Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 30 mars 2004
Sécurité civile

Les sapeurs-pompiers professionnels se montrent déçus des engagements du ministre de l'Intérieur

Les syndicats de pompiers professionnels ont expliqué, au lendemain de leur manifestation nationale à Paris qui s'est achevée jeudi dernier sur des échauffourées avec les forces de l'ordre, avoir obtenu "des avancées" auprès du ministre de l'Intérieur, mais pas "gain de cause". Celui-ci s'est engagé à ouvrir des négociations "sans tabous" à partir de la semaine prochaine sur une amélioration des bonifications, qui permettent notamment aux pompiers de bénéficier d'une retraite anticipée à 55 ans, un chantier qui, de source syndicale, doit durer deux mois. Pour le reste, en particulier sur le classement en catégorie dangereuse et insalubre, principale revendication des sapeurs-pompiers professionnels, le ministre de l'Intérieur a rappelé des positions déjà connues avant la manifestation de jeudi. "Lors de la rencontre au ministère", qui s'est déroulée jeudi après-midi alors que plusieurs milliers de pompiers défilaient dans la capitale, "le ministre a confirmé des prises de position qu'on connaissait déjà", a déclaré, vendredi, à l'Associated Press, André Goretti, vice-président national de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers professionnels (FASPP-UNSA). Le ministre a notamment rappelé que le gouvernement déposera un amendement sur la reconnaissance de la dangerosité du métier de pompier au projet de loi de modernisation de la sécurité civile qui doit être discuté au Sénat à partir du mois de juin. Mardi dernier, deux jours avant la manifestation, Nicolas Sarkozy avait déjà confirmé cet amendement, qui ne représente qu'une reconnaissance "symbolique" aux yeux des syndicats. Ces derniers - qui avaient alors confirmé de leur côté leur appel à manifester - souhaitent en effet que la reconnaissance de la dangerosité soit actée dans le texte de loi même. "C'est bien joli de jeter le mot dangereux comme ça, sans qu'il y ait derrière ce qu'attendent les sapeurs-pompiers. Cette mesure ne s'accompagne de rien", a ajouté M. Goretti, tout en soulignant toutefois que "c'est la première fois qu'un ministre s'engage à reconnaître le caractère dangereux de la profession, mais cette reconnaissance reste symbolique". En clair, les syndicats voient dans cet amendement une reconnaissance "de principe", sans les moyens nécessaires à l'établissement de nouveaux droits. "C'est une reconnaissance symbolique. Les égoutiers ont cette reconnaissance et ont dix ans de bonifications pour leur retraite, contre cinq pour nous. Nous voulons la même chose qu'eux", a renchéri Bruno Lebel, de la fédération CGT des services publics. "Nous n'avons pas gagné", a-t-il poursuivi. "Il y a des avancées, mais rien de très concret". L'intersyndicale des pompiers doit se réunir dans le courant de la semaine prochaine pour décider des suites à donner au mouvement et a promis d'organiser de nouvelles manifestations si les négociations sur les bonifications - qui doivent se faire en présence des représentants des caisses de retraites et des élus locaux selon la CGT- n'avancent pas. Jeudi soir, la manifestation des sapeurs-pompiers (3 500 selon la police, 7 000 selon les syndicats) s'est terminée par deux heures de violents incidents avec les forces de l'ordre place de l'Opéra. Selon la préfecture de police de Paris, vingt policiers et deux pompiers ont été blessés.c=h

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