Adaptation des écoles à la chaleur : les collectivités peuvent désormais bénéficier de diagnostics gratuits et d'une aide pour les travaux
Par Franck Lemarc
Alors que la troisième canicule en moins de trois mois frappe le pays, le réseau Actee (Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique, porté par la FNCCR et dont l’AMF est partenaire) et la Banque des territoires ont annoncé le lancement d’une opération visant à aider les collectivités pour adapter « 12 500 écoles » aux fortes chaleurs. Pour 2 500 établissements « prioritaires », une aide forfaitaire de 15 000 euros sera accordée pour des travaux d’urgence.
Diagnostic gratuit
Lors d’une conférence de presse tenue hier, Guillaume Perrin, directeur d’Actee, et Annabelle Barral-Guilbert, directrice de programme EduRénov à la Banque des territoires, ont expliqué les modalités de ce dispositif. « Face à un parc très vieillissant de bâtiments scolaires, la plupart du temps mal ou pas isolés, comment adapter vite et bien ? », a demandé Guillaume Perrin. Vu la multiplication et l’intensité croissante des canicules, « c’est la question de la continuité du service public qui se pose », a complété Annabelle Barral-Guilbert, qui a rappelé que plusieurs milliers d’écoles ont dû fermer leurs portes pendant la canicule de fin juin.
La première forme que va prendre le plan d’adaptation est la possibilité donnée à toutes les collectivités de faire réaliser « un diagnostic entièrement gratuit », c’est-à-dire entièrement pris en charge par les deux structures – le coût unitaire d’un tel diagnostic étant estimé à 4 000 euros.
La procédure est simple : il suffit de remplir une demande sur une page dédiée du site démarche.numerique, et des bureaux d’étude sélectionnés par Actee seront directement mandatés pour effectuer le diagnostic. Ce guichet est désormais ouvert et les premiers diagnostics pourraient avoir lieu « dès la semaine prochaine ». Les bâtiments éligibles, indique Actee, sont « les écoles, collèges, lycées, cantines, crèches et bâtiments périscolaires ».
Solutions « low tech »
Le diagnostic donnera lieu à des préconisations. Il pourra s’agir soit de « petits travaux », soit d’aménagements de plus grande ampleur.
Actee assure en effet que dans de nombreux cas, il n’est pas besoin d’installer de climatisation ou de pompe à chaleur, mais que des solutions assez simples à mettre en œuvre, dites « low tech », peuvent permettre d’améliorer notamment le confort en cas de fortes chaleurs, en faisant diminuer la température ressentie de « 5 à 10 °C ». C’est le résultat d’un programme de recherche piloté par Actee depuis un an, lors duquel une trentaine d’écoles pilotes ont été testées avec trois leviers d’action simples : protéger du soleil, utiliser des brasseurs d’air et aérer la nuit. Dans les écoles testées, une amélioration réelle du confort a été constatée pour des travaux compris entre 10 000 et 30 000 euros.
Dans les établissements où le diagnostic établira que de tels travaux sont possibles, Actee et la Banque des territoires accorderont aux collectivités « une aide forfaitaire de 10 000 euros ».
Si la situation l’exige, il sera possible d’aller plus loin et c’est cette fois le groupe EDF qui apportera son soutien : pour l’installation d’une pompe à chaleur permettant d’aménager au moins une « salle refuge climatisée » par école, le groupe accordera une subvention de 10 000 euros.
Établissements prioritaires
Enfin, pour 2 500 établissements dits « prioritaires » (sélectionnés par le ministère de l’Éducation nationale), une aide forfaitaire de 15 000 euros va être accordée afin de réaliser immédiatement des petits travaux (protection et brasseurs d’air).
Il est à noter que ces dispositifs peuvent être couplés avec des aides du Fonds vert, ont précisé les deux responsables.
En dehors des établissements prioritaires, l’objectif est d’agir en prévision de l’été prochain : les petits travaux qui seront engagés dans la plupart des établissements sont réalisables en « une semaine », et Actee propose que les collectivités profitent des vacances de février ou de printemps 2027 pour les effectuer, afin que les établissements soient prêts à affronter les éventuelles vague de chaleur de l’été prochain.
Sur son site internet, Actee détaille les solutions « low tech » qui ont été mises en œuvre dans des écoles de Grabels (Hérault) et de Saint-Vallier-de-Thiey (Alpes-Maritimes). Une démonstration par l’exemple qui donnera certainement envie à bon nombre d’élus de se lancer.
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Le décret « ASA » est publié, fermant la porte à toute possibilité de négociation locale





