Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du jeudi 24 octobre 2019
Migrants

Douze maires demandent « une répartition territoriale équilibrée des demandeurs d'asile et des réfugiés »

Dans un communiqué commun à l’AMF et France Urbaine, diffusé hier à l’attention du gouvernement, douze maires de grandes villes demandent « des actes et des moyens pour une répartition territoriale équilibrée des demandeurs d’asile et des réfugiés », tenant compte de la « capacité »  des territoires à les prendre en charge. Cette répartition devant « s’appuyer sur un diagnostic prenant en compte les données économiques, sociales et financières des territoires et leurs capacités à prendre en charge ce type de public ».
Dix-huit mois après leur « cri d’alarme », rappelé la semaine dernière dans une tribune (lire Maire info des 8 et 15 octobre), ces maires de grandes villes* souhaitent, par ailleurs, « que les dépenses engagées soient neutralisées dans les contrats financiers signés entre l'État et les collectivités pour limiter leurs dépenses de fonctionnement ». Ils attendent enfin que le gouvernement précise sa position sur la situation des personnes « dublinées », « qui subissent le système inopérant des accords de Dublin et se trouvent dans une impasse au regard de leur demande d'asile en France ».
Ces revendications ont été évoquées au cours d’une rencontre, organisée dix jours plus tôt avec les ministres Christophe Castaner (Intérieur) et Julien Denormandie (Ville et Logement). À cette occasion, une délégation d’élus avait rappelé aux ministres « la compétence de l'État en matière d'asile et d'hébergement, son obligation d'y répondre et la nécessité d'une meilleure coordination et d'une approche globale sur le territoire national ». « L’État continuera de prendre ses responsabilités mais il ne peut agir seul », avaient alors indiqué les ministres. Une réponse loin de satisfaire les maires présents. François Baroin, au nom de l’AMF, a notamment rappelé une fois encore que cette question relevait d’une compétence régalienne, et que si les maires sont en première ligne pour agir, ils « demandent de manière pressante de la concertation et de l’information », et surtout « des moyens financiers et des places d’hébergement.
« Si aucun maire ne souhaite remettre en cause cette volonté d’agir aux côtés de l’État », ils constatent que, « face à l’urgence », ils sont contraints d’engager « de manière croissante des moyens municipaux pour déployer des services relevant de la compétence de l’État en matière d’urgence sociale et d’hébergement ». Le temps presse, selon les élus. « Le manque de structures d’hébergement à l’approche de la période hivernale accroît encore davantage l’urgence à agir en la matière ».
Le malaise des maires est palpable depuis des mois. Le 24 avril, les mêmes élus se retrouvaient à quelques pas de la porte de la Chapelle à Paris pour inviter le gouvernement à « construire collectivement une réponse au défi que pose l’accueil des réfugiés en France »  (lire Maire info du 25 avril). Raphaël Pitti, adjoint au maire de Metz (Moselle), plaidait alors en faveur d’un élargissement de la compétence accueil des réfugiés aux communes, étant donné que les maires et les élus locaux sont « directement concernés ».

Ludovic Galtier

(1) Nathalie Appéré, maire de Rennes ; Martine Aubry, maire de Lille ; François Baroin, président de l’AMF, maire de Troyes ; Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine ; Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers ; Dominique Gros, maire de Metz ; Anne Hidalgo, maire de Paris ; Jean-Luc Moudenc, président de France urbaine, maire de Toulouse ; Éric Piolle, maire de Grenoble ; Roland Ries, maire de Strasbourg ; Johanna Rolland, maire de Nantes ; Laurent Russier, maire de Saint-Denis.

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