Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du vendredi 10 avril 2026
Santé publique

Drogues et conduites addictives : un nouveau guide destiné aux maires

L'AMF et la Mildeca ont publié hier la nouvelle édition de leur « guide du maire face aux drogues et aux conduites addictives ». Elles portent une attention particulière à l'évolution rapide des pratiques : la progression de la cocaïne, les drogues de synthèse ou encore l'usage de protoxyde d'azote et le développement des additions aux jeux ou aux écrans.

Par A.W.

Afin d’accompagner les maires face à l’évolution des conduites addictives, l’AMF et la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) ont publié, hier, la troisième édition de leur guide visant à améliorer la prévention et la lutte contre l'usage des drogues et les conduites addictives.

Dans cette mise à jour, elles s’attardent particulièrement sur les trafics de stupéfiants et l'implication des mineurs, ainsi qu’aux attentes croissantes des habitants en matière de tranquillité et de sécurité publiques. 

Narcotrafic, protoxyde, écrans et jeux

« Face au narcotrafic, qui concerne désormais les métropoles comme les petites communes rurales, ainsi qu’aux autres trafics et addictions, les maires peuvent agir, sur le plan de la sécurité, de la répression, de la prévention et de l’accès aux soins », explique le président de l’AMF, David Lisnard, en rappelant toutefois que cela doit s’accompagner d’une « prise de conscience générale et une action de l’Etat, responsable des politiques de sécurité et de santé ».

La progression de la cocaïne, les drogues de synthèse, l’usage de protoxyde d’azote ou encore le développement des addictions sans substances (écrans, jeux) mettent les collectivités locales « en première ligne », rappellent l’AMF et la Mildeca, dans un communiqué publié également hier. 

Si « jusque dans les années 2000-2010, le paysage des drogues et des conduites addictives était dominé par les consommations de tabac, d’alcool et de cannabis », c’est désormais « la cocaïne [qui] a déferlé sur la France », rappelle de son côté le président de la Midelca, Nicolas Prisse. En parallèle, « les drogues de synthèse font peser une menace sérieuse, les bonbonnes de protoxyde d’azote jonchent les trottoirs de nombreuses communes, les jeux d’argent et de hasard sont en expansion et la généralisation des usages numériques a entraîné l’émergence de conduites addictives avérées ou fortement suspectées : jeu vidéo, réseaux sociaux, etc. ».

Or « le maire a un rôle essentiel à jouer aux côtés des services de l’État, des familles, des professionnels et des associations pour protéger les plus jeunes, réduire les comportements addictifs et en limiter les conséquences en matière de santé, de sécurité et de vivre-ensemble », souligne Nicolas Prisse. « Bien que la lutte contre les conduites addictives ne soit pas définie comme une compétence municipale, il est appelé à y concourir pour répondre aux attentes légitimes des habitants lorsque l’action seule de l’Etat ne suffit pas », constate le président de l’AMF. 

Différents leviers

Pour aider les maires, ce guide actualisé présente donc « les leviers »  dont ces derniers disposent pour prévenir et lutter contre les conduites addictives. Il propose ainsi de leur fournir « des repères opérationnels et des outils concrets pour agir efficacement face à des pratiques addictives en mutation et à un narcotrafic désormais diffus sur l’ensemble du territoire ».

Concrètement, les maires peuvent d’abord mener des actions auprès de leurs administrés, à travers « des actions de prévention, d’éducation, d’accès à l’accompagnement et aux soins, notamment en direction des jeunes et des publics vulnérables ». Ils peuvent également repenser l'organisation de l'espace public pour prévenir les conduites à risque, et agir « en coordination avec l'Etat, les associations et les professionnels de santé »  afin de « retarder l’âge des premières consommations, réduire la fréquence des comportements addictifs et en limiter les conséquences sanitaires et sécuritaires ».

Ils peuvent, en outre, mettre en place « des politiques de prévention », mais aussi interdire la vente d’alcool aux mineurs dans le cadre de leurs pouvoirs de police administrative afin de « garantir la tranquillité publique et le respect de la loi, en particulier lors d’événements festifs ».

Le guide recense notamment les différentes structures de soins en addictologie et dresse donc la liste des addictions possibles. Il consacre également une large part aux jeux d'argent et de hasard, dont l'âge de première expérimentation était de 13,3 ans en moyenne en 2021, ainsi qu'aux écrans, sur lesquels 39 % des 18-24 ans passent plus de 5 heures par jour pour un usage personnel.

S’agissant du fléau du narcotrafic, on peut que constater les chiffres qui sont en augmentation année après année. « On estime que rentrent en moyenne 100 tonnes de stupéfiants par an en France, dont 27,7 tonnes de cocaïne en 2022. C’est cinq fois plus qu’il y a dix ans. Cette expansion se matérialise très concrètement sur le terrain avec près de 3 000 points de deal et 240 000 personnes vivant du narcotrafic dont 21 000 à plein temps », rappelle ainsi David Lisnard. 

Consulter le guide.
 

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