inverse, l’emploi salarié a progressé en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 0,2 %), à La Réunion (+ 0,3 %) et en Guyane (+ j1 %).

Au niveau départemental, il baisse « dans six départements sur dix »  et recule de « plus de 0,6 % dans vingt départements, tous métropolitains ». C’est dans l’Orne (- 1,7 %), la Charente (- 1,5 %) et le Territoire de Belfort (- 1,4 %) qu’il diminue le plus fortement. À l’opposé, il augmente de 0,2 % à 1,4 % dans 18 départements, « principalement dans le sud et sud-est de la France métropolitaine et dans deux départements ultramarins, La Réunion (+ 0,3 %) et la Guyane (+ 1 %) ».

Formation : une baisse moindre que prévu

Trois semaines après avoir critiqué la baisse importante de la contribution de l’État en 2026 dans le cadre des Pactes régionaux d’investissement dans les compétences (Pric), les régions ont trouvé un accord avec le gouvernement et finalement obtenu 150 millions d’euros supplémentaires. 

S’ajoutant aux 377 millions d’euros débloqués initialement par le ministère du Travail et des Solidarités, ce seront donc 527 millions d’euros qui seront alloués par l’État aux régions au titre de la formation des demandeurs d’emploi, selon une information relayée par AEF info et Localtis. En contrepartie, elles devront toutefois octroyer une avance de trésorerie à l’État de 60 millions d’euros pour ces Pric.

Cette réévaluation des engagements de l’État reste, cependant, bien en deçà des quelque 855 millions d’euros contractualisés il y a trois ans. Fin février, Régions de France s’était ainsi indignée de la « décision unilatérale »  du gouvernement de réduire de 56 % les crédits du budget 2026 dédiés à la formation des demandeurs d'emploi pour les fixer à 377 millions d’euros. Avant que le gouvernement ne décide de les réévaluer, cette décision risquait d’entraîner la suppression de plus de 60 000 places, estimait l’association. 

« Du jamais vu depuis 2019, année de mise en place de ce mécanisme contractuel entre l’État et les régions », dénonçaient les régions. « L’État, qui avait tenu ses engagements jusqu’en 2025, renie donc sa parole. Les régions, dont les recettes reculent en raison d’une loi de finances qui les a particulièrement pénalisées, n’auront absolument pas les moyens de compenser cette perte sur leurs budgets propres », avaient-elles mises en garde.
 

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