Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 15 janvier 2026
Élections

L'AMF délivre un argumentaire pour inciter les citoyens à s'inscrire sur les listes électorales

À deux mois jour pour jour du premier tour des élections municipales, l'AMF lance une nouvelle étape de sa campagne de communication sur l'engagement. Elle met à la disposition des communes des visuels à afficher pour engager les citoyens à s'inscrire. 

Par Franck Lemarc

Il y avait en 2022 encore 2,2 millions d’électeurs non inscrits et 7,7 millions d’électeurs mal inscrits – c’est-à-dire inscrits dans une commune dans laquelle ils n’habitent pas. Cette situation a, évidemment, des répercussions sur la participation aux élections. Pour y remédier, les maires sont invités par l’AMF à inciter les électeurs à s’inscrire, ce qui est bien plus simple aujourd’hui qu’auparavant. 

Inscription d’office et REU

Depuis plusieurs années, un certain nombre de mesures ont été prises pour tenter de remédier aux phénomènes de non-inscription et de mal-inscription. C’est notamment le cas de l’inscription d’office des jeunes atteignant l’âge de 18 ans – dès lors qu’ils ont bien fait leur « recensement citoyen »  à 16 ans, ce qui est obligatoire. 

Par ailleurs, la mise en œuvre du répertoire électoral unique (REU) créé en 2016 a eu des effets majeurs sur la fiabilisation des listes : elle a permis la radiation automatique des personnes décédées ou privées de leurs droits électoraux, la suppression des doubles inscriptions par l’attribution d’un numéro unique, et la mise en place d’outils en ligne de vérification de son inscription en ligne.

Ces réformes ont eu des effets certains : selon une étude publiée par l’Insee en 2024, 99 % des jeunes de moins de 30 ans sont aujourd’hui inscrits sur une liste électorale, soit 10 points de plus qu’en 2018. 

Situations diverses

Il n’en reste pas moins que le chiffre de 7,7 millions de « mal-inscrits »  est préoccupant, car un bon nombre d’entre eux, du fait de leur inscription dans une commune parfois éloignée de leur lieu d’habitation, ne votent pas. 

Interrogé sur ce sujet par un sénateur en 2024, le ministère de l’Intérieur indiquait que ces plus de 7 millions de mal-inscrits correspondent à des situations très diverses : 2,2 millions sont des jeunes de moins de 26 ans, qui ont donc le droit d’être inscrits dans la commune de résidence de leurs parents ; 1,7 million « ont déménagé récemment »  et n’ont pas mis à jour leur inscription électorale ; et les 3,5 millions restant ne rentrent dans aucune des catégories précédentes. Il s’agit donc ou bien de personnes votant dans la commune où se situe leur résidence secondaire, ou bien d’électeurs « réellement mal inscrits ». 

Pour lutter contre ce phénomène, le ministère de l’Intérieur a conduit plusieurs actions de communication avant les élections européennes de 2024, avec notamment l’envoi d’un courrier aux personnes ayant récemment déménagé pour les inciter à actualiser leur inscription, une communication active sur les réseaux sociaux, ou encore « la formation des conseillers France Service à la détection proactive de non inscription et de mal-inscription sur les listes électorales ». 

Réduction des délais d’inscription

Autre action importante ayant eu un impact positif sur les inscriptions : la réduction du délai entre la date limite d’inscription et le scrutin. Il s’agit là encore d’une des nombreuses possibilités permises par la mise en place du REU : avant celui-ci (soit jusqu’en 2019), les inscriptions étaient closes au 31 décembre de l’année précédant le scrutin. Désormais, ce délai est de 6 semaines (hors cas dérogatoires) – un délai « incompressible », rappelle le gouvernement, dans la mesure où les commissions de contrôle des listes électorales doivent se réunir entre le 24e et le 21e jour avant le scrutin. (Pour les élections municipales à venir, rappelons que ces commissions devront se réunir entre le jeudi 19 et le dimanche 22 février). 

Quant aux inscriptions permettant de participer au scrutin, elles seront closes le 4 février pour les inscriptions en ligne et le 6 février pour celles qui sont effectuées en mairie. 

Attention, il reste évidemment parfaitement possible à n’importe quel électeur de s’inscrire sur les listes électorales après cette date. Simplement, une fois ce délai passé, ils ne pourront pas voter aux municipales dans la dernière commune d’inscription. Il faut même rappeler qu’une inscription enregistrée après le 4 ou le 6 février n’empêche pas d’être candidat à l’élection municipale dans la commune concernée : pour ce faire, il faut pouvoir, notamment, justifier de la « qualité d’électeur »  dans la commune, donc être inscrit, avant le 26 février 2026 à 18 heures, date limite de dépôt de candidature en préfecture. En théorie, une personne qui s’inscrirait sur les listes électorales le 20 février a le droit d’être candidate aux municipales, en qualité d’électeur, mais ne pourra pas voter lors du scrutin dans cette commune. Le ministère de l’Intérieur rappelle donc, dans la circulaire parue en ce début de semaine, que les mairies sont dans l’obligation de délivrer une attestation d’inscription sur les listes électorales même si un candidat a « sollicité son inscription (…) après le vendredi 6 février ». 

S’inscrire, voter, participer

L’AMF appelle tous les citoyens à participer à la vie citoyenne locale à travers trois actes : s’inscrire sur les listes électorales, voter aux élections municipales et participer à la tenue d’un bureau de vote.

L’inscription n’est pas seulement « une formalité administrative » , souligne l’association, mais « un acte civil fondateur » : « Être inscrit sur une liste électorale, c’est affirmer son appartenance à une communauté locale, participer à son avenir et conforter le rôle central de la commune comme premier échelon de la démocratie. »  Rappelons que les électeurs peuvent aller s’inscrire en mairie, mais que la démarche en ligne d’inscription sur les listes électorales, via la page inscriptionelectorale.service-public.fr, est simple et rapide et ne nécessite, elle, aucun passage en mairie. Le site gouvernemental info.gouv.fr délivre, de façon très précise, toutes les informations sur le processus d’inscription, et il peut être utile de relayer ce lien sur le site de la commune. 

Une fois inscrit, il faut encore voter, plaide l’AMF : « Voter aux élections municipales, c’est choisir des projets concrets pour son quotidien, (…) c’est donner une légitimité démocratique aux décisions locales et permettre aux communes et intercommunalités d’agir avec le soutien clair de leurs habitants » . L’AMF recommande, en cas d’empêchement, de donner procuration à un proche – la démarche de demande de procuration peut désormais, elle aussi, se faire en grande partie voire totalement en ligne. 

Enfin, l’association appelle un maximum de citoyens à s’impliquer dans les opérations de vote en se portant volontaire pour être assesseur, secrétaire ou président de bureau ou pour participer au dépouillement. « En s’engageant dans un bureau de vote, les citoyens matérialisent l’importance qu’ils accordent à l’acte de vote et contribuent concrètement à la confiance collective dans le processus électoral » , conclut l’AMF. 

Les trois affiches réalisées par l’AMF (« Inscrivez-vous », « Votez »  et « Tenez un bureau de vote » ) sont téléchargeables ici. Attention, l’association rappelle que ces affiches sont uniquement destinées aux communes et intercommunalités et qu’elles ne peuvent « en aucun cas »  être utilisées par les candidats.

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