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Édition du mardi 9 juin 2026
Démographie

Selon l'Insee, la France pourrait compter 3,2 millions d'habitants de moins qu'aujourd'hui en 2070

La population française pourrait passer de 69,1 millions d'habitants en 2026 à 65,9 millions en 2070. C'est ce que prévoit l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans sa dernière étude statistique sur les « projections de population à l'horizon 2070 ».

Par Lucile Bonnin

Selon un scénario construit à partir des tendances démographiques récemment observées, trois chercheurs de l’Insee estiment qu’il est très probable que la population française diminue de 3,2 millions d'habitants entre l’année 2026 et l’année 2070. La France compterait dans ce cas 65,9 millions d'habitants en 2070, contre 69,1 millions en 2026.

Selon ces projections, la population continuerait d’augmenter légèrement jusqu’en 2037, atteignant ainsi 69,8 millions d'habitants, après 2037 une diminution progressive s’amorcerait. Après 2037, les migrations ne compenseraient plus le déficit naturel et la population commencerait à diminuer. Le solde naturel – différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès – qui est déjà négatif depuis 2025 a de fortes chances de diminuer encore. 

Vieillissement de la population 

Parmi ces projections, un élément ne fait aucun doute : « D’ici 2040, la poursuite du vieillissement de la population est inéluctable, et son ampleur connue », écrivent les statisticiens. En 2026, les personnes de 65 ans ou plus représentent 22 % de la population ; en 2070, elles représenteraient 32 %.

L’Insee prévoit qu’entre 2026 et 2070, les moins de 45 ans seraient 8,9 millions de moins tandis que les 45-64 ans resteraient globalement stables et que les 65 ans ou plus augmenteraient de 5,8 millions, passant de 15,3 à 21,1 millions de personnes.

Mais la hausse des seniors serait surtout portée par les 80 ans ou plus. Leur nombre passerait, entre 2026 et 2070 de 4,3 millions à près de 9 millions. Par ailleurs, le nombre de centenaires pourrait passer d'environ 37 000 en 2026 à 160 000 en 2070, soit plus de quatre fois plus. Selon le scénario central de l'Insee, le ratio entre les actifs et les retraités passerait de 40 seniors pour 100 personnes de 20 à 64 ans en 2026 à 49 en 2040, puis 62 en 2070.

Même si ce ne sont que des projections, cette trajectoire – si elle se confirmait – signifierait qu’il y aurait moins de personnes en âge de travailler pour chaque personne âgée. Cette évolution pourrait entraîner des conséquences importantes sur le financement des retraites, les dépenses de santé et surtout de nouveaux besoins sur la prise en charge de la dépendance dans les territoires.

Fécondité et migrations 

Tandis que la mortalité joue un rôle plus limité sur l’évolution de la population, deux facteurs ont un poids conséquent sur les projections. 

Dans le scénario central, l'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) poursuivrait sa baisse pour se stabiliser à 1,45 enfant par femme à partir de 2028 (contre 1,56 en 2025). Cela entraînerait une forte réduction du nombre d'habitants de moins de 45 ans (- 8,9 millions), avec un effet « boule de neige » : moins de femmes en âge d'avoir des enfants signifie encore moins de naissances à terme, transformant la pyramide des âges en « toupie », « avec un rétrécissement particulièrement marqué de la base de la pyramide ». 

Si le taux de fécondité repart à la hausse, avec par exemple un ICF à 1,70 enfant par femme, la France compterait 70,8 millions d'habitants en 2070 ; avec une fécondité basse (1,20), seulement 61,3 millions. C’est un écart de près de 10 millions entre les deux scénarios – d’où l’importance accordée ces dernières années par le gouvernement aux politiques publiques visant à s’attaquer à la baisse de natalité.

Enfin, le scénario central sur lequel s’appuie l’Insee repose sur un solde migratoire stable, impliquant une augmentation de 150 000 personnes par an. Les auteurs précisent et insistent sur le fait que ce facteur constitue le seul moteur encore positif de la croissance démographique jusqu’en 2037, le solde naturel étant devenu négatif dès 2025. D’ailleurs, son influence sur la population en 2070 est comparable à celle de la fécondité : un solde migratoire élevé permettant une augmentation de 230 000 personnes par an ; ou un solde migratoire faible avec 70 000 personnes an en plus, entraînerait un écart d’environ 5 millions d’habitants par rapport au scénario central.

Consulter l'étude de l'Insee. 

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