Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du jeudi 29 avril 2004
Départements

Pour les présidents PS de conseils généraux « la situation est grave et le gouvernement, désespérant »

Après une entrevue le 27 avril avec le Premier ministre pour évoquer la question de la décentralisation, les présidents PS de conseils généraux ont estimé, dans un communiqué, que « la situation est grave et le Gouvernement, désespérant ». Reçus dans le cadre d'une « délégation pluraliste » de l'Assemblée des départements de France (ADF), où ils sont désormais majoritaire bien que l’association soit encore formellement présidée par Jean Puech, battu dans l’Aveyron fin mars dernier, les présidents PS de conseils généraux ont insisté, par la voix de Claudy Lebreton, président du Conseil général des Côtes-d'Armor, sur le fait que la situation des départements est « grave sur le plan financier ». Selon eux, « l'action sociale, compétence essentielle assurée par les départements, est aujourd'hui en grande difficulté faute des moyens financiers suffisants. En effet, les engagements du gouvernement ne sont plus respectés. » Les présidents PS ont redit au Premier ministre « leurs inquiétudes, leurs critiques, leurs désaccords sur l'esprit même de sa réforme de la décentralisation votée textes de loi après textes de loi par sa majorité parlementaire ». Ils ont rappelé que « les Français, par leur vote sanction massif, ont voulu dire stop à toutes ses "réformes" qui n'en sont pas mais qui sont bien davantage des remises en cause et des outils de casse sociale. » A cet égard, l'application du Revenu minimum d’activité (RMA), le financement de l'aide personnalisée d’autonomie (APA), le transfert permanent de charges de l'Etat sur les départements (dont le transfert des personnels non enseignants dits « TOS »), ont été « dénoncés avec fermeté ». Ils ont enfin « réaffirmé que la solidarité financière entre les départements était plus que jamais indispensable à assurer tant les inégalités entre territoires riches et pauvres ne pouvaient être acceptées ». A la sortie de cet entretien, ils ont eu l'impression d'avoir été écoutés poliment mais ni véritablement compris ni politiquement entendus. « Le gouvernement est désespérant d'incompréhension. L'autisme du Premier ministre le conduit à reporter toute réponse concrète à des lendemains hypothétiques qui sont le lot d'un gouvernement en sursis. », disent-ils dans leur communiqué.

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