Maire-info
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Édition du mardi 15 septembre 2026
Logement

Avec des loyers qui continuent de progresser, le logement reste « un poste majeur » dans le budget des Français

En 2025, les dépenses de logement représentaient encore 28 % de la consommation totale des ménages. Un poids qui a « plus que doublé » depuis les années 1960, relève un rapport publié hier. Dans ce contexte, la proposition de loi défendue par certains députés afin de prolonger l'encadrement des loyers va être examinée par les sénateurs à l'automne.

Par A.W.

La part des dépenses de logement pèse toujours aussi lourd dans le budget des ménages, alors même que la construction reste sérieusement en berne. C’est ce que révèle un rapport du Service des données et études statistiques (SDES) consacré au « compte du logement 2025 »  et publié hier. Comme chaque année, il dresse un panorama de l’ensemble des dépenses réalisées sur les 38,5 millions de logements que compte le pays et de leur financement. 

Des loyers en hausse de près de 3 %

Sans surprise, le logement demeure « un poste majeur »  pour les ménages. Globalement, les dépenses de logement – composées des loyers, mais aussi des dépenses d’énergie, d’eau, d’entretien et de réparation – représentent 28 % de la consommation totale des ménages. « Une part stable mais élevée », rappellent les auteurs de l’étude, qui soulignent que « leur poids dans la dépense totale suit une tendance haussière »  puisqu’il « a plus que doublé entre les années 1960 et 2020 ». 

Reste que son poids a tendance à « légèrement baisser depuis 2014 (28,6 %) en dehors de l’effet crise sanitaire ». Dans le détail, « les dépenses en service de logement progressent de 2,2 % et contribuent à hauteur de 0,6 point à la hausse de 1,2 % de l’ensemble des dépenses de consommation des ménages »  en 2025, selon les éléments publiés par le gouvernement.

Et si « les dépenses courantes (loyers, charges, énergie, entretien) ralentissent avec une progression limitée à 1,9 % (après +4,6 % en 2024) », ce ralentissement s’explique par « une moindre hausse des prix après des années de forte inflation ». En revanche, les loyers, eux, « continuent d’augmenter »  (+ 2,9 %), mais à un rythme, toutefois, « plus modéré que les années précédentes ». Pour ce qui est des dépenses d’énergie, elles reculaient de 3,6 % en 2025 « en raison du reflux des prix », constatent ainsi les auteurs du rapport. La guerre autour du détroit d’Ormuz devrait avoir raison de cette baisse, dès cette année, puisque les coûts de l’énergie sont en nette augmentation depuis le début de 2026.

Construction : un niveau « historiquement faible » 

Alors que le logement reste un secteur clé de l’économie française (avec une dépense équivalente à 21 % du PIB), les dépenses d’investissement ont une nouvelle fois reculé de 4,4 %, après avoir déjà plongé de 10 % en 2024 « dans un contexte général de forte dégradation de la conjoncture immobilière depuis 2022 ». En cause, principalement la forte baisse des constructions de logements neufs (-12,9 %). 

« Dans ce contexte, les mises en chantier restent à un niveau historiquement faible, avec 269 700 unités, soit 25 % de moins qu’avant la crise sanitaire », constatent les auteurs du rapport, en soulignant le fait que le parc de logements n’a progressé que de 0,6 %, « soit son rythme de croissance le plus faible depuis quarante ans ». Par ailleurs, « les dépenses d‘investissement consacrées aux gros travaux d’entretien et d’amélioration ralentissent également fortement (+ 0,2 % après + 2,1 % en 2024), avec une diminution des volumes de travaux pour la première fois depuis 2020 ». 

À l’inverse, et « après trois années de baisse, les transactions de logements anciens rebondissent de 19 % en 2025, soutenues par une légère diminution des taux de crédit immobilier, qui se stabilisent autour de 3 % ». « Après deux années de repli, les prix des logements anciens repartent légèrement à la hausse (+ 0,6 %) », observe l’étude, pour qui « cette évolution, majeure pour le marché de l’immobilier, n’a toutefois qu’un impact de second ordre sur le compte du logement ».

Taxe foncière et DMTO en hausse

S’agissant des recettes fiscales rapportées par le secteur, elles ont progressé de 4,9 % par rapport à 2024 – année qui avait déjà connu une hausse de 3,4 % – pour atteindre les 103 milliards d’euros. Une progression qui s’explique « principalement sous l’effet de la fin du bouclier tarifaire »  qui avait entraîné « une division par trois des montants collectés »  entre 2021 et 2023. En 2025, le montant des taxes sur l’énergie a ainsi crû de 29,3 % (8,1 milliards d'euros, après 6,3 milliards d'euros) bien que le montant des taxes sur l’énergie soit resté « inférieur de 5,5 % à son niveau de 2021 ».  

La hausse des prélèvements fiscaux relatifs au logement s’explique également par le rebond des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) en raison du rebond du nombre de transactions immobilières dans l’ancien. Ils progressent ainsi de plus de 20 %, soit 2,3 milliards d’euros après un repli de 5,6 milliards d’euros sur la période 2023-2024. De 13,6 milliards d’euros, leur montant reste toujours en-deça des 16,8 milliards perçus en 2022.

Par ailleurs, on peut aussi noter la hausse de 3,6 % des montants de taxe foncière sur les propriétés bâties qui représente 1,1 milliard d’euros en 2025. Ils atteignent ainsi 31,6 milliards d’euros, contre 20,8 milliards d'euros dix ans auparavant. On peut rappeler au passage que la très grande majorité des maires ont reconduit leur taux de foncier bâti ces dernières années.

Encadrement des loyers : la prolongation examinée au Sénat

Dans un contexte de crise du logement qui frappe sévèrement les budgets des ménages, on peut souligner que les élus de douze villes et métropoles françaises ont lancé, vendredi, un appel pour pérenniser, étendre et renforcer l'encadrement des loyers, dont l'application dans 70 communes pourrait s'arrêter fin novembre sans changement législatif. 

Les élus de Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Lille, Rennes, Grenoble, Villeurbanne, Amiens, Pau, Bayonne et Est ensemble ont ainsi appelé les parlementaires à sauver ce dispositif – mais aussi à permettre à d'autres villes de l'appliquer et à l'améliorer – car « sa suppression se traduirait par des augmentations vertigineuses des loyers », a assuré le maire de la capitale Emmanuel Grégoire. 

Alors que l'expérimentation de l'encadrement des loyers doit s'arrêter fin novembre si aucun texte législatif ne la prolonge ou la pérennise, une proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale en décembre dernier – et en attente d’examen par les sénateurs depuis lors – devrait passer en séance publique au palais du Luxembourg le 21 octobre prochain. Pour rappel, le gouvernement avait dit vouloir modifier le texte initial pour le restreindre à une prolongation de l'expérimentation de deux ans, sans pérenniser la mesure.

Dans une étude d'impact commandée récemment par le gouvernement, l’Institut des politiques publiques (IPP) a constaté que l’encadrement des loyers a bien « contribué à modérer les loyers », bien qu’il « demeure imparfaitement ciblé », selon ses auteurs. Ces derniers n’ont pas été en mesure de confirmer – ni d’infirmer – que le dispositif contribuerait à réduire l'offre locative, comme le disent ses détracteurs.

Consulter le rapport.
 

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