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Édition du lundi 11 mai 2026
Jeunesse

Colonies de vacances : un loisir encore réservé à certains enfants, selon l'Injep

Les départs des enfants de 11 ans en colonie de vacances restent faibles, selon la dernière étude publiée par l'Institut national de la Jeunesse et de l'Éducation populaire (Injep). Aides financières, souhaits de l'enfant, niveau d'études des parents  : plusieurs facteurs influencent le départ en colonie de vacances des plus jeunes.

Par Lucile Bonnin

« Seuls 15 % des enfants de 11 ans appartenant à des ménages allocataires de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) ou de la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) –  ou ménages allocataires – sont partis en colonie de vacances en 2024 » , pointent les deux auteures d’une enquête de l’Injep portant sur les vacances des enfants de 11 ans en France dans le cadre de l’évaluation du nouveau dispositif de l’État Pass colo (lire Maire info du 3 novembre 2025).

Dans cette enquête dévoilée le 7 mai dernier, on apprend que le départ en colonie reste très marqué socialement avec notamment des familles modestes avec des enfants de 11 ans qui partent moins, principalement pour des raisons financières mais aussi culturelles et liées à la confiance.

Des écarts sociaux marqués 

Premièrement, « le fait de partir dépend avant tout des revenus des familles, les plus aisées faisant plus partir leurs enfants » , pointent les auteures. En effet, environ un enfant sur dix prend la route vers un séjour en colonie de vacances lorsque le quotient familial est inférieur à 1 200 euros contre près de 3 fois plus dans les familles aux
quotients familiaux les plus élevés (plus de 2 500 euros).

Autre enseignement marquant : « le fait d’avoir des parents plus diplômés ou partis en colonie de vacances pendant leur enfance favorise également les départs ». 26 % des parents ayant un diplôme supérieur ou égal à bac + 5 ont fait participer leur enfant de 11 ans à un séjour en colonie de vacances en 2024, contre 11 % des parents ayant le baccalauréat. De même, il apparaît que « les familles monoparentales font moins souvent partir leurs enfants en colonie de vacances que les couples ». 

L’enquête met en avant l’importance de ce que les auteures appellent « la culture des colonies de vacances »  c’est-à-dire l’existence d’une « expérience préalable des parents et/ou des frères et sœurs en colonie de vacances, qui rend les parents plus enclins à faire partir l’ensemble de leurs enfants » . Ainsi 19 % des parents partis en colonie de vacances dans leur enfance ont fait partir leur enfant de 11 ans en colonie en 2024, contre 12 % des parents n’étant jamais partis.

Aides financières et sensibilisation 

Pass'Colo, aides de la Caf, Colos apprenantes, aides des collectivités ou encore aides délivrées par ls CSE ou associations : 45 % des ménages ayant un quotient familial inférieur à 700 euros déclarent que l’aide financière a été déterminante dans leur décision. 

Pourtant, certains dispositifs comme le Pass colo peinent à atteindre leur cible. Si 72 % des ménages allocataires Cnaf ou CCMSA avec un enfant de 11 ans en 2024 étaient éligibles au Pass’Colo (soit 554 000 enfants), seulement 3 % des ménages y ont recouru. Dans son bilan du dipositif, l’Injep préconisait « une communication nationale de plus grande ampleur, mais surtout la mobilisation de relais sur le territoire ».

Aussi, il ne faut pas négliger le fait que le facteur « le plus souvent cité par les parents interrogés sur les principales raisons pour lesquelles ils ont inscrit leur enfant en colonie de vacances est le souhait de leur enfant de partir en séjour ». D’autant que, selon l’enquête, les parents dont les enfants sont déjà partis jugent très majoritairement que les colonies favorisent l’autonomie proposent des activités de qualité et offrent un bon encadrement. 

Si les collectivités peuvent agir pour donner l’envie aux plus jeunes par le biais d’initiatives comme des interventions dans les écoles ou dans les accueils collectifs de mineurs, la question des moyens disponibles se pose avec acuité. La loi de finances pour 2026 a supprimé l’aide financière de l’État dédiée aux colos apprenantes (36,8 millions d’euros en 2025), au profit d’une aide financière plus large et moins importante de la part de la CNAF (20 millions d’euros) pour des séjours destinés aux jeunes des quartiers prioritaires via l’Aide aux vacances enfants (AVE). 

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