Baisse du soutien de l'État aux tiers-lieux : une menace pour le dynamisme des territoires
Par Lucile Bonnin
En février dernier, l’Association Nationale des Tiers-Lieux (ANTL) a dénoncé par voie de communiqué et « avec la plus grande fermeté la suppression des aides directes aux tiers-lieux » dans la loi de finances 2026.
« Cette décision, prise sans concertation, met en péril l’équilibre de 3 500 tiers-lieux en France, qui emploient 30 409 personnes en CDI, hébergent 47 858 structures (entreprises, associations, artisans) et génèrent un chiffre d’affaires annuel de 882 millions d’euros » , indique l’ANTL.
Des moyens en constante baisse
Les acteurs du mouvement associatif et des tiers lieux dénoncent à la fois la fin des aides directes aux tiers-lieux qui « sonne comme un coup d’arrêt pour des milliers de projets locaux » et la fin programmée du GIP « France Tiers-Lieux » qui risque d’entrainer la fermeture de « centaines de tiers-lieux risquent la fermeture pure et simple, incapables d’assumer seuls le poids de leurs charges, malgré une diversification des sources de financement ». Rappelons que 49 % du financement des tiers-lieux provient de subventions publiques.
« Pour les collectivités locales, le message est clair et brutal : après avoir misé sur ces lieux pour redynamiser leurs communes, les voilà abandonnés en pleine crise, sans filet de sécurité ni perspective de relance, explique Olivier Ruault directeur du plaidoyer de l’ANTL. Un signal désastreux, qui risque d’aggraver encore les fractures entre métropoles et territoires ruraux. »
Dans une question écrite publiée au Journal officiel en février, le député Stéphane Mazars interroge le gouvernement sur le soutien de l’État aux projets de tiers-lieux. Il explique que le « projet de loi de finances pour 2026 ayant été définitivement arrêté par l'engagement de la responsabilité du Gouvernement sur le fondement de l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, les crédits inscrits en loi de finances ne permettent pas, en l'état, d'identifier de manière suffisamment lisible le niveau d'engagement financier de l'État en faveur de cette politique publique pour l'année 2026. » Le député interroge ainsi le gouvernement les orientations budgétaires que le gouvernement entend retenir pour l'année 2026 en matière de soutien aux projets de tiers-lieux.
Rappelons que les tiers-lieux, tout comme le reste du monde associatif, connaissent des difficultés financières graves et font face à la baisse drastique du soutien financier de l’État depuis plusieurs années. Alors que 13 millions d’euros de crédits avaient été votés en 2025, seulement 7,5 millions d’euros ont finalement été accordés.
« Infrastructure vitale pour les territoires »
« Les tiers-lieux ne sont pas un luxe, mais une infrastructure vitale pour les territoires. Les supprimer des budgets publics, c’est condamner des milliers de projets et fragiliser l’économie locale, souvent rurale ou dans les quartiers de la politique de la ville » , insiste Olivier Ruault dans le communiqué.
Le député macroniste Stéphane Mazars rappelle de son côté l’importance des tiers-lieux qui « constituent aujourd'hui un levier reconnu de revitalisation économique, sociale et culturelle des territoires, en particulier dans les zones rurales, périurbaines et les quartiers en renouvellement urbain. Ils jouent un rôle structurant en matière d'innovation sociale, d'accès aux services, de développement de l'économie locale et de renforcement du lien social, en lien étroit avec les collectivités territoriales et les acteurs locaux. »
Dans ce contexte, l’ANTL appelle à une mobilisation générale des territoires et interpelle les équipes municipales futures à soutenir les tiers-lieux : « Montrez à vos électeurs que vous défendez les espaces qui font vivre vos communes » , peut-on lire dans le communiqué. L’ANTL interpelle enfin les préfectures afin qu’elles se saisissent du dossier « pour alerter les ministères et proposer des solutions de substitution des crédits. »
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