En effet, l'enquête de l'ABF, qui analyse les données de 120 répondants, révèle que la mise en réseau procède par un transfert total à l'établissement public de coopération intercommunale dans seulement 29 % des cas. Ce transfert est partiel dans 56 % des cas et concernent soit les bâtiments, soit les agents ou encore tout ou partie des collections. Enfin, des bibliothèques coopèrent simplement en proposant, par exemple, un programme d'animation commun, tout en gardant leur autonomie.
« Avec la nouvelle carte territoriale, qui a entraîné des fusions, on peut voir sur un même territoire des bibliothèques gérées par l'intercommunalité et d'autres non », remarque Dominique Lahary. Quand la mise en réseau ne s'appuie pas sur un transfert de compétences, le poste de coordinateur de réseau, fonction émergente, prend toute son importance, « ce professionnel permet d'harmoniser les pratiques entre des structures très différentes, car il ne faut pas oublier que les réseaux intègrent aussi des bibliothèques associatives, gérées par des bénévoles, parfois de toute petite taille », rappelle Dominique Lahary. Selon l'enquête, la mise en réseau, avec ou sans transfert, s'appuie sur deux piliers : un système informatique (système intégré de gestion de bibliothèque (SIGB)) commun (75 % des réseaux étudiés) et une carte unique d'emprunteur (70 % des répondants), souvent associé à un tarif unique (dans 64 % des cas).
Au final, les résultats de l'enquête sont venus « confirmer l'intuition » de l'ABF selon laquelle « l'intercommunalité en matière de lecture publique se construit à son rythme mais sûrement ». « Ce qui compte, c'est ne pas tant la forme que le maillage du territoire. L'intercommunalité, ce n'est pas renoncer à la proximité, c'est s'organiser pour apporter à tous le même service, dans un souci d'équité territoriale », indique Dominique Lahary. Sur ce point, le positionnement de l'ABF rejoint le rapport Orsenna, qui recommande (proposition n°7) de « développer une approche des réseaux de lecture publique notamment dans les zones rurales en encourageant le développement de la compétence des intercommunalités dans ce domaine ».
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