Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 30 octobre 2007
Eau et assainissement

Prix de l'eau: débat entre entre UFC-Que choisir et la Fédération professionnelle des entreprises de l'eau (FP2E)

Pour la deuxième année consécutive, l’UFC-Que choisir publie une enquête sur le prix de l’eau dans certaines villes françaises. L’organisme a étudié les factures dans 19 communes et syndicats de communes, «15 agglomérations affichent des prix de l'eau 1,3 à 2,2 fois supérieur aux coûts de revient.» Selon cette enquête, tandis que les trois agglomérations affichant les marges les plus élevées, gérées en délégation de service, pratiqueraient respectivement un taux de marge de 58,7%, 55% et 56,1%, les quatre aux marges les moins élevées «présentent des prix facturés assez proches de notre calcul de coût». «Nous ne disons pas qu'il faut promouvoir les régies», a toutefois l'UFC-Que choisir. En effet, certaines régies dégagent des marges importantes, pas forcément inférieures à celles des délégations de service public confiées à des entreprises privées, selon l'étude. Pour sa part, la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) conteste la méthodologie employée par l’UFC et rappelle que le prix de l’eau en France est de 10 % inférieur à la moyenne européenne. «Régie et délégation de service public ont, à contexte d’exploitation identique, des coûts comparables», précise le communiqué. Cependant, d’après l’Institut français de l’environnement, quand le service est assuré par une régie municipale, le prix de l’eau est en moyenne de 2,19 euros/m3 contre 2,93 euros/m3 quand il est délégué à un opérateur privé. Mais la corrélation entre coût de l’eau et système de gestion public-privé n’est pas toujours évidente. Pour deux régies municipales étudiées et une agglomération où l’eau est gérée de manière mixte, des taux de marge «élevés» avoisinent par exemple les 40 %. L’UFC demande une modernisation de la gouvernance locale de l’eau. «Dans le cas de la gestion déléguée, c’est au moment du renouvellement du contrat que la collectivité peut faire jouer la concurrence. Or, pour les grands contrats, seules une ou deux entreprises répondent aux appels d’offres», précise François Carlier, directeur adjoint des études à l’UFC-Que choisir. Le Conseil de la concurrence avait appelé en novembre à plus de concurrence sur le marché de l'eau en Ile-de-France, et infligé des amendes à la Lyonnaise des eaux et au Sedif. Les collectivités peuvent gérer leurs services des eaux en direct via une régie ou en délégation à des entreprises privées. L'UFC propose de réintroduire de la concurrence en faisant des régies une «véritable alternative» et de confier une mission d'information au Parlement sur les moyens de mettre fin à la concentration en étudiant la possibilité de «démanteler» les principales sociétés présentes sur ce marché. L'association réclame également un avis obligatoire du Conseil de la concurrence pour les renouvellements de contrat des villes de plus de 100.000 habitants et la création d'un haut conseil de l'eau pour établir des normes et des comparatifs de prix.c=http://www.updatead

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