Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 28 janvier 2002
Aménagement du territoire

Les Entretiens internationaux de l'aménagement du territoire se penchent sur les conséquences de la mondialisation qui impose une spécialisation économique des territoires

Les territoires doivent se spécialiser économiquement s'ils veulent résister à la mondialisation, du moins tel est le credo des principaux responsables de l'aménagement du territoire, qui se réuniront cette semaine à Paris. Les "systèmes productifs locaux" seront l'un des thèmes fédérateurs de la première édition des Entretiens internationaux de l'aménagement du territoire, qui se tiendront à partir de lundi et jusqu'à mercredi à la Cité des sciences et de l'industrie. "Districts industriels", "clusters", "grappes d'entreprises" ou encore "systèmes productifs locaux" (SPL): à travers le monde, les termes varient pour caractériser le regroupement géographique d'entreprises liées par les mêmes activités. De la Silicon Valley californienne aux souks des teinturiers de Marrakech, en passant par le pôle image numérique d'Angoulême, la problématique est la même: "tous les concurrents se regroupent en un lieu pour façonner un environnement adapté à leurs exigences", explique Jean-Louis Guigou, délégué de la Datar (Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale). Le SPL, poursuit-il, est "une organisation en grappe de plusieurs chefs d'entreprises qui disent: +Allez, on arrête de se faire concurrence et on se met tous à travailler ensemble parce que nos concurrents, ce ne sont pas nos voisins d'à côté, mais plutôt les Japonais ou les Américains+." Cette organisation en districts industriels constitue selon lui le meilleur moyen "pour armer les populations et les mettre à l'abri des effets négatifs de la mondialisation". Les bassins d'emploi doivent devenir "des bassins de coopération", assure le délégué: "S'il y a une coopération entre le privé et le public, entre les universités et les entreprises et entre les entreprises elles-mêmes, alors les bassins d'emploi seront beaucoup moins sensibles à des décisions subites venant de l'extérieur". Les populations pourront notamment mieux anticiper les fermetures soudaines d'usines, comme celle de Moulinex, à Alençon. "Avec la mondialisation et le développement des nouvelles technologies de l'information, on observe que les disparités entre les régions d'un même pays ont tendance à s'accroître", renchérit Bernard Hugonnier, directeur du développement territorial à l'OCDE. Des mesures micro-économiques sont donc indispensables et préférables à des politiques macro-économiques pour traiter ces disparités. "Nous devons fonder davantage le développement sur les atouts compétitifs de chaque région", assène-t-il. Grâce aux SPL, les bassins d'emplois peuvent notamment réduire le taux de chômage, tandis que les liens avec les universités permettent d'entretenir l'innovation. Si ce mode d'organisation se développe partout dans le monde - comme en Italie où l'on compte quelque 300 districts de ce type - il reste peu répandu en France. Aujourd'hui, 83 bassins d'emplois, sur les 500 identifiés en France par la Datar, sont parvenus à s'organiser autour d'une dominante économique et méritent aujourd'hui le nom de SPL. Parmi eux, on peut citer les lunetiers du Jura, l'aéronautique à Toulouse ou les producteurs de téléphone de Lannion. L'objectif de la Datar est d'arriver à 200, voire 250 SPL organisés d'ici deux à trois ans. Les Entretiens internationaux de l'aménagement du territoire, organisés conjointement par la Datar, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et l'OCDE, devraient accueillir sur trois jours quelque 1.500 personnes, venues de 47 pays. La recomposition du territoire et les relations entreprises/environnement feront également partie des thèmes abordés. c=ht

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