Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 4 septembre 2013
Emploi

Moins de 5 000 emplois d'avenir signés avec des jeunes de zones sensibles

Moins de 5 000 emplois d'avenir avaient été signés fin juillet avec des jeunes de zones sensibles, pourtant public prioritaire de ces nouveaux contrats aidés, a reconnu hier le ministre délégué à la Ville, François Lamy.
4 662 jeunes de Zones urbaines sensibles (ZUS) avaient signé un emploi d'avenir à la fin juillet, soit 15,4% du total de ces contrats, a-t-il précisé devant une mission d'information de l'Assemblée nationale consacrée à ces emplois aidés. « On tombe même à 10% dans le secteur marchand », a ajouté François Lamy.
Le ministre explique ce peu d’engouement des jeunes des zones sensibles pour ces contrats par leur profil. « Il faut aller les chercher car ils ne sont pas inscrits à Pôle Emploi. Ils sont souvent sortis très tôt du système scolaire », a-t-il souligné, ajoutant qu’ils cumulent également des problèmes de logement et de transport.
De plus, dans les ZUS, certaines collectivités et associations qui pourraient souhaiter signer des emplois d'avenir ne le font pas car « elles sont en grandes difficultés financières », a avancé le ministre. Quant au secteur privé, « il y a une certaine réticence à embaucher ces jeunes »  liée selon lui, à « l'image des quartiers ».
Les emplois d'avenir, créés par une loi entrée en vigueur le 2 novembre 2012, s'adressent à des jeunes de 16 à 25 ans dépourvus de tout diplôme et qualification et comportent une exigence de formation. Pour les jeunes de ZUS, une dérogation permet de les ouvrir aux diplômés jusqu'à Bac +3.
Lors d'un comité interministériel en février dernier, le gouvernement a décidé de réserver 20% de ces contrats aux jeunes résidant en ZUS en 2013 et 30% en 2014.
De son côté, le ministre du Travail, Michel Sapin, a répondu par la négative, dans un courrier daté du 20 août, au président de l’AMF, Jacques Pélissard, qui demandait « qu’un dispositif spécifique relatif à l’assurance chômage soit rétabli pour les emplois d’avenir ». Ce dispositif, mis en œuvre entre octobre 2005 et décembre 2007, permettait en effet aux collectivités de ne cotiser au régime d’assurance chômage que pour les seuls emplois aidés, les agents de la fonction publique territoriale connaissant un très faible risque de chômage. Arguant du fait que les clauses s’imposant au dispositif spécifique l’avaient rendu « peu attractif »  et avaient « largement limité le nombre de collectivités ayant effectivement adhéré au régime d’assurance chômage », Michel Sapin répond qu’il « n’est pas envisagé de solliciter à nouveau les partenaires sociaux sur ce point ».
Pour le président de l’AMF, « les conditions de sortie »  de ces emplois d’avenir et « en particulier le régime d’assurance chômage qui s’y applique »  constituent pourtant l’un des « principaux freins à la conclusion de ces contrats par les collectivités locales ».

Télécharger le courrier de Jacques Pélissard
Télécharger la réponse de Michel Sapin.

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