Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 4 juin 2014
Réforme territoriale

La nouvelle carte des régions va dans le « bon sens » pour la plupart des présidents des conseils régionaux

Les présidents des conseils régionaux n’ont pas manqué de réagir hier, sitôt connue la nouvelle carte des régions voulue par le chef de l’Etat. Le nombre de régions métropolitaines devrait passer de 22 à 14 ; 7 régions conservant leurs limites actuelles (lire Maire info d’hier). Président de la région Aquitaine et de l’Association des régions de France, Alain Rousset a salué un projet qui va selon lui dans le « bon sens ». « L'essentiel c'est la puissance des régions. La force des régions. La façon avec laquelle on va répondre aux attentes des Français sur l'emploi, qu'ils soient chômeurs ou chefs d'entreprise », a-t-il déclaré au micro d'Europe 1. « La taille des régions est moins importante que leurs moyens », a-t-il ajouté.
Le président du conseil régional de Champagne-Ardenne, Jean-Paul Bachy, s’est aussi réjoui et a salué la « cohérence économique »  de la fusion projetée entre sa région et la Picardie. « Nous développons depuis longtemps des coopérations entre nos deux régions, et cette fusion fait preuve d'une cohérence économique notamment sur le plan agro-industriel. Nos deux territoires constituent déjà le premier pôle européen dans le domaine des bio-raffineries », a-t-il déclaré à l'AFP. « Nos deux régions ont souffert des mutations industrielles et le fait qu'elles se fédèrent devrait faciliter l'évolution du tissu économique, les investissement et les innovations », a-t-il ajouté.
A l’inverse, le président du conseil régional de Picardie, Claude Gewerc, s'est dit « très surpris »  de cette fusion, une hypothèse « jamais évoquée »  et qui n'était même pas sur la table le matin-même, selon lui. « Je suis très surpris. J'ai beaucoup de respect pour la Champagne, mais je ne comprends pas bien la cohérence », a-t-il déclaré.
Très commentée, la fusion entre le Centre, le Limousin et Poitou-Charentes a été saluée par le nouveau président de Poitou-Charentes, Jean-François Macaire. Les élus régionaux de Poitou-Charentes, « toutes tendances confondues, avaient dans leur majorité souhaité que le territoire de la région ne soit pas démantelé, c'est un point fort que nous avions souligné », s'est-il félicité.
Jean-François Macaire s'est dit aussi conscient que « cela ne va pas satisfaire des élus de Charente et de Charente-Maritime », qui avaient exprimé sans détour leur préférence pour un rattachement à l'Aquitaine. C'est notamment le cas de Dominique Bussereau, ancien ministre et président du conseil général de Charente-Maritime.
Président de la région des Pays de la Loire, Jacques Auxiette a qualifié pour sa part de « raisonnable »  la solution retenue pour sa région, qui reste inchangée. Dans un communiqué, Jacques Auxiette « se félicite que l'unité des Pays de la Loire ait été préservée », rappelant « que toutes les cartes présentées il y a trois semaines prévoyaient le démantèlement de la région ».
Satisfaction également en Île-de-France où le président du conseil régional, Jean-Paul Huchon, a salué « la décision de François Hollande concernant la modernisation de la carte territoriale de notre pays ». « Le président de la République et le gouvernement portent avec cette réforme territoriale une vision ambitieuse pour notre pays et son avenir », déclare-t-il dans un communiqué.
La nouvelle carte ne satisfait pas en revanche le président de la région Auvergne, René Souchon, qui prônait une fusion avec le Centre et le Limousin plutôt qu'avec Rhône-Alpes. L’élu a estimé hier que la réforme territoriale déboucherait sur « un éclatement »  de l'Auvergne sans aucune économie à la clé. « Il y a une décision qui est prise, on va l'assumer. Est-ce que c'est la bonne décision ? (...) J’ai toujours dit que je voulais préserver l'intégrité de l'Auvergne », a-t-il déclaré sur France Bleu Pays d'Auvergne. « Il est évident qu'il y avait un intérêt pour le Puy-de-Dôme à se marier avec Rhône-Alpes, mais ce n'est pas l'intérêt de l'Allier (...) et encore moins celui du Cantal. Ce qui veut dire que la décision prise à terme entraînera un éclatement de la région Auvergne. Puisqu'une possibilité sera laissée aux départements de rejoindre d'autres régions, a minima le Cantal partira sur Midi-Pyrénées, l'Allier je ne sais pas, il est très partagé », a-t-il ajouté.
De son côté, Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, a dit accueillir « favorablement »  ce projet de fusion. « Le regroupement de nos deux régions constitue une première étape », souligne-t-il citant les « nombreuses coopérations »  déjà en place dans les domaines de la « santé, des universités, de l'agro-alimentaire ou la mécanique ».
La fusion entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées n’est à l'inverse pas du goût de Christian Bourquin, président du conseil régional du Languedoc-Roussillon, qui a dénoncé une « carte des copains »  dessinée par le président de la République, promettant de poursuivre la « lutte »  pour être « reconnu à Paris ». « Au départ, François Hollande voulait un chiffre strict de 11 régions et il est arrivé à 14. Il a fait une carte des copains, avec toute une série d'exceptions comme l'Aquitaine, la Corse et le Nord-Pas-de-Calais », a-t-il estimé. « J'exprime mon désaccord, je suis déçu par le gouvernement mais je ne m'arrête pas là. Je lutte pour cette force du Languedoc-Roussillon, ce serait dommage de s'en passer en France. On est reconnu à l'international et en Europe et on ne serait pas reconnu à Paris ? », s'est encore insurgé Christian Bourquin.
A l’opposé, le président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, voit dans ce projet une chance d'être mieux armé pour affronter la concurrence des poids lourds régiona

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