Apprentissage dans la fonction publique : un net recul des recrutements enregistré en 2025
Par Marie Lavezzi
Pas d'essor du nombre de nouveaux apprentis dans la fonction publique en 2025. Dans son étude intitulée Les recrutements d’apprentis dans la fonction publique diminuent fortement en 2025, la Sous-direction des études, des statistiques et des systèmes d’information (SDessi) le constate: « Avec 2 800 nouveaux contrats d'apprentissage de moins qu’en 2024, l’année 2025 marque un net recul dans le secteur public (- 11,5 %), plus accentué que dans l’ensemble public et privé (- 4,8 %) ».
Quels versants de la fonction publique sont touchés ?
Si la fonction publique territoriale (FPT) reste le principal recruteur d'apprentis (52 % des contrats signés dans la fonction publique), elle enregistre également la plus forte baisse en 2025 (-17,1 % soit - 2 310 contrats signés). La fonction publique hospitalière observe également un net recul (-12,8 %) quand la fonction publique de l'État semble moins impactée (-2,3 %).
Au sein de la FPT, « les communes demeurent le principal recruteur, avec 46 % des contrats débutés en 2025. Suivent les établissements intercommunaux (26 % des contrats débutés dans la FPT en 2025), puis les départements (13 %). Par rapport à 2024, les recrutements d’apprentis reculent nettement à tous les échelons, avec notamment 850 nouveaux contrats de moins dans les communes (- 14,2 %) et 630 de moins dans les départements (- 30,5 %) » , souligne l'étude.
Qui sont les nouveaux apprentis dans la FPT ?
Si la part des apprentis de la fonction publique préparant un diplôme de l'enseignement supérieur s'est accrue depuis 2018 (+ 13 points), elle baisse en 2025 « en raison d’un recul de cette catégorie d’apprentis au sein de la FPT (de 55 % à 49 %)» dixit la note de la SDessi. En effet, les nouveaux apprentis dans la FPT préparent en majorité un diplôme de niveau inférieur ou équivalent au bac (50 % des 11 210 contrats signés en 2025), et la durée d'apprentissage est supérieure à 12 mois dans 54 % des cas.
L'âge des apprentis recrutés étant souvent corrélé au niveau de diplôme préparé, celui-ci se situe à « 21,2 ans en moyenne dans la FPT contre 22 ans dans la FPE et 22,3 ans dans la FPH ». Les femmes représentent 57 % des nouveaux contrats signés dans la FPT (54 % dans la FPE, 67 % dans la FPH). Côté apprentissage, la FPT respecte aussi ses engagements en matière d'insertion des travailleurs en situation de handicap, ayant signé 8 % de nouveaux contrats avec ce public (3 % dans la FPE, 6 % dans la FPH).
Quelle situation de l'apprentissage en France ?
Si l'étude se concentre sur la signature des nouveaux contrats en 2025 et ne permet pas « de connaître le nombre d’apprentis de la fonction publique à un instant donné » , elle indique des tendances. Selon le Système d’information sur les agents des services publics (Siasp), 35 100 apprentis étaient en poste au 31 décembre 2024. Les chiffres de 2025 ne sont pas encore connus.
L'essor de l'apprentissage dans la fonction publique avait été encouragé par le président de la République, qui avait fixé « l'objectif de recrutement d'un million d'apprentis d'ici la fin du quinquennat » . Première ministre, Élisabeth Borne avait alors adressé des objectifs pluriannuels d'accueil d'apprentis aux trois versants de la fonction publique (Circulaire n° 6394-SG du 10 mars 2023 relative au renforcement du recrutement d’apprentis dans la fonction publique pour les années 2023-2026).
Néanmoins, en 2025, une baisse générale des entrées en apprentissage est observée en France, public et privé confondus (- 4,94%) selon le Rapport d'information sur les conséquences de la diminution des dépenses publiques en faveur de l’apprentissage depuis 2022 adopté par la commission des finances de l’Assemblée nationale le 8 juillet dernier.
Les rapporteurs spéciaux, les députés Emmanuel Maurel (Gauche Démocrate et Républicaine) et Estelle Mercier (Socialistes et apparentés), ont notamment analysé « les conséquences des baisses budgétaires opérées sur l’apprentissage à partir de 2022 ».
Cité dans ce rapport, l’économiste Bruno Coquet estime que, « si "le ralentissement du marché du travail a […] pesé sur les embauches en 2025 […] ", le repli des entrées en apprentissage "résulte principalement des « régulations » budgétaires et réglementaires qui se sont succédé depuis 2023" » . Par exemple, dans sa note de conjoncture de mars 2026, l'Insee précise que « les trois quarts de la baisse de l’emploi salarié privé » en 2025 sont liés à la baisse du nombre de contrats en alternance (apprentissage et contrat de professionnalisation).
Or l'apprentissage favorise l’insertion professionnelle des jeunes : « La part de temps passé en emploi trois ans après la sortie de formation initiale est plus élevée de 17 points de pourcentage pour les diplômes de niveau CAP ou BEP lorsque les élèves ont suivi une formation en apprentissage », selon le rapport d'information. Afin de préserver ce dispositif, les rapporteurs spéciaux énumèrent dix recommandations, comme celle de « maintenir l’aide exceptionnelle aux employeurs d’apprentis selon les mêmes paramètres qu’en 2026. En acter le renouvellement dès l’élaboration du projet de loi de finances (PLF) », ou sécuriser le financement des CFA (dont « le taux de marge a été divisé par 2 entre 2022 et 2024 » ) ou encore associer les régions à la cartographie et au pilotage de l'offre d'apprentissage. Autant de mesures qui visent, selon les rapporteurs, à préserver l'apprentissage, lequel représente « un investissement d'avenir ».
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