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ÉNERGIE
Le développement de l’énergie éolienne est en péril selon la Compagnie du vent, filiale de GDF Suez
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Énergie

26  Juin 2009
Le développement de l’énergie éolienne est en péril selon la Compagnie du vent, filiale de GDF Suez

Des obstacles réglementaires et politiques menacent le développement de l'éolien en France malgré les objectifs du Grenelle de l'environnement, selon Jean-Michel Germa, le président de La Compagnie du Vent, filiale de GDF Suez.
«L'activité de l'éolien terrestre en France a été complètement décimée par un moratoire de fait sur le terrain, en raison des préfets qui ne délivrent presque plus de permis et des associations qui attaquent les permis de construire», a-t-il déclaré lors d'un entretien organisé à l'occasion d'un sommet Small & MidCaps de Reuters sur l'énergie.
«L'administration ne considère pas la profession comme un enjeu d'importance face aux quelques associations qui font des recours. La situation est complètement bloquée et il n'y a aucune reconnaissance dans l'esprit de l'administration française et du gouvernement (...). On a vraiment l'impression qu'on est quantité négligeable et qu'on est l'homme à abattre.»
Dans le cadre des objectifs du Grenelle de l'environnement, la France vise 20.000 MW (mégawatts) à l'horizon 2020 pour l'éolien terrestre, soit une multiplication par 10 du parc en termes de puissance, ce qui correspondrait un parc de 8.000 éoliennes, soit 6.000 de plus qu'aujourd'hui.
Mais un projet qui vise à soumettre les parcs éoliens à la procédure d'autorisation des Installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) risque d'aboutir à des décisions totalement discrétionnaires et de bloquer les installations, selon Jean-Michel Germa.
«Les classement ICPE est de nature, sans que cela se voit, à bloquer complètement le développement de l'éolien terrestre ou au minimum de le ralentir pour environ sept ans.»
De même, l'éolien devrait pâtir de la suppression de la taxe professionnelle, alors que les propriétaires d'éoliennes versent aujourd'hui cette dernière aux communes ou aux communautés de communes, au département et à la région. «L'Etat sait très bien qu'en supprimant la taxe professionnelle, il va supprimer le développement de l'éolien dans toutes les communes rurales», estime le président de La Compagnie du Vent.
Jean-Michel Germa - qui détient 43% de la société tandis que GDF Suez possède 57% du capital -, a également indiqué qu'elle se développerait à l'étranger si l'Etat français ne levait pas les obstacles dans l'Hexagone. «La Compagnie du Vent a vocation dans ces conditions à abandonner un certain nombre de créations d'emplois, de projets qu'elle avait sur le territoire national pour aller les faire à l'international (...). Ce dont l'administration française ne veut pas en France, il y a beaucoup de pays qui se battent pour obtenir la même chose.»
La société a enregistré l'année dernière un chiffre d'affaires de 16,8 millions d'euros et une légère perte, avec une production annuelle de 280 millions de kilowattheures, soit la consommation électrique de 122.000 personnes.
Aujourd'hui, ses parcs en exploitation et à un stade avancé de construction représentent une puissance de 220 MW. Elle a en outre engagé une diversification de son activité dans l'énergie solaire et vise 55 MWc (mégawatts-crête) de centrales photovoltaïques installées d'ici à 2015 et une puissance éolienne installée d'environ 2.000 MW à cet horizon.
Sur le seul sol français, elle vise plus de 750 MW de puissance éolienne d'ici à fin 2012 contre 180 MW actuellement.
La société a en outre répondu à un appel d'offres pour un projet éolien de 300 MW à Tarfaya, dans le sud du Maroc, destiné à produire près de 5% de l'électricité du pays.
«Nous observons une baisse d'environ 25 à 30% du prix des turbines par rapport aux prix que nous avions en 2008. Les conditions de livraisons sont beaucoup plus solides (...), les contrats sont plus équilibrés et on n'a pas le sentiment que les turbiniers sont en position de force», a également déclaré Jean-Michel Germa.
(Avec Reuter)

 
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