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Édition du mardi 16 janvier 2024
Démographie

D'ici 2050, « une diminution sensible » du nombre de ménages est attendue dans 13 départements

Si, à l'échelle du pays, le nombre de ménages devrait encore augmenter, c'est principalement le fait d'un changement de comportement des Français, selon l'Insee. De plus en plus de personnes devraient, en effet, vivre seules dans les prochaines décennies.

Par A.W.

Alors que le nombre de naissances en France a reculé en 2023, celui des ménages devrait continuer à progresser jusqu’en 2050, selon une étude récente de l’Insee. La France compterait alors autour de 34 millions de foyers, contre 30 millions en 2018 et 22 millions en 1990. En cause, principalement, les changements de comportements avec une part d’adultes vivant seuls (ou en famille monoparentale) continuant d’augmenter, au détriment de celle des couples.

Un tiers de ménages constitué d’une seule personne

Selon le scénario central proposé par l’Institut, le nombre de ménages augmenterait ainsi en moyenne de 0,42 % par an entre 2018 et 2050, soit deux fois plus lentement qu’entre 2008 et 2018. 

Alors que le nombre de ménages augmentait surtout du fait de la croissance de la population ces dernières années, l’évolution des modes de cohabitation deviendrait désormais le principal facteur de la hausse du nombre de ménages jusqu’en 2050. « La taille des ménages diminuerait globalement à âge donné, du fait notamment des hypothèses relatives à l’augmentation des séparations et de la part des personnes vivant seules », explique l’Insee.

Les adultes vivraient ainsi « de plus en plus souvent »  seuls ou en famille monoparentale d’ici 2050, au détriment de la vie en couple. « La proportion d’adultes vivant dans un ménage d’une seule personne augmenterait de 0,20 point par an », quand « celle des adultes vivant en couple (avec ou sans enfants) diminuerait de 0,17 point par an », prédit l’Insee qui note que ce phénomène était, toutefois, déjà à l’œuvre entre 2008 et 2018, de manière d’ailleurs encore plus accentuée.

Résultat, alors qu’en 2008, un ménage sur cinq (20,5 %) était constitué d’une personne seule, il pourrait être près d’un sur trois (29,7 %) en 2050. Dans le même temps, la part de famille monoparentale progresserait également de 5 à 6,7 % et la part des couples dans les ménages se réduirait de 66 à 58 %. Seules les personnes de plus de 85 ans connaîtraient des évolutions inverses.

On peut noter que cette part croissante des ménages constituée d’une seule personne aura inévitablement un impact sur les besoins d’aide à domicile portés par les CCAS, ainsi que sur les besoins en logement.

Antilles et Grand-Est en recul

Cependant, bien que le nombre de ménages continuerait de progresser à l’échelle du pays, les disparités territoriales entraîneraient « une diminution sensible »  dans 13 départements en 2050.

Si, entre 2008 et 2018, le nombre de ménages continuait ainsi encore d’augmenter dans quasiment tous les départements du pays (à l’exception de la Nièvre et dans une moindre mesure à Paris et en Haute-Marne, tous deux quasi stables), à l’horizon 2050, on pourrait assister « non seulement à un ralentissement généralisé de la croissance du nombre de ménages, mais aussi à la fin de cette croissance généralisée à l’ensemble du territoire ».

Parmi les 13 départements concernés par la baisse sensible du nombre de ménages, la plupart d’entre eux seraient situés « le long de la diagonale des faibles densités (allant du nord-est de la France au sud du Massif central) : Territoire de Belfort, Haute-Marne, Ardennes, etc. », indique l’Insee, en faisant référence à un espace correspondant peu ou prou à ce que l’on qualifiait il n'y a pas si longtemps de « diagonale du vide ». 

Ce ne serait pas vraiment une surprise puisque, dans ces départements, « le nombre de ménages augmentait déjà faiblement entre 2008 et 2018, en lien avec une croissance démographique moindre ».

Dans le détail, ces départements de la diagonale des faibles densités ainsi que ceux de la façade de la Manche se caractériseraient ainsi « au mieux par une stabilité ou une faible augmentation du nombre de ménages ». La région Grand-Est serait particulièrement exposée puisque quatre de ses départements subiraient les plus grosses baisses de France métropolitaine avec la Haute-Marne, la Meuse et les Vosges observant des reculs d’environ 0,45 %, les Ardennes perdant jusqu’à 0,5 % du nombre de ses ménages.

Dans les territoires ultramarins, la Martinique et la Guadeloupe subiraient la chute la plus spectaculaire avec des baisses respectives de 0,82 % et 0,69 %, à l’opposé des trois autres départements d’outre-mer particulièrement vigoureux.

Mayotte, Guyane et Loire-Atlantique en progression

Mayotte et la Guyane enregistreraient ainsi les hausses les plus impressionnantes de France, respectivement de plus de 3 % et de 1,32 %.

Dotés d'une plus forte croissance démographique, les départements situés sur la façade Atlantique (Loire-Atlantique, Gironde...), dans le sud-est (Ain, Hérault...) et dans le sud-ouest (Haute-Garonne, par exemple) – ou encore en Corse – verraient le nombre de leurs ménages continuer de croître « plus fortement qu’en moyenne », avec une augmentation de plus de 0,5 % par an sur la période 2018-2050, après plus de 1 % par an entre 2008 et 2018. Un dynamisme qui s’essoufflerait toutefois dans ces territoires « à partir de 2030 », précise l’Insee.

L’Île-de-France conserverait, elle, sa « singularité »  avec « Paris d’une part, où le nombre de ménages continuerait de diminuer faiblement [- 0,04 %], et les autres départements de la région d’autre part, où ce nombre continuerait d’augmenter ».

Autre enseignement, « la croissance du nombre de ménages resterait partout supérieure à celle de la population, tirée par la réduction de la taille des ménages ». « Dans 28 départements situés principalement dans la diagonale des faibles densités, dans les Hauts-de-France et en Normandie, le nombre de ménages se maintiendrait, malgré une baisse de la population », prévoit l’Insee qui souligne, par ailleurs, que « l’effet de la croissance démographique serait négatif dans près de la moitié des départements entre 2018 et 2050, contre un quart entre 2008 et 2018 ».

Consulter l'étude.

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