Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du mardi 14 mars 2006
Fonction publique territoriale

Le Sénat se penche sur le projet de loi de réforme de la fonction publique territoriale

Le Sénat examine, à compter de ce mardi et jusqu’à jeudi, le projet de loi de réforme de la fonction publique territoriale (FPT). Le texte vise trois objectifs principaux. 1- Développer la formation professionnelle tout au long de la vie des agents territoriaux, en transposant à la FPT les dispositions, applicables au secteur privé, de la loi du 4 mai 2002. Comme les salariés du secteur privé, les agents territoriaux auront un droit individuel à la formation de 20 heures par an. L’expérience professionnelle deviendrait un équivalent de la formation statutaire obligatoire avec la reconnaissance de l'expérience professionnelle (REP). L'entrée dans la FPT de personnes venant du secteur privé sera «facilitée» grâce à la prise en compte, lors des recrutement et au plan des rémunérations, de l'ancienneté déjà acquise. Enfin, pour améliorer leur intégration dans les collectivités locales, une formation initiale serait instaurée en faveur des agents qui n'en bénéficient pas aujourd'hui (catégorie C). 2 - Clarifier le rôles des différentes institutions intervenant au bénéfice des agents territoriaux et de leurs employeurs. Il est prévu un rééquilibrage des compétences entre le CNFPT et les centres de gestion. Le CNFPT est recentré sur ses missions de formation professionnelle. Les centres de gestion, quant à eux, voient leur rôle se développer en matière d'organisation des concours et de gestion de proximité des agents territoriaux, en reprenant des missions jusqu'alors exercées par le CNFPT. Ils ont ainsi vocation à devenir les pivots en matière d'emploi public territorial et de gestion prévisionnelle des effectifs, de emplois et des compétences (GPEEC). Par ailleurs, un établissement public national de gestion serait créé - le Centre national de coordination des centres de gestion (CNCCG) - afin de coordonner les centres de gestion et de prendre en charge certaines missions concernant les fonctionnaires de catégorie A. Le transfert des compétences entre le CNFPT, le CNCCG et les centres de gestion se fera progressivement. Des conventions seront conclues à cet effet, qui porteront également sur le transfert des financements. A défaut de convention, un décret sera pris pour régler ces questions. En tout état de cause, ce rééquilibrage se fera sans dépenses nouvelles pour les collectivités territoriales. 3 - Enfin, le projet de loi a pour objectif de donner «plus de souplesse» dans la gestion des ressources humaines. Les communes de plus de 2.000 habitants pourraient créer un emploi fonctionnel de directeur général des services. Les seuils de création de tels emplois, administratifs ou techniques, sont également abaissés pour les établissements publics de coopération intercommunale. D'autre part, une collectivité qui «débauche» un fonctionnaire formé sur le budget du premier employeur devra indemniser celui-ci si la mutation intervient dans les trois ans qui suivent la titularisation. La commission des lois du Sénat a adopté 51 amendements au projet de loi, sur le rapport de la sénatrice du Loir-et-Cher Jacqueline Gourault (UDF), par ailleurs première vice-présidente de l'AMF. Parmi les principaux amendements qu’elle a adoptés, la commission a prévu la création d’un «collège des employeurs publics territoriaux», «interlocuteur unique» du gouvernement qui devra le consulter «sur toute question relative à la politique salariale ou à l’emploi public territorial». En revanche, elle a supprimé l’article créant un Centre national de coordination des centres de gestion. Elle a estimé que la création d’un tel organisme, dont la pertinence ne l’a pas convaincue, pourrait entraîner «une hausse du coût de la gestion des personnels par ces organes».<

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